ou L'impossible mission de Maître Echinard
de Lydie Salvayre
Cie La Main Gauche
Mise en scène : Jeanne Mathis
Le personnage
Il y a NOUS, la confrérie huissière.
Il y a VOUS, les impétrants, les bleus.
Et EUX, objets de tant de haine, les SAISIS, tous des pauvres, des minables vicieux.
JE, Maître Échinard, donne doctement une leçon sur « les procédures de saisie et d’expulsion ». Il se doit de bien présenter et d'employer un langage correct pour être digne de la haute idée qu'il prétend se faire du " service de la loi". Soucieux de la pureté de son haleine (bonbons), de la propreté de ses vêtements (costume cravate, imper Colombo bien repassé), il est surtout attaché à la qualité de son expression, qu’il améliore constamment en prenant en notes sur son petit carnet bleu ses meilleures trouvailles.
De Bertolt Brecht
Cie du Grand Soir
Mise en scène : Christophe Luthringer
C'est un projet bien téméraire que de s'attaquer à la reprise de la pièce de Bertolt Brecht, "La vie de Galilée" : une quarantaine de personnages, pour une durée d'environ quatre heures si on joue la pièce dans son intégralité, sur un sujet a priori un peu sévère : rien moins que le développement de la science et de la recherche fondamentale dans l'Europe du 17ème siècle, en opposition aux superstitions et à l'obscurantisme. L'Église comprend qu'avec le passage d'une conception géocentrique du monde à une vision héliocentrique (ce n'est plus la Terre mais le Soleil qui est le centre de l'univers), c'est tout son système de représentation qui va être mis à mal. À terme le remplacement d'une pensée dogmatique par une réflexion qui s'appuie sur le doute et la raison nous mènera d'une organisation théocratique et autoritaire de la société à une perspective démocratique.
Ouh, la, la ! tout cela risque d'être bien ennuyeux sur une scène de théâtre !
de Lars Norén
Compagnie de l’Arcade
Mise en scène Agnès Renaud
Du quotidien théâtralisé, il fallait oser mettre en scène “Automne et Hiver” de Lars Norén. Agnès Renaud, s’en est très bien tirée. La pièce étant merveilleusement interprétée par la Compagnie de L’Arcade, nous sommes vite plongés dans une ambiance familiale.
Tout commence par une conversation entre la mère, le père et leurs deux filles autour d’une longue table pleine de verres. Celle-ci pivotera au gré des moments du repas. Si l’on ne voit pas sur cette table de nourriture, par contre les alcools ne sont pas absents, je dirai même qu’ils permettront au fil du temps de libérer la parole de chacun qui explosera souvent tous azimuts.
Par le biais simple, mais efficace, des mots, nous appréhendons mieux les problèmes que traversent les membres de celle famille. Problèmes que peuvent rencontrer nombre de cellules familiales aujourd’hui.
d’après Guy de Maupassant
Théâtre de la Lucarne
Adaptation & Mise en scène : Claude Domenech
Vendredi, je n’allai pas au théâtre sans appréhension, adapter une nouvelle de Maupassant ce n’est pas rien. Claude Domenech saurait-il garder l’esprit de l’écrivain, sa simplicité d’écriture, son sens poétique, son humour ?
Eh bien oui ! J’ai ri, j’ai entendu le rossignol, les sons de l’accordéon rappelant les guinguettes au bord de l’eau, j’ai participé aux danses, aux chants, au plaisir des acteurs de nous entraîner dans un tourbillon de jeunesse ; puis-je ajouter que je n’ai pas eu à ma torturer la tête, comme dans certaines pièces contemporaines, pour comprendre ce que l’auteur voulait nous dire.
D’après L. Frank Baum
Compagnie Tutti Quanti
Mise en scène : Alberto Nason
Une vie d’enfant, ou une vie tout court, c’est une succession de rencontres qui aident – ou devraient aider - à grandir et à découvrir le monde. Ainsi la petite fille de la fable présentée par la Compagnie Tutti Quanti et librement inspirée du Magicien d’Oz, échappant à la surveillance de sa tante, se perd-elle dans la forêt (cela vous rappelle quelque chose ?) Avant de retrouver son chemin, sa maison et sa maman – c’est curieux, elle ne parle pas de son papa ! – elle se trouve confrontée à de curieux personnages pour la création desquels le metteur en scène, grand amateur de commedia dell’arte, a fait appel à toute sa fantaisie.
La petite Dorotélé – clin d’œil aux enfants scotchés devant l’écran –, petite fille modèle en jupette rose, qui ne se sépare pas de son doudou, rencontre donc un épouvantail à la barbe de paille, un peu simplet et qui souffre de dyslexie, un homme de fer masqué et coiffé d’un entonnoir, pas sympathique du tout – mais qui le deviendra – ainsi qu’un lion débonnaire et peureux. N’oublions pas la sorcière au visage bleu et nez crochu !
Photos de Fabrice Isaac
Au Centre culturel pendant le Festival théâtral

Hardes de cerfs, faisans, cols-verts, marcassins… Que font-ils là ? Se sont-ils égarés, loin des forêts où le chasseur les traque ? Point. C’est un photographe qui les convoque. Les voici, surpris par Fabrice Isaac qui, à ses heures de loisir, parcourt les forêts dans l’attente de leur rencontre. Les voici, exposés au Centre culturel en coulisses du Festival théâtral, jouant sur la scène de la nature dans un spectacle toujours renouvelé.
Avec humour, Jacques Bona a imaginé d’associer aux photos des légendes inattendues, phrases littéraires et répliques du répertoire dramatique, pour une confrontation poétique et drôle entre images et littérature, entre les mots des hommes et les postures animales.
d’après Rudyard Kipling
Mise en scène de Loreleï Daize
Compagnies L’ombre de la lune et Acte II
Inauguration du Festival samedi 4 mai
Au mois de mai, c’est la fête à Coye. Depuis plus de trente ans ! Fête du spectacle vivant et de l’illusion. Pendant trois semaines, nous allons entendre des histoires, nous nourrir d’images et de musiques, entrer dans d’autres vies, rencontrer des personnages et nous autoriser toutes les émotions.

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