Les leçons du fumier
À une lettre ouverte qui lui a été adressée par un collectif citoyen à propos de la montagne de fumier à l’entrée de la ville, M. le maire choisit de répondre en donnant des nouvelles sur Facebook, pas dans les boîtes aux lettres, pas même sur le site de la mairie où il est question du nettoyage mécanisé des rues et de la collecte des déchets mais où l’on ne trouve strictement aucune information concernant le fumier accumulé depuis plus d’un an sur notre territoire, sans aucune protection, à même le sol et à côté d’une rivière.
C’est donc sur Facebook que l’on apprend que M. le maire a pris un arrêté enjoignant les responsables de la filière équine de déblayer le terrain à la date du 1er juin au plus tard sous peine d’amende.
D’après ce que j’entends dire, c’est encore Facebook qui nous informe que le préfet demande un moratoire d’une semaine pour l’exécution de l’arrêté municipal, ce qui est assez paradoxal quand on sait que le règlement sanitaire départemental auquel il est contrevenu ici de façon éhontée est édicté par la préfecture elle-même. Quelle forme a pris la demande du préfet, je l’ignore. Un coup de fil ? Une décision écrite ? Quelle ont été les tractations ? Qui est intervenu, auprès de qui ? Mystère ! Quoi qu’il en soit, on peut se demander qui gouverne au juste dans ce pays : les autorités administratives et politiques, ou les lobbies ?
Bref ! C’est encore sur Facebook qu’on nous annonce que le tas de fumier a été complètement évacué et que la plate-forme du Mont de Pô a été réouverte pour la période du 5 juin au 4 septembre. Retour à la case départ, en somme ! On se souvient que le fumier a atterri à Coye-la-Forêt lorsque l’Institut de France s’est ému de le voir s’entasser au Mont de Pô, risquant de provoquer une pollution du terrain et de la nappe phréatique. La noria des camions est donc repartie dans l’autre sens.
Faire et défaire, c’est toujours travailler, comme disait ma grand-mère. C’est aussi continuer à consommer du carburant, à produire du CO2 et des microparticules, à empoisonner l’atmosphère, et tout ça en boucle, pour rien ! Sur le site officiel de Coye-la-Forêt, on trouve la reproduction d’un document émanant du ministère de la santé où il est indiqué qu’«en France, la pollution entraîne 48 000 décès prématurés chaque année.» Et si, au lieu de nous donner des conseils pour se protéger des pollutions, le gouvernement faisait en sorte qu’on cesse de les produire… et si les préfets, représentant du gouvernement en région, faisaient appliquer les textes qu’ils ont eux-mêmes élaborés pour la protection des populations et de l’environnement…
Conclusions :
• Il faut aller sur FaceBook pour savoir ce qui se passe à Coye. Or pour différentes raisons on peut ne pas vouloir, ou ne pas pouvoir, être abonné à ce réseau social (comme aux autres, d’ailleurs). Clairement il y a un manque de communication officielle de la part de la mairie sur ce sujet qui a fait polémique, a été abordé en conseil municipal et a fait l’objet d’une plaquette jointe à La lettre de Coye. Toutes ces informations passées fugitivement sur Facebook devraient figurer dans la rubrique « Actualités » du site de la mairie.
• Dans notre beau pays qui se vante d’être démocratique, l’état de droit n’est pas respecté. Ce sont les lobbies qui gouvernent. La filière équine n’en est qu’un exemple parmi d’autres, mais ici la démonstration est flagrante.
• L’élevage des chevaux de course est une activité très polluante qui n’a aucun respect de l’environnement (cf. également les pistes fibrées et les emballages en plastiques qui s’accumulent devant les écuries). Pour quelle utilité réelle ?
| PARTAGER |


Laisser un commentaire