Pourquoi cette rage contre les petits, les humbles, les sans-grades ? Pourquoi s’acharnent-ils sur nous, le petit peuple des handi, les handicapées décapées, les handi-femmes, les handi-noires, les handi-beurs, les handi-vieilles, les handi-malades, les handi-pauvres ? Qu’est-ce que tous ces vieux clébards cravatés, ces jeunes loups brillants limousinés, ces pédants brillantinés ont contre nous, les petites gens, les petits yeux qui regardent le vide, le vertigineux vide de leur porte-monnaie à la fin du mois ? Qu’est-ce qui leur arrive ? Ils s’enrichissent comme jamais ils ne se sont enrichis. Ils commandent la terre entière chacun dressé sur son tas de fumier mafieux. Leurs oppositions sont dressées à rester à leur place, sagement domestiquées. Ils ont augmenté largement les salaires de leurs godillots politiques et de leurs deuxièmes couteaux barbus. Ils ont supprimé les impôts sur la fortune et construit des ouvrages d’art comptable pour faciliter l’accès aux paradis fiscaux.
Je suis né dans un univers tempéré, vert et fleuri l’été. Les enfants blancs et blonds se lavaient les mains avant d’aller à table et n’avaient de cauchemar qu’à cause du noir au fond du couloir. Haut comme trois pommes, mon point de vue sur le monde était catholique, serein, viril et farouchement égoïste. Mais je ne le savais pas. Mes sœurs se devaient d’être férues de tâches ménagères. Il n’y avait pas de noir dans les rues ou très peu et dans des lieux très circonscrits. Un clochard tendait la main sous le porche de l’église. La guerre était lointaine et on n’en parlait pas. La mort était une histoire d’oisillons tombés du nid, de feuilles d’automne ou de vieilles grands-mères chez les voisins.
(réponse à monsieur le maire et à quelques autres responsables)
Que se passe-t-il aux Trois Châteaux ?
Aucune information officielle n'ayant jamais été communiquée dans le bulletin municipal de Coye-la-Forêt, les fantasmes peuvent aller bon train.
On a su que le domaine des Trois Châteaux, propriété du département de Paris, qui accueillait jusqu'alors des enfants parisiens en difficulté sociale, devait fermer ses portes. Le personnel, inquiet, a manifesté pour garder son emploi. En vain.
On a entendu dire que le domaine serait transformé en un établissement spécialisé dans l'accueil des enfants autistes. Un autre bruit courait, qui ne laissait pas d'inquiéter : il était question qu'on y installe des « migrants ». On se souvient que M. le maire s'est exprimé à ce sujet, disant clairement sa préférence pour que le lieu accueille des enfants autistes et laissant entendre, de façon sous-jacente, son peu d'envie de recevoir des réfugiés dans sa commune.
Et depuis ?
6 juillet
Pour la coupe du monde de football, monsieur le maire et des conseillers se sont maquillés de drapeaux, les vacances ont commencé pour certains et les rangs sont un peu clairsemés. Dix-neuf présents sur vingt-sept. Il fait chaud dans la salle du conseil, les fenêtres sont ouvertes pour un peu de fraîcheur et l’on entend les enfants qui jouent sur la place. C’est soir de match et le Régent a dû faire salle comble.
Au conseil, deux personnes pour tout public.
Cet article ne sera pas un compte rendu exhaustif, il ne traitera que de quelques points de l’ordre du jour qui en compte douze.
« On est les champions, on est les champions ! » Footaise ! Après avoir subi un mois de bacchanales vulgaires et de liesse nationaliste populaire, il a été nécessaire avant d’écrire ces lignes de laisser retomber ma colère. Une analyse distancée permet de résumer « le mondial » à une succession de grand-messes, célébrées à coup de milliards d’euros, sur l’autel de la Très Sainte Virilité. La galvanisation des foules masculines réalise une « Revenge foot » planétaire à la mesure de la grande vague de prise de parole des femmes lors du mouvement #Metoo.




