Un curieux sourire
Par Catherine Jarige le 29 Mai 2009 | Dans A l'affiche, festival théâtral | Réagir »
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La tension dramatique vient paradoxalement du fait que le spectateur ne peut pas imaginer que le fil du dialogue reste aussi banal. Il attend donc la rupture, la « catastrophe » au sens théâtral. « Elle m’a quitté » tombe sans nécessité apparente, après une heure, d’un profil figé, et n’arrête pas le mouvement du père dont on sent pourtant le souffle coupé. On comprend que Paul est venu pour dire cela. Les faits insolites de sa venue prennent sens, tout le dialogue s’éclaire à rebours, c’était un lent travail d’approche, une progression feutrée environnée de dangers.
Ces dangers de la rupture sont matérialisés par les signes cosmiques : nuit+chaleur pesante+ orage (on pense au début de Rhinocéros), et les signes humains (femme frigide et dominatrice, incendie, arbres et maison détruits aux alentours, rêve brisé ). Le monde autour est rejeté, vécu comme hostile, tant que l’essentiel (l’amour) manque. L’espoir se réfugie dans le paradis perdu de l’enfance à travers l’évocation de la mère nourricière qui fait naître la nouvelle relation : le fils redonne symboliquement à son père sa place de père. Le geste final, retenu, entre la caresse et la bourrade, signe théâtralement ces retrouvailles. Mais quel est l’avenir de ce foyer reconstitué autour de ce couple fusionnel père/fils?
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