Ce soir du 30 juin, c'est la consternation... Sauf chez les RN. On les comprend, ils attendent ce jour depuis 2002, et peut-être depuis 1986 (scrutin à la proportionnelle à un tour). Cela leur a semblé long...
Chez les autres, choc de voir que les trois départements de Picardie ont préféré un candidat RN, et que l'ensemble des Français a suivi le mouvement.
Les macronistes se lamentent d'avoir élu un président qui les précipite dans la débâcle.
Les LR n'ont pas su détourner des militants de la tentation lepéniste, après avoir perdu du poids depuis l'affaire Fillon.
Le Nouveau Front Populaire avait de quoi rassembler ceux qui demandent la justice et de quoi vivre. Mais ils se sont divisés et n'ont pas eu le temps indispensable pour édifier un vrai front, assez solide pour convaincre, une union de la gauche, quoi.
A la suite de ces résultats, ce soir c'était l'hystérie, la haine, l'arrogance. Les chants de la victoire ou les cris du vaincu déchiraient les plateaux de télévision, ça se coupait la parole, ça criait... On en serait presque venus aux mains.
Et soudain une voix calme qui donne un peu d'espoir, celle de François Ruffin. Il parle de la réconciliation nécessaire entre les opposants d'aujourd'hui et a ces mots étonnants qu'il ose à peine prononcer, presque incongrus dans la cacophonie ambiante, tant ils tranchent avec ce qui se crie autour de lui : "pour réconcilier les Français il faudra gouverner avec tendresse", dit-il tranquillement.
Je ne sais pas si sa voisine de plateau a compris. Mais moi, je me suis sentie mieux.











