L’homme n’est décidément pas un solitaire. Lorsqu’une émotion l’atteint, il cherche ses compagnons de cordée pour la partager et trouver une aide, un soutien, un réconfort. C’est sans doute là, entouré de tous ses « frères humains » qu’il comprend le sens du mot fraternité. Ces dernières journées en ont donné une étonnante démonstration.
Depuis le 7 janvier, les citoyens se rassemblent.
A Coye-la-forêt
Dès le jeudi 8 janvier à midi, au moment où dans toute la France, pendant une minute, le silence s’est « entendu », le maire François Deshayes a rassemblé les habitants sur la place entre mairie, école et église. Via internet, affichettes, téléphone, l’information avait bien circulé depuis la veille et la place était remplie. Sous la pluie battante, les Coyens n’ont pas hésité à venir, l’air grave, émus, rassurés de retrouver solidaires voisins, connaissances, associations… adjoints et conseillers municipaux. L’église sonnait le glas…
Devant le mur de l’école, sous le drapeau – il y avait aussi le père noël accroché à son échelle – le maire fut sobre et bref, invitant chacun à se recueillir pour un hommage aux victimes : « Je maintiens la réception des vœux samedi car, au lieu de se terrer, nous devons continuer à vivre et à nous rassembler pour clamer haut et fort notre révolte, notre sentiment d'horreur et notre solidarité. »
Messieurs,
J’ai acheté hier l’appareil de marque « MacPomme » qui me faisait rêver depuis belle lurette : le top du top de la micro.
Je me disais que j’allais pouvoir taper mes récits jusqu’à lors écrits à la plume, les proposer aux éditeurs, rédiger des courriers tous azimuts, être publié, accéder à la gloire… Aussi, je me suis mis au travail avec ardeur. Mais voilà, catastrophe ! Le beau compiouteur comporte ce défaut majeur : lorsque j’appuie sur la septième touche du bas du clavier, au lieu de la lettre désirée, s’affiche ceci :
. Même chose au tirage : je retrouve le même trait épais comme de la suie lorsque je veux imprimer. Jugez vous-mêmes ! Je peux écrire OUI, mais pas
O
. Comme par hasard !
J’ai voulu rapporter l’appareil défectueux… Mais alors, deuxième désagréable surprise : la dame à qui je l’ai acheté m’explique que l’appareil lui-même est irréprochable et que c’est sur ordre de la hiérarchie bureaucratique qu’il a été mutilé de la sorte. Impossible de le réparer ou de le remplacer. Celui d’à côté est similaire et sur tous les modèles, du plus simple au plus sophistiqué, du très haut de gamme au plus petit micro, je vais retrouver le même défaut. Elle va m’expliquer…
O.K. J’ai compris. Je l’ai remerciée et je suis sorti.
Il y avait le dessin, il y avait le rire.
Le dessin, je ne sais pas faire. Rire, je n’ai pas trop envie ce soir. Pourtant les copains de Charlie Hebdo disent qu’on peut rire de tout.
Alors, je cherche… De quoi vais-je rire ? Avec des mots bien sûr.
Je pourrais rire du voile dont s’est affublée depuis quelques mois mon ancienne élève, elle à qui j’avais expliqué Voltaire et Simone de Beauvoir,
Je pourrais rire du prêchi prêcha du dimanche sur la félicité qui attend dans l’au-delà les miséreux d’aujourd’hui,
Je pourrais rire des génuflexions du catho à qui on a enseigné la compassion, la bonté et autres vertus et qui se délecte à mordre à belles dents…
Rire des églises vides qui laissent dormir dehors les Jean Valjean d’aujourd’hui
Rire du Juif massacré qui massacre à son tour.
Quelques réflexions à chaud après une réunion publique autour d’un dispositif ambigu :
Le dispositif est présenté comme permettant de recréer du lien social : objectif fort louable, car il est certes triste de constater que, dans les grandes zones urbaines ou périurbaines principalement, les gens ne connaissent plus leurs voisins mais, justement, il y a pour ça la fête des voisins et toutes les autres occasions festives, notamment autour des activités associatives ! Et nous avons la chance à Coye que ça fonctionne bien, que les gens se parlent, se connaissent, partagent des moments de loisirs, un peu moins qu’avant peut-être, mais heureusement encore bien plus qu’ailleurs. Les voisins sont déjà naturellement vigilants et s’entraident : pas besoin de signer de la paperasse officielle pour ça. Cela s’appelle les relations de bon voisinage, la convivialité, la solidarité. Et ça se fait spontanément, entre concitoyens qui vivent en bonne intelligence.




