Nous serons triste en Juin cette année. Nous resterons masqué.es. Il n’y aura pas d’odeur de frites ni de reflets de guirlandes dans les verres. Nos oreilles ne se blesseront pas aux désaccords des guitares et aux larsens de fin de soirée. Les belles ne nous joueront pas ces balades d’été qui font vibrer leurs violons et briller leurs yeux d’envies de danser. Ils ne souffleront pas en gonflant leurs joues dans des hélicons improbables, ni ne battront leur colère d’être noir sur la peau de chèvre blanche de leurs tam-tams bombés. Elles ne balanceront pas leurs robes de couleur en remontant vers le crépuscule du bout de la ruelle. Ils ne rentreront pas le long du caniveau, en chantant pour tromper leur ivresse. La musique ne fera pas la fête. Comme une odeur de deuil se mêlera à celles des fleurs. Quelques enfants amoureux tenteront d’occuper la fin d’un jour sans fin, en marchant dans la nuit se tenant par la main. Et nous resterons masqué.es.
Quelques petits nuages abandonnés dans le soir doré évoquent des masques oubliés par le soleil sur les pavés bleus du ciel. Les roses des jardins n’attendent plus que les quelques bourdons et les rares abeilles survivantes des épandages toxiques. « Mignonne, allons voir si la rose… » Elle s’appelait Cassandre et n’avait que 16 ans. Ronsard était déjà un jeune clerc de 21 ans. Le mariage fut impossible, mais la rose avait quand même perdu sa robe pourprée et dessus la place ses beautés laissé choir. Les roses de ma Picardie me parlent de richesse, de pouvoir et de beauté. Les premières campanules baissent la clochette devant la splendeur des pétales des reines des jardins clos. Le village a pris goût au confinement des fleurs et des oiseaux. Le soleil ajoute aux gens lunettes noires et chapeaux.

Je suis d'la mauvaise herbe,
Braves gens, braves gens,
C'est pas moi qu'on rumine
Et c'est pas moi qu'on met en gerbe...
(Georges Brassens)
Depuis que vous avez décidé de bâtir vos cités, vos villes, vos villages,
vos allées bien tracées, vos rues perpendiculaires, vos lignes droites, vos parallèle... je m'efface.
Mais tout cela je m'en moque, bien avant vous j'étais là... et bien après vous je serai encore là.
Fut un temps où vous n'étiez pas... mais moi si, les reptiles faisaient leurs chemins parmi moi et après, vos ancêtres...
puis vous êtes apparu,
et alors tout a changé.
Je suis devenue indésirable, envahissante, adventice, nuisible...
Mais malgré vous, je reviens, tous les ans, génération après génération, les parents de vos parents de vos parents me connaissaient, je suis à vos côtés depuis que vous foulez cette Terre, mes bienfaits vous ont sauvé la vie, guéris, réparés, tués parfois, depuis la nuit des temps vous m'utilisez.
Au sein de notre société existent de nombreux secteurs économiques obéissant, chacun, aux lois qui lui sont propres : secteurs marchand, associatif, coopératif, fonction publique, partenariat public-privé, petites et moyennes entreprises, secteur uberisé, auto-entreprises, professions libérales, etc. Les modèles sont multiples, chacun étant régi par une réglementation particulière. Le système marchand, dans un modèle d'économie libérale, obéit à un certain nombre de préceptes tels que "la concurrence libre et non faussée", "la loi de l'offre et la demande", ainsi que la réalisation de profits par des acteurs privés.
Nous avons à Coye-la-Forêt un très bel exemple d'économie entièrement associative, circulaire et solidaire avec le vestiaire de Sofie. Nous avons les services communaux et toutes sortes d'associations qui œuvrent dans des domaines très divers, créant de la richesse. Et puis il y a l'économie marchande : ce sont les commerces.
Sylvain Chevillard a grandi à Coye-la-Forêt. Aujourd'hui chercheur en mathématiques à l'INRIA (Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique) à Sophia-Antipolis, il ne cache pas que la climatologie ne fait pas partie de son domaine de recherche, mais en tant que citoyen il s'est penché sur ce sujet qui nous concerne tous et il l'a fait avec le sérieux et la rigueur qui caractérisent un esprit scientifique. Le 25 avril, il devait donner une conférence au centre culturel sur le thème du réchauffement climatique, qui bien évidemment a été annulée dans l'immédiat. En attendant de pouvoir fixer une nouvelle date, il nous transmet une lettre rappelant l'importance vitale du sujet et fait le parallèle avec la pandémie actuelle.
Le centre culturel de Coye-la-Forêt devait accueillir ce week-end une conférence, organisée par la Sylve, que je devais donner sur le thème du réchauffement climatique. L'actualité rend la chose impossible, mais bien entendu, nous trouverons une autre date pour que je vienne vous y exposer l'urgence à prendre conscience du drame qui se joue et la radicalité des décisions nécessaires pour l'éviter, ainsi que l'impérieuse nécessité, pour tout un chacun, d'agir à son échelon.




