Au Centre Culturel, comme dans un aéroport, la Compagnie prend en charge son public. Elle installe jusqu’au dernier les spectateurs dans la salle Claude Domenech comme dans une cabine d’avion. Chacun est donc convié à prendre sa place par quatre hôtes masculins en uniforme (costume noir, cravate rouge) qui, lorsque la lumière s’abaisse, se révèlent être des chanteurs car le début du concert les rassemble sur scène dans l’interprétation vocale d’un rythme parlé et fugué allemand aux sonorités comiques (fugue géographique de Ernst Toch). Chaque entrée de fugue permet astucieusement l’entrée d’un nouveau chanteur (ou chanteuse) ; la présentation du groupe est complète : à la fin de la musique, le public a ainsi fait connaissance avec l’équipage de l’avion musical qui doit le promener dans le répertoire typique de quelques importants pays d’Europe et du monde.
Mardi 8 novembre, une délégation du Comité de sauvegarde de l'école du Centre a été reçue par Monsieur le maire auquel nous avons remis le paquet de 564 signatures que nous avons recueillies en faveur de notre pétition. Nous reviendrons en détail sur cette longue entrevue. Je voudrais juste évoquer une critique qui nous a été faite quasiment d'entrée de jeu, et qui visait tout particulièrement une d'entre nous en la personne de Marie-Louise.
Monsieur le maire nous a reproché d'avoir harcelé la population, d'avoir en quelque sorte extorqué des signatures.
Et, comme s'il était représentatif d'un comportement général, il nous a donné l'exemple d'une dame qu'il connaît : après l'avoir observée tandis qu'elle discutait avec Marie-Louise (et précisons-le, sans qu'il ait entendu la teneur de la discussion), il l'a vue signer la pétition. Il lui a demandé pourquoi elle avait signé. Elle lui aurait répondu: « Pour m'en débarrasser ». Cette histoire, qui reste très anecdotique, est cependant extrêmement désobligeante, vis-à-vis de Marie-Louise d'abord et vis-à-vis de l'ensemble du comité de sauvegarde. Nous n'avons bien sûr jamais forcé personne à signer et nous n'avons jamais insisté au point que notre interlocuteur ne puisse pas rompre là et tourner les talons quand il le souhaitait.
Dans La lettre de Coye-la-Forêt du mois de novembre, François Deshayes débute Le mot du maire par une citation : Tous les commerces qui ouvrent ici ferment en général. C'est assez curieux, car d'habitude on met en exergue une phrase que l'on reprend à son propre compte et qui reflète l'état d'esprit général de l'article. Du coup cette citation donne une étrange impression de mauvais augure.
En fait, bien évidemment, monsieur le maire reprend cette phrase, qu'il dit avoir lue dans la presse locale, pour s'en moquer et critiquer son auteur. Or il n'y a lieu ni de se gausser ni de s'offusquer de tels propos, ils sont l'expression, certes condensée et raccourcie, mais malheureusement vraie, d'une réalité envisagée avec lucidité.
Monsieur le maire, lui, est dans le rêve, la croyance, les vœux pieux… Il construit des châteaux en Espagne. Il pourrait chanter la chanson de Guy Béart :
Suppose qu'on ait d'l'argent
et qu'on soit intelligent
on construirait une ville… et nous voilà partis dans des rêves de grands bâtisseurs.
Certes, il faut être entreprenant, mais en tant que responsable des affaires publiques, il faut également envisager toutes les hypothèses, lorsqu'elles ne sont pas totalement improbables.





