De Samuel Gallet
Mise en scène et dramaturgie du Collectif Eskandar
Très tristounet, ton article, Jacques ; comment se fait-il que tu n'aies pas été transporté comme nous dans cette histoire fabuleuse ?
J'ai été prise d'emblée : quelle talentueuse comédienne, cette petite bonne femme qui ne paie pas de mine, et qui joue ça, ce n'est même pas du désespoir – c'est relativement plus facile à jouer le désespoir – mais ce manque d'espoir, cet enfermement dans la solitude et le désarroi, quand on vient l'expulser d'entre ses quatre murs où elle est recluse avec son fils de sept ou huit ans, quand il n'y a plus rien à attendre de personne, quand il n'y a rien à espérer et qu'il ne reste plus qu'une seule chose à souhaiter, c'est une catastrophe, une vraie grande catastrophe, quelque chose d'extraordinaire, de grandiose : j'ai cru d'emblée à ce désir de cataclysme.
Non, on n'est pas chez le psychanalyste, à ressasser ses petits tourments personnels ; on est carrément chez les fous, dans le grand délire onirique, et la petite bonne femme y croit tellement que le phantasme devient réalité, son rêve éveillé devient poème lyrique quand le comédien prend le relais, et que la musique, percussions et violoncelle, s'en mêlent, le rêve éveillé pour nous devient conte fantastique, et la magie des mots, leur scansion, l'énumération poétique de tous les animaux échappés du zoo, on y croit, on les rêve, on les voit.




