De Toshiki Okada
Cie des Lucioles
Mise en scène : Jérôme Wacquiez
Il n’aura fallu que quelques secondes pour comprendre que la pièce de Toshiki Okada n’était pas un long fleuve tranquille. Au contraire, c’était une bouffée d’énergie qui a bousculé - peut-être trop parfois – le théâtre de Coye-la-Forêt lundi soir.
Une énergie portée principalement par les sept jeunes comédiens de Cinq jours en mars qui incarnent méticuleusement leurs rôles du début à la fin bien qu’ils soient isolés à chaque scène. Ambiance survoltée, dialogues ciselés, débit de parole élevé…tous les ingrédients étaient réunis pour happer le spectateur. Les successions de tableaux et les rôles interchangeables se sont enchaînés naturellement sans que l’on perde le fil de l’histoire.
Mais au-delà du jeu des acteurs et des décors dynamiques, Cinq jours en mars est avant tout une pièce qui en dit long sur la « génération Y », ces jeunes âgés entre 20 et 30 ans qui ne peuvent pas vivre sans leurs téléphones portables.
ant d’efforts, pour si peu d’humanité !
Tant de talents, pour si peu de profondeur !
Magnifiques acteurs pourtant !
Mais des phrases vidées,
Des mots légers, bulles irisées,
Confettis d’âmes pulvérisées,
Neige de substance blanche…
Qu’elles étaient belles et fines,
Et qu’ils étaient malins,
Magnifiques acteurs !
Mais pour nous assommer de bêtise humaine
Jusqu’à la nausée…
D’après Marguerite Yourcenar et Fernando Pessoa
Compagnie Bacchus
Adaptation et mise en scène : Jean Pétrement
Un double rideau blanc occupe le fond de la scène, une estrade grise, quelques marches, un canapé noir partiellement recouvert d’une étoffe en velours rouge foncé, et, placé en hauteur, une sculpture représente le visage d’Antinoüs, favori et amant de l’empereur mort à 20 ans noyé dans le Nil. Hadrien, très affecté, fera réaliser un grand de sculptures à son effigie.
L’ensemble est sobre, mais suffisant pour évoquer une demeure romaine.
Deux personnages sont en scène au lever du rideau : l’empereur Hadrien (Jean Pétrement) dont la mort est proche, et Elixa (Elisa Oriol), une esclave pétillante dont le parler vif et imagé apporte une touche de légèreté à l’atmosphère de cette première scène.
L’empereur convoque Antoine (Issame Chayle), son secrétaire, qui s’installe derrière un lutrin pour transcrire les mémoires dictés par Hadrien. Les contrastes, accusés par les effets de lumière, soulignent son maintien et contribuent à donner un sentiment de gravité à la scène.
On t’a quand même entendu,
Marguerite !
On a tendu l’oreille,
Les belles notes rondes de tes idées carrées
S’y sont quand même déposées.
Ce soir, elle était belle, il était beau,
Et il y avait cet extraordinaire vieux grand nabot.
On manquait quand même un peu d’air.
Entre les grands airs des grands acteurs,
On cherchait sa respiration.
Le tragique vous serrait à la gorge,
Mais l’humanité,
Encore une fois, n’était pas là.




