Commentaires:

Commentaire de: syl2alf [Visiteur]

Ce soir, représentation théâtrale, le neveu est interprété par Nicolas Vaude. Bien sûr, il a retenu et attiré nombreux clients, sur son nom la salle s’est remplie…
Diderot nous interroge et défend un avis mitigé sur la question du bonheur. Dans cette bataille homérique entre l’épicurisme forcené d’un neveu et la vertu supposée du philosophe, il dresse un tableau sans concession de la société. D’une modernité, d’une actualité si pesante, cette joute oratoire, sur une société rongée, pervertie, en mode rhétorique, au discours si léché, si soigné, met en valeur le sens des mots. On est si loin des slams politiques actuels et le jeu des acteurs nous fascine. La tête tourne de gauche à droite, comme à Roland Garros, on ne veut pas perdre une miette du débat. La ponctuation musicale est une vraie réussite. Elle nous replonge dans la profondeur du texte, nous offre moment de répit afin de s’imprégner des dernières escarmouches…

La soirée fut bonne et le public ravi, et les têtes sont encore bien pleines quand il s’agit de quitter la salle… C’est en philosophant que l’on rentre à la maison avec ou pas le plaisir d’avoir entendu les acteurs exprimer leurs talents et envies par-delà le spectacle.

Merci de ce choix si judicieux… Merci aux saltimbanques qui l’espace d’un instant nous ont fait croire à la vertu du bonheur comme thérapie collective…il est temps de revenir dans notre quotidien avec un peu plus de raison…

16.05.14 @ 12:23
Commentaire de: [Membre]

Fils de… femme de… neveu de… Dira-t-on jamais assez la difficulté d’être chez ces “de quelqu’un". Ce Neveu de Rameau semble en être la version paroxysmique et l’interprétation de Nicolas Vaude en est l’expression aboutie, excessive, géniale, pitoyable, émouvante, drôle et tragique à la fois.
Peu importe d’ailleurs la nature vraie ou supposée de la relation terrible qui faisait du neveu cet histrion révolté, cynique, bourré de dons laissés en jachère, provoquant, profiteur, séducteur et profondément mal aimé des autres et de lui-même. Ce qui compte par dessus tout c’est le “ressenti” de cet écorché vif, ce lien terrible, insupportable avec le grand homme qui portait le même nom que lui.
J’ai beaucoup aimé la pièce – je n’ai pas été la seule si l’on mesure les applaudissements qui ont salué cette remarquable performance de deux comédiens qui, chacun dans un registre particulier, nous ont subjugués : l’un, Gabriel Le Doze, par son conformisme élégant, raisonné, raisonnable, son phrasé parfois condescendant mâtiné de curiosité pour cet être étrange qui déboule dans ses habitudes ; l’autre par ses excès, cette souplesse de chat qui bondit et retombe sur ses pattes, armé d’un archet qui n’a que trop vécu… tour à tour bravache et cynique.
Et que dire de ce claveciniste si présent, si discret qui ne cesse de rappeler que sans musique… “la vie serait une erreur".

16.05.14 @ 12:28
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