Les Valeurs bleu-blanc-rouge
Nos valeurs ? De quoi parle-t-on ? Ne vient-on pas de loin pour y trouver refuge ? Essayons de débobiner le concept. Les trouve-t-on dans notre histoire de France ? Nos richesses provinciales, nos églises et nos châteaux, nos riches vallées et nos verts coteaux ont été les berceaux de nos glorieuses traditions. Mais chaque personne qui est née quelque part a probablement le même bonheur de son enfance, sa douce France qui lui chante au cœur. C’est humain, c’est tout. Nos valeurs sont-elles celles de notre République ? Nous les avons conquises une à une, de la Bastille aux Droits de l’Homme, de l’abolition des privilèges à l’affaire Dreyfus, de la Marseillaise au suffrage universel, des congés payés à la Sécurité Sociale. Mais ces valeurs républicaines sont entachées de duplicité pour avoir soutenu en même temps l’esclavage, les bains de sang de la guillotine et de tous les massacres des saints innocents que furent les émeutes des sans-culottes, les batailles napoléoniennes, les conquêtes coloniales, la boucherie de la Grande Guerre, jusqu’aux exterminations de la dernière guerre mondiale. Pouvons-nous être honoré.es de ces valeurs-là ? Seuls les combats des Françaises pour leur liberté de femme, pour leur égalité avec les Français portent assez de valeurs intrinsèques pour faire de la France notre « chez nous », un réel sujet d’orgueil. Elles n’ont tué personne. Elles ont montré à deux reprises qu’elles pouvaient réparer le pays. A chaque guerre, pendant que leurs hommes mouraient dans la boue et leur revenaient totalement fous d’avoir tant souffert, elles ont été là. Elles se sont coupé les cheveux. Elles ont enlevé voiles et foulards en sortant des églises. Elles ont fait des études, sont devenues des professionnelles compétentes et des spécialistes qualifiées. Elles ont exigé le contrôle de la fertilité au prix de l’avortement, au prix de la contraception qu’elles font presque seules, pour avoir moins d’enfants forcés et plus d’enfants choisis. Ivres de rage et d’impuissance, les hommes brisent ce qu’ils construisent. Elles réparent patiemment. Elles les soignent et les aiment, bien qu’elles les craignent toujours. Contre la remontée des féminicides, des viols et des violences conjugales, elles ont construit la sororité des #MeToo et des féminismes. Elles réclament le droit à l’égalité, à la paix, à la joie de vivre. Voilà les vraies valeurs de la France.
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5 commentaires
Commentaire de: francoise Membre
Commentaire de: Jacqueline Chevallier Visiteur
Certes la République n’a pas que des pages glorieuses à son actif. Mais on ne peut pas lui attribuer les "exterminations de la dernière guerre mondiale". Ces abominations n’ont pas été perpétrées au nom de la République dont les valeurs sont Liberté-Égalité-Fraternité mais au nom de l’État français dont la devise était, comme chacun sait, Travail-Famille-Patrie.
Certains, d’ailleurs, aimeraient bien revenir à cette trinité là :
- TRAVAIL, précaire, sous-payé, exténuant, dangereux, insalubre, mais censé vous épanouir et vous élever moralement ;
- FAMILLE : sur le modèle un papa, une maman, deux enfants, tout ce monde-là bien blanc ;
- PATRIE avec une préférence nationale et un rejet des étrangers qui tournent à l’obsession.
Mais comme ils ne peuvent décemment pas se revendiquer de la maxime pétainiste, ils reprennent – bien obligés – la devise républicaine, en y ajoutant LAÏCITÉ, détournée de son sens, et qui n’est rien d’autre pour eux qu’islamophobie n’osant pas dire son nom. Pourtant LIBERTÉ - ÉGALITÉ - FRATERNITÉ était un beau programme.
Commentaire de: Jacqueline Chevallier Visiteur
et pour appuyer le commentaire de Françoise j’ai envie de prendre le contrepied de ce qui est écrit
(" Elles [les femmes] les soignent et les aiment [les hommes], bien qu’elles les craignent toujours")
car elles ne les craignent pas forcément et ne les aiment pas toujours !
Commentaire de: Olivier Manceron Visiteur
Bien sûr.
Vive les contre-pieds !
Les contretemps , les contrefaçons, les contreparties et tout ce disent les contredits. 😃✨️🦉
Commentaire de: Marie Louise Visiteur
Il reste qu’à l’origine la force physique n’est pas également répartie…et que la femme est fabriquée pour nourrir. La différence est là dès le départ. Ensuite bien sûr, il y a l’exemple et l’éducation qui confortent ou réorientent.
Les décideurs de guerre sont masculins, les dictateurs, les combattants sont masculins. Il y eut une combattante mais elle fut mise sur le bûcher !…


« Les hommes », « les femmes », sont des amalgames qui ne rendent pas compte de la réalité.
Il y a DES hommes doux et pacifiques et DES femmes destructrices et belliqueuses.
Il y a DES hommes qui luttent contre les violences faites aux femmes et DES femmes qui défilent à la Manif pour tous ou qui militent contre l’IVG.
Ce ne sont pas les hormones qui guident nos choix et déterminent nos valeurs.