Y a-t-il des morts utiles ? La question doit paraître futile à celle ou à celui qui meurt. On meurt, un point c’est tout, juste parce qu’on a vécu. Mais quelque fois, on aimerait bien qu’elles puissent servir à quelque chose. La planète entière souffre et pleure ses mortes et ses morts, sans sépulture. Tous les pays du monde n’ont guère trouvé mieux que d’agrandir leurs fosses communes. C’est du chacun chez soi, chacun pour soi, mais pour tous, l’espoir que ça ne recommencera pas. Alors que les lendemains chantent, à tue-tête, à plein poumons ! Le Covid-19 n’est qu’un coup de semonce. La folie guide le monde. Nos dirigeants promettent, certifient, s’engagent, jurent leurs grands dieux en haranguant les foules par visio-propagande. « Courage, le monde va changer ! Nos soignantes ne seront pas mortes pour rien. »
Je me réjouis de ce printemps qui n'a que faire de nos peurs, du silence des rues
et des forêts laissées aux oiseaux.
Je me réjouis de cette guerre qui n'en est pas, une guerre sans bombes, sans estropiés
et sans enfants qui hurlent.
Je me réjouis de vivre à l'heure du portable et qu'à défaut des gestes, il y ait des mots
pour dire la tendresse.
Je me réjouis des témoignages de solidarité, de ceux qui ont appris que donner
est plus précieux que recevoir.
Je me réjouis d'avoir la patience d'attendre et le réconfort d'espérer.
Je me réjouis de savoir que je suis en vie.
6ème JOUR : s’il n’y avait pas eu cette épidémie, ce dimanche 22 mars aurait dû être celui du second tour des élections municipales.
A Coye, les résultats du premier tour étant définitifs, l’installation du nouveau conseil municipal et l’élection du maire étaient prévues pour ce samedi 21. Situation particulière oblige, la séance devait exceptionnellement se tenir à huis-clos et dans la salle 2 du Centre Culturel pour permettre le respect des distances de précaution entre participants. Le Premier Ministre a finalement indiqué jeudi que ces formalités étaient repoussées et que le mandat des conseils municipaux sortants était prolongé jusqu’à la mi-mai au moins.
Vous connaissez la Saint-Patrick qui met les Irlandais dans tous leurs états le 17 mars, qui les habille en vert pour les faire chanter et danser, et qui vide les fûts de Guinness. Même liesse à Paris où les Irlandais loin du Connemara ou de Dublin trouvent depuis des années dans les bars parisiens des lieux tout aussi propices que les pubs pour y célébrer la fête de leur saint patron.
A Coye-la-forêt, depuis trois ans, c'est au Régent que se déroulait la fête irlandaise. Même s'il n'y avait aucun Irlandais à Coye. Une occasion de faire la fête comme une autre. Permission de minuit. Musique, ripailles, chansons, rires qui crèvent le plafond, tapes dans le dos, voix qui tonitruent.




