Quand on croise Geneviève à Coye-la-forêt il faut saisir sa chance. L’arrêter dans sa course entre Paris, le Togo ou l’Amérique du Sud... Et l’écouter. Elle a beaucoup à offrir en ce moment, comme le récit de ses expériences de bénévole auprès des plus pauvres, en France et à l’étranger. Les associations caritatives, si sollicitées aujourd’hui par l’afflux des réfugiés de guerre, elle les connaît bien, pour avoir milité d’abord à ATD Quart Monde, puis depuis plus de 15 ans au CCFD-Terre Solidaire. Coye29 a souhaité l’entendre. Et cela tombe bien car, justement ce qu’elle aime, Geneviève, c’est informer et transmettre.
Coye29 : Par quelle voie, Geneviève, es-tu devenue bénévole militante dans cette association ?
— Je le dois d’abord à mon père qui m’a appris, toute petite, à respecter l’autre et à partager. Et puis à une rencontre aussi, à l’adolescence, qui m’a fait découvrir le texte de l’Évangile. J’étais baptisée, on baptisait tout le monde pendant la guerre, mais je ne connaissais rien de la religion. Alors les Évangiles ont été une révélation. Eux seuls comptent pour moi, la façon dont Jésus s’est comporté, vouloir être homme avec les autres hommes, son accueil et son respect de tout homme et particulièrement des exclus de la société de son temps, son souci de la dignité et surtout de la justice. Je ne supporte pas l’injustice. C’est l’injustice qui m’a mise en marche et l’Évangile m’a éclairée.
Autour de Véronique Uzan, le collectif "Solidarité, Coye" tient bon ! La volonté d’agir ne faiblit pas. A nouveau réuni le 21 septembre, le groupe s’étoffe de nouveaux membres. De tous horizons, opinions et professions. Leur point commun : mettre en œuvre la solidarité pour une humanité en souffrance. Mais attention ! « Pas de politique! rappelle la directrice de l'école du Centre en introduction. Nous sommes là en tant que citoyens. »
Les discussions montrent une nette avancée dans le projet et abordent deux sujets :
- l'importance pour les personnes réfugiées de disposer d'un logement
- l'organisation d'une collecte pour le Secours populaire de Saint-Ouen-l' Aumône.
La solidarité à Coye, on connaît. Les associations sont nombreuses, donc les bénévoles aussi. Dans l’annuaire municipal trois d’entre elles figurent au chapitre « entraide » : Le Vestiaire de Sofie, SOS+ et le Secours catholique. Par ailleurs, les bourses aux vêtements, aux jouets, au matériel de puériculture sont aussi des formes de solidarité. Sans compter le Centre Communal d’Action Sociale dont la solidarité est la raison d’être.
Alors, quand, de bouche à oreille, a circulé l’annonce d’une réunion sur l’accueil des réfugiés, il n’est pas étonnant qu’une trentaine de personnes se soient déplacées jeudi 10 septembre pour rejoindre Véronique Uzan à l’école du Centre.
C’est à son initiative et à celle de Stéphanie Colagiacomo que la réunion a été organisée, dit Véronique : « Nous avions envie de faire quelque chose pour aider ceux qui ont besoin. Il n’y a aucune arrière-pensée politique ou religieuse dans notre motivation. Nous sommes simplement rassemblés entre citoyens de Coye-la-forêt. »




