A-t-on le droit ?
A-t-on le droit d’être maladroit ?
A-t-on le droit d’être vieux et de ne rien comprendre aux « nouvelles technologies » ?
A-t-on le droit de ne pas avoir de téléphone portable ?
A-t-on le droit de ne pas vouloir ou pouvoir faire ses achats « en ligne » ?
A-t-on le droit d’être illettré ?
A-t-on le droit d’être analphabète ?
A-t-on le droit d’être étranger et de ne pas savoir lire le français ?
A-t-on le droit de ne pas être intelligent et de ne pas être instruit ? ou plus simplement a-t-on le droit d’être bête ?
A-t-on le droit d’avoir la main qui tremble ?
A-t-on le droit d’être malvoyant ?
A-t-on le droit d’être handicapé ?
A-t-on le droit, quand on sait que l’on veut aller en train à Paris, de ne pas connaître précisément le nom de la gare d’arrivée ?
A-t-on le droit de rester anonyme lorsqu’on veut voyager sans réduction particulière et sans réservation ?
A-t-on le droit de refuser de décliner son identité et sa date de naissance en dehors de toute procédure judiciaire ?
A-t-on le droit de ne pas vouloir donner son adresse électronique (quand on en a une) ?
A-t-on le droit d’être devant les nouveaux distributeurs automatiques de la SNCF « comme une poule qui a trouvé un couteau », et selon ses capacités et son tempérament, désemparé.e, impuissant.e, désespéré.e, énervé.e, exaspéré.e, révolté.e ?
Sachez que, si vous voulez être en règle, tous ces droits vous sont refusés par la SNCF dès lors qu’est fermé pour une raison quelconque le guichet ‘humain’ de votre gare, avec un employé en chair et en os qui essaie de comprendre ce dont vous avez besoin.
Ou alors, si vraiment vous estimez que vous avez le droit de voyager quand même, vous prenez le risque de devoir payer une amende d’une centaine d’euros pour un trajet qui aurait dû vous en coûter moins de dix.
« À nous de vous faire préférer le train », qu’ils osaient dire !
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2 commentaires
Commentaire de: francoise Membre
"À la SNCF, depuis qu’il y a des machines, acheter un billet, c’est devenu un enfer".
Dixit Aurélien Barrau.
Commentaire de: Marie-Louise Visiteur
En fait, ce ne sont pas les usagers qui sont bêtes ou ignorants, ce sont les inventeurs de machines qui ne sont pas au point et qui ne sont pas capables de proposer des engins qui fonctionnent facilement.
Un autre exemple, les parcmètres. Quel casse-tête quand on va à Chantilly et à Senlis! (Ce sont les mêmes parcmètres, les maires-acheteurs ont dû faire une commande groupée pour avoir une réduction.) Il paraît que l’on peut bénéficier d’une heure gratuite. Soit, c’est bien. Mais si j’ai besoin de rester deux heures, je n’ai jamais réussi à obtenir une heure gratuite et une heure payante.
Autre exemple : réservation de billets pour le théâtre. Aujourd’hui même j’ai dû prendre des billets pour deux amies, mal à l’aise avec le numérique. Elles savent écrire, envoyer des mails, mais impossible pour elles d’aller plus loin.
Autre exemple SNCF : à Luzarches le guichet pour la vente des billets n’est ouvert que le lundi de 8 à 10 h. Le reste du temps, c’est la machine!
Le numérique, c’est bien, c’est utile parfois, on va plus vite, ce qui nous semble mieux. (A discuter.) Mais que ce ne soit pas "le numérique ou rien". Que le choix demeure.
Je me souviens de mon cours d’histoire, je ne sais plus en quelle année. J’avais été frappée par la révolte des canuts à Lyon au XIXe, qui ont cassé les métiers Jacquard. Naïvement je me disais : mais pourquoi font-ils cela, c’est une invention utile pour eux, qui rendra leur travail plus facile. Ils avaient raison. Je l’ai su plus tard, et je pense souvent à eux quand je vais chez Carrefour ou Décathlon… peu à peu il n’y a plus de canuts, on a des machines. C’est formidable, on peut faire ses courses sans avoir à parler à un humain.
Heureusement à Coye on a le G20, et là on parle.

