Compagnie Kulunka Teatro (Espagne)
Mise scène : Iñaki Rikarte
Une pièce originale et bouleversante !
Au festival de Coye, les pièces se succèdent mais ne se ressemblent pas. Après avoir apprécié la langue épurée de Racine (Britannicus), le spectateur demeure médusé par la création du Kulunka Teatro : André et Dorine.
Pas de texte, pas d'échange de mots ; seuls des gestes et des mouvements corporels, des expressions mises en valeur par de subtils éclairages. Les comédiens portent des masques en caoutchouc grotesques, certes, mais qui n'occultent pas leurs émotions ni leurs sentiments.
Ils déclinent l'histoire d'un vieux couple figé dans ses habitudes. Lui, écrit, elle, joue du violoncelle. Le cliquetis lancinant de la machine à écrire s'accorde mal avec le rythme décalé de la musicienne. Dorine s'obstine à tenir son archet à l'envers! Signe précurseur de la terrible maladie qui l'attaque...
Des tableaux tragi-comiques s'enchaînent : l'arrivée du fils et l'échange amusant des cadeaux qui accentue encore le fossé entre les générations, la consultation médicale où un patient miteux, rongé par les puces, distrait le spectateur du diagnostic impitoyable. Alzheimer ! André refuse d'y croire.
Compagnie Kulunka Teatro (Espagne)
Mise scène : Iñaki Rikarte
Un petit salon simple mais coquet, sur les murs les photos des moments intenses de leur vie, une étagère où reposent des livres, un violoncelle, voilà le décor dans lequel évoluent André et Dorine qui entrent peu à peu dans l’hiver de leur vie.
« Elle » et « Lui » semblent ne plus se conjuguer avec « Nous ». Le couple ne se supporte plus. Le bruit de la machine à écrire d’André agace profondément Dorine, les accords du violoncelle exaspèrent André. La seule visite qu’ils reçoivent est celle de leur fils unique, un peu las des écrits de son père et des tricots pourtant confectionnés avec amour par sa mère.
Mais ce « Toi et Moi » qui longtemps les avait unis dans la tendresse du « Nous » revient peu à peu lorsque l’impitoyable maladie d’Alzheimer frappe Dorine. Alors leur complicité du meilleur revient avec le pire. André est là, présent pour lui tenir la main, la rassurer de sa présence en ce moment délicat.
d’après Molière
Compagnie Tabola Rassa
Mise en scène de Miquel Gallardo et Olivier Benoit
Bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis la toute première représentation de « l’Avare », comédie de Molière, en 1668 au Théâtre du Palais Royal.
Depuis quelques années maintes versions modernisées nous ont été versées, Molière étant intemporel. Mais l’adaptation de Tabola Rassa, d’une grande originalité fera couler beaucoup d’encre tant elle est loufoque.
Voilà une grande farce sur trame du texte du grand maître où l’or si cher à Harpagon est remplacé par l’eau, un bien qui nous est de plus en plus précieux et qui avec la pollution et le réchauffement climatique risque de devenir denrée rare. Il nous faut donc l’économiser.
Dans la mise en scène de Miquel Gallardo, point d’acteurs. Olivier Benoît et Jean Baptiste Fontanarosa manipulent avec brio des marionnettes composées de chiffons et d’articles divers de plomberie (tuyaux, robinets, syphons etc.) et prêtent leurs voix sous différentes intonations aux personnages, ceci avec une grande virtuosité.




