Tags: festival théâtral
Le dernier soir, on est toujours un peu nostalgique…. Quinze jours de théâtre non stop, ça occupe vos soirées. Et l’on se demande parfois : mais que fera-t-on ensuite? Les bénévoles de l’association ne se posent pas la question. L’heure sera au repos, car ils étaient nombreux à être présents chaque soir, qui aux caisses, qui à l’accueil des troupes, qui à la logistique. Avant de se quitter, dans la nuit du 29 mai, et suivant la tradition, Jean-François Gabillet, Jean-Claude Grimal et Claude Domenech montent sur les planches pour remercier tous les spectateurs encore présents et dresser un premier bilan.
Echafaudage en mouvement ! Attention où vous mettez les pieds, on colle du gaffeur sur le plateau ! 11h du matin, il y a deux heures que l’équipe technique est au travail et prépare le spectacle du soir « Bintou ». Sous la houlette du régisseur général, Frank Martin. Depuis de nombreuses années, Franck est aux commandes et « ne lâche pas l’affaire », comme il le dit. Un vrai pro, mince, dynamique, détendu, souriant, chevelure en bataille, heureux de travailler pour ce Festival dont il est fier : « D’année en année, il devient de plus en plus professionnel. On reçoit de grosses pointures maintenant, c’est le plus grand festival de théâtre de Picardie, il est connu sur le plan national ! »
Théâtre de la Lucarne
Des meutes de chiens égorgées dans le brouillard, des cloches que l’on bâillonne, une étrange contrée de silence et de terreur. Escurial est ce palais lugubre, où les murs ont des yeux, où les salles de fête cachent des trappes et des instruments de torture. Dans un décor d’une qualité rarement vue à Coye la forêt, le spectateur est bientôt happé par ces langues de brume froide, qui traversent les hautes fenêtres et les croisées d’ogives, cependant que vaguent dans l’ombre d’incertains capuchons. La morbide poésie du texte s’insinue comme une moisissure, entêtante comme une mélopée de cimetière.
Par la Compagnie 0,10Laëtitia Guédon nous emmène en voyage, où la musique et la voix envoûtantes du messager Dâwa Litaaba-Kagnita nous accompagnent.

Texte et mise en scène, Richard Demarcy
Le programme du Festival nous avait promis des « moments délirants ». Promesse tenue. Le rêve d’Alice et sa plongée dans le terrier du Lapin – ici, une baignoire – permettent toutes les audaces et toutes les incohérences. Ne pas chercher à attraper le fil de la raison. Puisque le conte se situe au royaume de l’absurde et du bizarre.
Cernée par des portes blanches qu’Alice devra passer pour son voyage extraordinaire, une grande table en centre de scène se prête à toutes les métamorphoses. Une trappe permet aux animaux – Loir, Rabbit, Lézard, Ver à soie – d’apparaître et de disparaître à volonté. Des voiles bleus ou rouges s’y déploient, c’est la mer sur laquelle vogue la baignoire-bateau, c’est le drapé nécessaire à la solennité
du tribunal qui juge Alice. Mais la table roule, elle se renverse, on s’y juche, on en saute, on court autour, elle devient poteau d’exécution pour la petite fille qu’emprisonnent des fils rouges tendus de jardin à cour…
Suivi d'une Rencontre avec Alain FoixYERMA en ouverture du 29ème festival théâtral de Coye-la-Forêt.
A l'affiche, festival théâtral 1 réaction »
Quelle bonne idée a eue Claude Domenech et le Théâtre de la Lucarne de nous proposer Yerma de Federico Garcia Lorca. La compagnie réalise là une prestation forte, pleine de couleurs et de vivacité.Toute grâce, fragilité, et force à la fois, Yerma ne s’autorise aucun répit. Habitée par un désir d’enfant qu’elle ne peut contenir. Poignante, elle nous fait partager sa révolte contre un destin que rien ne lui fera accepter.
En quelques étapes clefs, présentées sous formes de tableaux et espacées de plusieurs mois comme nous le suggère le texte, le drame se noue. Voici quelques flashes pour tenter d’en donner un aperçu. Ces images, bien sûr, ne donnent qu’une idée très réduite de la force, de la foisonnance et de la poésie du texte de Federico Garcia Lorca, ainsi que du travail sensible du Théâtre de la Lucarne.
Ambiance d’époque pendant l’entrée du public… quelle époque ? En fond de scène, un écran rectangulaire posé verticalement sur sa largeur nous la raconte, parcouru de ces morceaux tressautant de films en noir et blanc caractéristiques de l’entre-deux guerres. Foules immenses et fiévreuses, costumes et véhicules datés, décors urbains à gratte-ciels : nous voici embarqués dans un monde tragique, celui des soubresauts américains consécutifs à la victoire du clan allié en 1918 et de l’exécution célèbre le 1927 de Sacco et de Vanzetti, considérée comme une épouvantable machination judiciaire et politique.Pages: 1 · 2







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