Où sont passées nos utopies d’hier ! Celles des XIXème et XXème siècles se sont disputé les faveurs des philosophes, des ecclésiastiques et des tribuns populaires de tout poil. Les peuples s’y sont déchirés dans des guerres fratricides, en loups affamés s’arrachant des lambeaux de carcasses sanglantes. Depuis, il n’en reste rien. Où sont passés nos rêves d’avenirs fleuris, nos fantasmes de sociétés nouvelles, de prairies ensoleillées et de vent dans les cheveux déliés ? D’entre les utopies qui chantent, les utopies voleuses, les utopies nambours ou d’autres aux exécrables calembours, celle qui eu le plus de succès, c’est celle de l’Homme nouveau ! Les bons dévots ont voulu supplanter les mauvais impies, goys et kouffars mal-pensants, pour qu’advienne leur royaume des cieux ! Les superbes aryens nazis sont presque arrivés à exterminer les Juifs, les vulnérables et les impurs. Les camarades du parti central ont distillé les masses populaires dans l’alambic du marxisme-léninisme pour extraire une pureté rouge sang ! Les fervents adeptes de la loi d’airain des marchés et de la libre puissance se sont évertués à tamiser la boue des peuples pour prélever des pépites de winners de la masse impropre des loosers. On ne peut pas dire qu’on n’ait pas tout essayé pour faire chanter nos lendemains, si enroués qu’on n’entend plus que le bruit des bombes. Alors nos rêves ne sont que des mensonges entre des cauchemars. Les yeux braqués sur des écrans qui racontent des dystopies épouvantables, on se dit que ça pourrait être bien pire. Ils restent les super pouvoirs ! On cherche la potion magique, les toiles d’araignée de Spiderman et la puissance magique de tous les super-héros. Les magiciens de la Tech et leur grand prêtre Elon Musk nous promettent des planètes inconnues et au-delà ! Le transhumanisme travestit la femme déchirée en homme voilé et l’homme brisé en femme masquée. Les femmes de demain seront des sacs à gosses pour riches commanditaires, en plus des éternelles fesses à vendre sur les marchés du Net. La technique scientifique fera du désastre de l’Anthropocène son ultime victoire. L’avenir est-il le suicide satanique et fabuleux des riches, uni à celui « assisté » et impitoyable des miséreux ? Alors passons-nous des utopies. Fabriquons ensemble une société de gens égaux en droit, sans dominant, ni oppressé, fondée sur des relations humaines réciproques de soin et d’attachement. Le ou la bon.ne candidat.e sera celle ou celui qui ne se présentera pas aux élections, parce que le pouvoir ne l’intéresse pas.
Sachant que l’habitat inclusif est l’une des priorités du Département, quelques associations isariennes : le Gapas, La Nouvelle Forge, la résidence des Pot’Agers, les PEP Grand Oise et l’APAJH ont organisé tout au long de la semaine des animations pour mieux faire connaître ce nouveau concept de logement. Cette semaine de sensibilisation a été financée par l’Agence régionale de santé (ARS) et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).
Ainsi :
- le lundi 1er juin, à Crèvecœur-le-Grand, les PEP (Pupilles de l’enseignement public) proposaient une journée de sensibilisation au « bien vieillir »,
- le mardi 2, à Venette, La Nouvelle Forge, une journée autour de la prévention des risques d’accidents domestiques,
- le mercredi 3, à Ribécourt, le GAPAS (Groupement d’associations partenaires), un escape-game autour du projet de vie sociale,
- le jeudi 3, à Beauvais, une table ronde avec des témoignages de professionnels et d’habitants,
- et enfin pour conclure cette semaine, le 5 juin au centre culturel de Coye-la-Forêt, l’association départementale de l’APAJH (association pour adultes et jeunes handicapés), a choisi une soirée théâtrale pour fêter les 50 ans de la fédération APAJH et les 60 ans de l’APAJH Oise. Cette manifestation a été placée sous le parrainage de Jean-Marie Caillaud, préfet de l’Oise et Nadège Lefebvre, présidente du Conseil départemental de l’Oise.
Après les discours de Claude Lebret et de François Deshayes, respectivement président de l’APAJH et maire de Coye-la-Forêt, la soirée commença par la présentation par Yves Dulmet du projet d’habitat inclusif de Coye-la-Forêt : celui-ci devrait accueillir, en 2028, trois personnes âgées et huit personnes handicapées, ainsi que 14 familles de personnes valides dont certaines avec enfants. Il fut également évoqué le projet d’accueil pour femmes handicapées, victimes de violences.
Puis Laurent Domingos, acteur, metteur en scène et président du Festival théâtral de Coye-la-forêt fit un sketch d’introduction sur le bégaiement (reconnu comme handicap), qu’il a lui-même connu dans son enfance et surmonté grâce au théâtre. La soirée a continué par un seule en scène interprété par Marie-Claire Neveu : « Hepatik Girl, une épopée auto-immune ».
Ce spectacle joyeux et optimiste, qui a accueilli plus de 180 personnes, met en scène une jeune femme qui souhaite acheter un appartement, alors que dans son corps trois maladies chroniques ont élu domicile. Elle doit prouver aux assurances qu’elle est en pleine forme, qu’elle ne tombera pas malade et ne mourra jamais…
La soirée s’est terminée par un cocktail lors duquel chacun a pu échanger avec amis et connaissances.
A-t-on le droit d’être maladroit ?
A-t-on le droit d’être vieux et de ne rien comprendre aux « nouvelles technologies » ?
A-t-on le droit de ne pas avoir de téléphone portable ?
A-t-on le droit de ne pas vouloir ou pouvoir faire ses achats « en ligne » ?
A-t-on le droit d’être illettré ?
A-t-on le droit d’être analphabète ?
A-t-on le droit d’être étranger et de ne pas savoir lire le français ?
A-t-on le droit de ne pas être intelligent et de ne pas être instruit ? ou plus simplement a-t-on le droit d’être bête ?
A-t-on le droit d’avoir la main qui tremble ?
A-t-on le droit d’être malvoyant ?
A-t-on le droit d’être handicapé ?
A-t-on le droit, quand on sait que l’on veut aller en train à Paris, de ne pas connaître précisément le nom de la gare d’arrivée ?
A-t-on le droit de rester anonyme lorsqu’on veut voyager sans réduction particulière et sans réservation ?
A-t-on le droit de refuser de décliner son identité et sa date de naissance en dehors de toute procédure judiciaire ?
A-t-on le droit de ne pas vouloir donner son adresse électronique (quand on en a une) ?
A-t-on le droit d’être devant les nouveaux distributeurs automatiques de la SNCF « comme une poule qui a trouvé un couteau », et selon ses capacités et son tempérament, désemparé.e, impuissant.e, désespéré.e, énervé.e, exaspéré.e, révolté.e ?
Sachez que, si vous voulez être en règle, tous ces droits vous sont refusés par la SNCF dès lors qu’est fermé pour une raison quelconque le guichet ‘humain’ de votre gare, avec un employé en chair et en os qui essaie de comprendre ce dont vous avez besoin.
Ou alors, si vraiment vous estimez que vous avez le droit de voyager quand même, vous prenez le risque de devoir payer une amende d’une centaine d’euros pour un trajet qui aurait dû vous en coûter moins de dix.
« À nous de vous faire préférer le train », qu’ils osaient dire !
Une dizaine de spectateurs avaient fait le déplacement pour ce conseil municipal.
Après l’approbation, votée à l’unanimité, du procès-verbal de la séance du 2 avril, les élus ont à l’unanimité désigné Thibault BARGUE, ancien militaire, comme correspondant défense et approuvé le rapport d’activité pour l’exercice 2025 de l’Etablissement Public Foncier Local des Territoires Oise et Aisne (EPFLO).
Puis Laurent SARAGONI, adjoint au maire chargé de la vie associative, a présenté les demandes de subventions des associations. Pour un budget prévu de 54 000 euros, le budget total s’élève à 55 750 euros dont 4 500 de part exceptionnelle. François DESHAYES souligne qu’il faut ajouter à cela les aides matérielles comme la mise à disposition gracieuse de salles, qui s’élève à 87 942 euros. Pour le vote, les membres élus des associations n’y participent pas. Claude LEBRET, membre de l’opposition, souligne l’intérêt du monde associatif tant pour la création de lien social, d’utilité communale ou encore pour l’activité économique. Il précise que certaines associations ne demandent pas de subvention et qu’il faut penser aussi à celles qui emploient des salariés et donc bien étudier les critères d’attribution. Le Maire indique qu’il est difficile de bien prendre en compte tous les critères comme la trésorerie ou l’emploi de salariés. Les subventions sont votées à l’unanimité.
La création d’un poste de garde champêtre ou de policier municipal à temps complet est votée par une large majorité, les élus de l’opposition s’étant abstenus.
Comme à l’accoutumée, la fin de la séance a été consacrée aux questions diverses.
Le Maire a répondu à Noor STOCKWELLER qui s’étonnait que les comptes rendus des conseils municipaux ne soient plus disponibles depuis 2024 sur le site de la mairie. Il s’en montre surpris et confirme qu’il s’agit d’une erreur. La conseillère l’interpelle également sur l’enregistrement des conseils municipaux et leur diffusion sur internet, comme cela est déjà le cas pour Lamorlaye et Orry la ville. Le Maire répond qu’elle n’avait pas dû lire son programme car ce point en faisait partie, mais que la mise en œuvre est plus compliquée que prévue.
Puis François DESHAYES a répondu aux questions de Claude LEBRET qui souhaite que, lors d’importants travaux de voirie comme ceux prévus pour la rue Layon de l’enclave, la municipalité demande systématiquement des devis concernant l’enfouissement des réseaux. Cet enfouissement facilite l’entretien avec la réduction des interventions, améliore la fiabilité car il y a moins de pannes, les nouveaux câbles étant alors protégés des conditions météorologiques extrêmes, et permet d’anticiper l’installation de fourreaux pour l’intelligence artificielle, de supprimer les câbles aériens (ce qui évite les problèmes liés aux chutes d’arbres) et par conséquent de valoriser l’aspect des communes. Pour la rue Layon de l’enclave, cela serait l’occasion de rénover les trottoirs pour que les personnes en situation de handicap ou les familles avec des poussettes puissent l’emprunter facilement. Le Maire répond que cela compte beaucoup plus cher et retarderait les travaux prévus pour cet été 2026. Claude LEBRET ajoute qu’il faut avoir une vision de notre commune pour les années à venir et donc prévoir les investissements sur plusieurs mandatures, comme cela devra être le cas pour l’avenue des Bruyères ou pour le Domaine des Trois châteaux si des projets devaient se concrétiser sur le site. Il ajoute que ces travaux sont évoqués depuis plusieurs années et que l’on n’est plus à un an près. François DESHAYES confirme que même si cela reste de l’esthétique, il entend la demande et fera faire des devis, car la commune n’a pas forcément les moyens de cette dépense. Claude LEBRET répond que la gestion d’une commune, comme la politique, c’est avant tout des choix budgétaires et qu’il faut tenir compte, pour le futur, des évolutions de la population.
La 2ème question portait sur la sécurisation de la rue de l’Impasse aux cerfs qui longe le cimetière. En effet, depuis que la cour du périscolaire a été agrandie, l’accès du côté de l’avenue des Bruyères n’est plus possible pour les parents qui viennent à pied. La seule issue donne sur le parking du centre culturel. Or pour la rejoindre, les familles doivent emprunter la ruelle qui n’a pas de trottoir. La municipalité pourrait étudier la création d’un trottoir ou une signalétique. Le Maire indique qu’il n’était pas favorable à la fermeture de l’accès avenue des Bruyères et que personne ne lui a fait part de problème, il va donc étudier la question.
Le conseil municipal s’est terminé sur le rappel du feu de forêt qui a impacté près de cinq hectares. Les pompiers ont eu des difficultés pour accéder au feu car le chemin forestier est peu carrossable.
Enfin, François DESHAYES a confirmé que le tas de fumier doit être déplacé au Mont de Po, sachant qu’il n’y a pas de plateforme de stockage. Il ne sait pas encore si des prélèvements d’eau ont été réalisés à Coye-la-forêt dans le cours de la Thève. Claude LEBRET demande qu’on relance rapidement la demande auprès du propriétaire.
À la suite de l’article du 15 mai 2026 intitulé « Coye-la-Forêt : Un bois entier disparu… et des solutions pour éviter que ça recommence », article qui déplore la coupe rase d’une parcelle boisée à l’entrée de Coye, Claude Lebret écrit un commentaire : « il nous faudra, effectivement, être vigilant, mais pour créer de l’activité économique et donc de l’emploi ainsi que du logement, il nous faut faire des concessions. »
Ainsi, à gauche comme à droite, nombre de politiques continuent à penser, comme au siècle passé, uniquement en termes de croissance économique et de nombre d’emplois, sans jamais s’interroger sur la qualité des emplois en question, sur l’utilité réelle pour la collectivité de l’activité économique envisagée et sur ses méfaits possibles en matière d’environnement et de santé publique.
Accepter sans broncher, ici comme en tant d’autres endroits, que tous les arbres soient abattus, que le terrain soit entièrement défriché, qu’il soit largement artificialisé et imperméabilisé : il ne s’agit pas là de concessions mais bel et bien d’abandon et de trahison, abandon des générations futures et trahisons par rapports aux engagements pris collectivement de limiter le réchauffement climatique afin que la planète Terre, le seul espace dont nous disposions, puisse rester habitable.
On a l’impression que pour beaucoup de responsables politiques, ce ne sont que des mots : le parlement peut bien voter des lois et l’administration élaborer des règlements, tout cela n’a aucune véritable importance. Nombreux sont ceux qui ne comprennent pas – ou ne veulent pas comprendre – ce que « réchauffement climatique » veut dire. En 2015 lors de la COOP 21, un accord international sur le climat est validé par tous les pays participants, fixant comme objectif une limitation du réchauffement mondial entre 1,5 °C et 2 °C d’ici à 2100.
Or on sait aujourd’hui que cette barre de 1,5 degré sera franchie d’ici 2030. Mais on continue à se dire : bof ! qu’est-ce que c’est qu’un degré cinq, c’est presque rien en fait, ce n’est pas si grave, on peut bien faire des entorses et des concessions, ça ne change pas grand-chose.
Or c’est énorme ! Pour essayer de comprendre ce que cela veut dire, imaginons qu’il en est du corps terrestre, en tant que système global, comme du corps humain. Si on passe de 37 °C à 38,5 °C – juste un petit degré cinq en plus – on n’est déjà pas très bien, mais bon, on peut continuer à s’activer. Si on passe rapidement à 39 ou 40 °C, il vaut mieux rester couché pour attendre que ça passe. Sauf qu’en matière de climat, ça ne redescendra pas. Nous voilà donc au lit avec une fièvre de cheval (oui, gravement malades, comme les chevaux peuvent l’être – qu’ils soient de course ou pas). SI on dépasse sans discontinuer 40 degrés, on s’achemine douloureusement vers une mort prématurée. C’est la même chose pour le système Terre. Au-delà d’une certaine température, ce ne sera tout simplement plus vivable. Si le corps terrestre s’enfièvre, tout comme le corps animal, il finit par crever. On peut fermer les yeux, trouver que c’est angoissant (oui, précisément, ça l’est), si on continue à ne pas vouloir comprendre, on accélère et on aggrave le processus. Nier le danger ne le supprime pas, au contraire.
Seule une volonté politique massive pourrait nous permettre de limiter les dégâts. Il y faut du courage car le virage à prendre est raide et les mesures à mettre en place seront forcément impopulaires. Mais si les politiques sont les premiers à prolonger les entorses aux règlements ou à demander des concessions, on n’a aucune chance de conserver une planète habitable. Dans l’immédiat il y a déjà des engagements, des lois et des règlements qu’il faudrait respecter.
Il faudrait arrêter de produire tout et n’importe quoi avec comme seul justificatif la création d’emplois (et pour une extrême minorité l’objectif inavoué de profits). Il est urgent de s’interroger : des emplois pour quoi faire ? pour produire quoi ? avec quelle utilité ? Tant que nous n’aurons pas collectivement adopté ces réflexes de questionnement systématique, la fièvre du corps terrestre continuera à monter.
Il nous faudra bien un jour, de bon gré ou forcés, accepter de changer radicalement nos façons de vivre : habiter dans des logements plus petits, chauffer moins, laisser la voiture, cultiver bio, ne plus manger de viande rouge, abandonner les élevages industriels, arrêter d’élever des chevaux uniquement pour les faire concourir, ne plus utiliser le streaming et l’I.A., cesser de voyager, de consommer à tout va, de jeter, de gaspiller, … et ce ne sera pas forcément triste ! Toujours moins triste, en tout cas, que de mourir cramés. Car une chose est sûre : plus on tarde et plus ce sera difficile. Il nous faudrait réfléchir à reconvertir toute l’économie, inventer d’autres sources de revenus que le salariat et opérer une transition vers des activités non seulement utiles mais peut-être même strictement nécessaires, notamment en matière de préservation de l’eau, de souveraineté énergétique et de productions alimentaires. Si nous continuons sur notre lancée, très rapidement nous allons crever de chaud, au sens littéral de cette expression. Ce n’est pas une manière de parler. C’est véritablement ce qui nous attend : crever--de--chaud. Il serait temps de le comprendre et, collectivement, de ne plus faire aucune concession d’aucune sorte sur ce sujet.










