Voici les beaux et chauds jours d’été qui se profilent, les insectes et les fleurs profitent de la fin du printemps pour se gorger de pollen pour les uns et se montrer sous leurs plus beaux atours pour les autres .
Pour ceux qui l’ignoreraient encore, comme je l’ai ignoré pendant un bon moment, j’adresse quelques photos réjouissantes : une abeille ou un bourdon se roulant à l’intérieur d’un coquelicot mais surtout 2 petites miniatures à la robe assez discrète mais munies d’un signal orangé sur le dos. Ce sont des larves de coccinelles et depuis que j’ai découvert leur aspect, je fais très attention à ne pas trop les déranger, en ce moment j’en vois beaucoup et j’espère qu’elles deviendront de belles coccinelles. Derrière les futures coccinelles, un pied de phacélie, très appréciée des butineurs.
Bel été à tous
Au cours d'une réunion récente de la toute nouvelle association Coye en transition, quelle ne fut pas ma stupéfaction d'apprendre que la piste du champ de courses de Chantilly était depuis plusieurs années une PSF, une piste en sable fibré. Je n'imaginais même pas que ça puisse exister. J'en suis restée atterrée. Plusieurs vidéos sur internet nous expliquent de quoi il s'agit et comment ce produit miraculeux a sauvé la filière équestre et les courses de Chantilly.
L'amiante aussi, c'était super ! Elle présentait des qualités exceptionnelles – résistance au feu, faible conductivité thermique, acoustique et électrique, pouvoir absorbant, grande élasticité et résistance mécanique, possibilité d'être filée et tissée, j'en passe – qui en faisait un matériau magique, notamment dans l'industrie de l'électroménager et le BTP.
Bien que suspectée d'être toxique dès le début du XIXe siècle (en 1906, un rapport est rédigé concernant la surmortalité des ouvriers d'une usine utilisant de l'amiante dans le Calvados, et à partir de 1918 aux États-Unis, les compagnies d'assurance décident de ne plus assurer les travailleurs de l'amiante), bien que clairement reconnue comme pathogène (en 1945, l'asbestose – variété de fibrose liée à l'amiante – est reconnue comme maladie du travail en France et en 1949, le port de masque devient obligatoire pour les professionnels exposés à l'amiante), malgré le scandale de Jussieu en 1975 et le classement en 1976 de toutes les variétés d'amiante dans les "cancérigènes avérés" par le Centre international de la recherche sur le cancer, malgré le nombre de victimes qui augmente sans cesse, malgré les dénonciations, les plaintes, les procès, ce n'est qu'à partir du 1er janvier 1997 que la fabrication, l'importation et la mise en vente de produits contenant de l'amiante sont interdites en France.
Le printemps a été. On attend la chaleur. Vient l’été et ses promesses d’oisiveté et de liberté. Les pluies ont alourdi les grandes hampes des rosiers des jardins pour tourner vers le sol leurs corolles froissées par la grêle. Puis les trottoirs ont séché. Le vent a repoussé les orages. Il a dissipé les fumigènes des samedis d’émeute. Les images de luxe du festival de Cannes, avec les bonnes nouvelles des vedettes du show-bises et des stars du foot, mâles ou femelles, fascinent les foules. On oublie l’hyper-violence policière des scarabées noirs ivres de colère de faire le sale travail de taper sur la misère. La chaleur nous hallucine. La France va-t-elle se rendormir dans ses moiteurs estivales ? Mieux encore que le référendum d’initiative populaire, la sueur ne serait-elle pas le mode d’expression le plus égalitaire ?
La solidarité, on peut dire qu'elle est présente dès l'origine du Festival, tout au moins dans l’un de ses objectifs. Le passionné qu'était Claude Domenech a voulu il y a 37 ans créer une fête du théâtre à Coye-la-forêt avec l'objectif de le promouvoir, de rassembler ses habitants autour de celui-ci, et donc de le rendre accessible au plus grand nombre. Avec lui, six associations ont été assez solidaires et audacieuses pour tenter l'aventure… et la réussir.
Une programmation solidaire
Pour cette 38e année, la programmation s'est tournée vers les 180 nouveaux habitants de Coye-la-forêt, femmes, familles, enfants qui, dans l’impossibilité d’y vivre dignement et en sécurité, ont quitté leur pays pour la France. A Coye-la-forêt, l’Etat leur permet une halte. Pour les gens de théâtre, pas question de les oublier. Le Festival a ainsi présenté deux spectacles qui concernent leurs parcours et leurs vies : « Étranges étrangers » (lien), et « De Pékin à Lampedusa ». Il leur a également donné le droit d’être spectateurs en offrant des places à ceux qui souhaitaient venir un soir goûter au théâtre et oublier leurs inquiétudes.
Europe, fille du roi de Tyr, ancienne cité du Sud du Liban, est enlevée par le dieu des dieux de l’époque, déguisé en taureau, et emmenée en Crète, la limite Sud de notre continent européen, le Lampedusa du moment. Ça commençait déjà très mal pour elle. Le déguisement est carrément ridicule, mais la suite est criminelle : l’enlèvement d’une mineure avec viol et séquestration. A l’époque, les hommes n’avaient pas à se gêner, même les dieux violaient. Trois ou quatre millénaires plus tard, la pauvre Europe n’en mène pas plus large. Comme les précédentes élections de ses députés, celle d’il y a cinq ans n’a rien changé et celle-ci ne laisse rien augurer de meilleur.




