de Fabio Gorgolini et Fabio Marra
Compagnie Teatro Picaro
Mise en scène : Fabio Gorgolini
Le théâtre nous fait rêver, dit-on. Et qu’est-ce qu’un rêve sinon un voyage très particulier dans les espaces étranges et vaguement familiers des désirs enfouis, un récit instable d’images qui cherchent à nous parler de ce que nous pressentons en nous-mêmes.
Précisément, le spectacle Prêt-à-partir, comme Le Capitaine Fracasse, nous fait rêver car il parle d’emblée du voyage : celui des comédiens d’une époque ancienne qui pourrait être, au vu des costumes (très réussis), celle de Molière, le temps où l’«Illustre Théâtre» se déplaçait dans le Midi de la France en tournées aussi difficultueuses qu’impécunieuses.
De David Harrower
Collectif IMPAKT
Mise en scène : Jérôme de Falloise, Sarah Lefèvre et Raven Ruëll
Sur le sujet sulfureux, fascinant et d’actualité, de la pédophilie et de la sexualité des enfants, le texte de David Harrower échappe à tout goût du sensationnel, tout didactisme et tout moralisme : il en fait un véritable texte de théâtre, en travaillant subtilement les conflits passionnels et sociaux qui traversent les personnages et en créant une forte tension dramatique, qui joue sur les heurts, les retournements et les surprises.
Qu’une très jeune fille s’enflamme pour un homme de l’âge de son père n’a rien de rare ; qu’ils en viennent à des relations sexuelles ne l’est sans doute pas, la loi – d’aujourd’hui, dans nos pays occidentaux – appelle cela détournement de mineur, abus sexuel. Le terme pédophilie désigne la déviance de l’adulte qui manifeste une préférence sexuelle pour des enfants. Il y a une différence entre ces deux situations, même si la société confond les deux. Toute la tension dramatique de notre pièce repose sur cette question : amour sincère pour un individu mineur consentant ou pédophilie, attirance prédatrice pour des enfants ?




