de Paul Claudel
par la Compagnie les Larrons
Mise en scène : Xavier Lemaire
C’est une cabane au bord de la mer, en Caroline du Sud, avec une petite fenêtre cachée par une planche. Des mousses s’y accrochent. Une balançoire attend les corps et se meut imperceptiblement. La lessive a été faite, des draps blancs sont étendus. Un ponton s’avance sur la mer, dont on entend le clapotis, et mène à une grande maison là-bas, qu’on ne voit pas, qu’on imagine. « Il est dix heures, et le soleil monte dans la force de sa cuisse. » Des insectes bruissent et la brume de chaleur enveloppe tout, la peau est moite.
Marthe, raccommode le linge posé dans son tablier, jambes écartées sous la jupe large, la petite paysanne venue de France avec Louis qu’elle vient d’épouser. Louis Laine est beau, nu, il s’enroule dans un linge blanc. Il rit. Elle laisse son ouvrage et le caresse, l’essuie. Sur la balançoire il s’allonge contre elle, elle l’étreint.
de Laurent Colomb
par la Compagnie Les Lucioles
Mise en scène : Laurent Colomb
FAUT-IL SAUVER LE LLLLANGAGE ?
Ou LE MEGAVOCABULOCIPÈDE
Six acteurs –des enfants en quête d’auteur (ou de père ?) - alignés sur la scène, ont joué Opéra langue de Laurent Colomb, comme en « version de concert » : le jeu frontal assumé met en valeur le mouvement intérieur, les désirs, les rêves et frustrations, mais aussi les fantasmes du philosophe ; la parole est relayée ou condensée, scandée ou déformée, tissée en une polyphonie complexe, et l’on admire les comédiens qui ont appris par cœur une telle partition.. Un travail considérable sur l’émission de parole, du souffle au mot, en passant par le cri sidérant, traduit spectaculairement la naissance du langage dans l’imaginaire Rousseauiste.
de Michel Garneau
Mise en scène : Marjorie Nakache
Histoires de femmes, histoires de famille, de violence, de sexe, de passion, d’amour, d’ennui, histoires de mères, histoires de filles, de petites filles, d’arrière-petite fille. Des histoires comme on en connaît tous, qui nous ont remués, qui nous troublent encore, qui nous font éclater en sanglots, qui ravivent la colère, la peur, la nostalgie, la curiosité, le chagrin de la perte.
La pièce de Michel Garneau, poète et dramaturge québécois, place le spectateur au cœur de nos émotions intimes. Les visages de notre fille, de notre mère et de notre grand-mère s’approchent avec les souvenirs qui leur sont liés, avec les paroles qu’on n’a pas dites, ou trop souvent répétées, avec l’amour qu’on a donné, refusé, reçu, ignoré, mendié. Une image de notre histoire est sur scène.




