Coye-la-Forêt : Un bois entier disparu… et des solutions pour éviter que ça recommence
Ce qui s’est passé
Sur le terrain du centre de bien-être, les nouveaux propriétaires ont fait abattre tous les arbres, y compris quelques-uns situés dans l’Espace Boisé Classé, sur 10 mètres de large le long de la route. Une évaluation écologique de la parcelle principale, non classée, aurait été réalisée par le PNR, mais son compte rendu n’a pas été publié, à notre connaissance, rendant impossible toute contestation.

Résultat : un écosystème entier a disparu en quelques jours, alors que les arbres coupés paraissaient en bonne santé (section
impeccable, feuillage abondant et verdoyant selon les observations sur place). Leur valeur économique, sociale et écologique aurait pu être évaluée grâce au Barème de l’Arbre : https://www.baremedelarbre.fr. Là encore, pas de trace.
Le jeune constructeur nous a confié : "On n’aime vraiment pas couper les arbres. Mais sur ce chantier, les instructions étaient de tout couper."
Sans transparence sur les expertises, et sans aucune protection de la majeure partie de la parcelle, impossible de s’opposer à cette coupe rase.

En conséquence, les dispositions du permis de construire, qui doivent être conformes au PLU et donc respecter les Espaces Boisés Classés (EBC) qui y figurent, ne peuvent pas être ignorées. Toute infraction à ces règles, ou à toute autre obligation stipulée dans le permis, doit faire l’objet de sanctions. En cas de manquement avéré, un recours pourrait être envisagé.
Pourquoi c’est inacceptable ?
- Biodiversité en danger : Les grands arbres abritent des nids, des pollinisateurs, des mammifères. Leur disparition fragilise tout l’écosystème local, fait augmenter la température et assèche durablement le terrain à plus long terme, surtout en bord de Thève, un milieu déjà sensible où l’absence d’ombre intermittente déséquilibre le milieu aquatique.
- Climat et cadre de vie : Moins d’arbres = plus de chaleur, moins d’oxygène, moins d’oiseaux, un village moins agréable.
- Patrimoine et valeur économique : Ces arbres faisaient partie de l’âme de Coye-la-Forêt. Leur abattage représente aussi une perte financière et écologique, mesurable grâce au Barème de l’Arbre.
Note : Il y aurait eu une expertise préalable, mais nous n’avons pas trouvé de trace de la publication d’un compte rendu. Il est d’ailleurs hautement improbable qu’une parcelle boisée aussi grande en bord de rivière n’ait aucune valeur écologique et n’abrite pas de nombreuses espèces attirées par la présence d’eau.
Comment éviter que ça se reproduise ?
D’autres communes l’ont fait. Nous aussi, nous le pouvons.
1. Utiliser les outils juridiques existants
- Espace boisé classé figurant déjà au PLU (cf. les articles L. 113-1 à L. 113-7, L. 121-27, L. 153-31, L. 153-34, L. 313-1, L. 421-4, R. 151-31 et R. 421-23 du code de l'urbanisme).
- Obligations Réelles Environnementales (ORE) : Protéger des arbres sur une parcelle privée pendant 99 ans, même en cas de revente.
- Déclaration des Droits de l’Arbre (2019, Assemblée nationale) : Reconnaît l’arbre comme un être vivant, pas un objet.
- Barème de l’Arbre : Un outil pour évaluer la valeur économique et écologique des arbres abattus, et justifier leur protection ou leur remplacement.
2.Adopter un Statut de l’Arbre dans le PLU
- Protéger les arbres existants : Interdire les abattages sans évaluation écologique préalable et publiée, surtout pour les arbres matures, les alignements ou les bosquets denses.
- Imposer des compensations réalistes et encadrées : 1 arbre abattu = plusieurs jeunes arbres plantés (avec des essences locales et adaptées, pas des photinias ou des palmiers!), ou un arbre de circonférence minimale de 14/16 cm, comme à Crépy-en-Valois.
- Créer des zones tampons : 20 mètres de protection autour des lisières forestières et des cours d’eau.
- Exiger un suivi du repeuplement : Les obligations de replantation doivent être précises (essences, nombre, délais) et leur mise en œuvre effective contrôlée.
3. Agir concrètement
- Réaliser un inventaire des arbres, corridors écologiques et écosystèmes critiques à protéger (avec les élus municipaux, le PNR, Coye en Transition, la LPO, les citoyens).
- Modifier le PLU pour que la protection de la biodiversité soit la règle de départ, pas une option, et que l’évaluation écologique soit systématique et transparente avant tout abattage.

L’abattage du bois du centre de bien-être est un signal d’alarme. Avec les outils qui existent (PLU, ORE, Barème de l’Arbre) et la volonté collective, nous pouvons faire de Coye-la-Forêt une commune exemplaire en matière de protection du vivant et urbanisme responsable.
La question n’est pas de savoir si on en a les moyens. La question est : quand est-ce qu’on commence?
Pour aller plus loin :
- PLU de Crépy-en-Valois (2023) :
https://crepyenvalois.fr/app/uploads/2023/04/Reglement.pdf
- Déclaration des Droits de l’Arbre :
https://www.arbre-patrimoine.fr/declaration-des-droits-de-arbre/
- Barème de l’Arbre :
https://www.baremedelarbre.fr
Partagez vos idées ou rejoignez-nous pour protéger les arbres de Coye-la-Forêt !
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4 commentaires
Commentaire de: LEBRET Claude Visiteur
Commentaire de: Alain Visiteur
Bien sûr qu’une commune doit penser l’activité économique, l’emploi et le logement. Personne ne le conteste. Mais présenter l’abattage d’un bois entier comme une simple « concession » nécessaire pose un vrai problème.
Une concession, normalement, suppose un arbitrage éclairé, transparent, proportionné. Ici, ce qui choque, c’est précisément l’absence de transparence sur les expertises, l’absence de débat public réel, et la disparition brutale d’un milieu vivant qui avait une valeur écologique, paysagère et sociale.
On ne peut plus raisonner comme si la nature était seulement une variable d’ajustement. Les arbres matures, les sols, les lisières, les zones proches d’un cours d’eau ne se remplacent pas par quelques plantations ultérieures. Il faut des décennies pour reconstituer ce qui est détruit en quelques jours.
Créer de l’activité et du logement ne devrait pas signifier accepter par principe la coupe rase. La vraie question est plutôt : comment construire, aménager et développer sans détruire systématiquement ce qui fait aussi la qualité de vie d’une commune ?
Être vigilant, oui. Mais être vigilant après coup ne suffit pas. Il faut des règles claires, des expertises publiques, des protections effectives et des compensations sérieuses. Sinon, le mot « concession » devient simplement une manière élégante de justifier l’irréversible.
Commentaire de: Marie-Louise Visiteur
On progresse! L’entrée de Coye-la-forêt donne le La. Les habitants ont-ils voulu cela? La destruction d’un milieu naturel pour un "centre de bien-être" à l’abandon. La coupe rase d’un bois pour la construction de bureaux. Une montagne de fumier pour le nettoyage des écuries. Il reste de la place. Dans le parc des Trois châteaux dont on ne sait que faire, on pourrait envisager un élevage intensif de poules.
Commentaire de: francoise Membre
Pour créer de l’activité économique et de l’emploi, pourquoi ne pas accueillir un data center, une plateforme logistique et un centre commercial ? Et s’il reste de la place, un hippodrome et une base de loisirs.
Il faudra pour cela abattre quelques arbres, nuire à la biodiversité, polluer un peu et supporter des atteintes à notre environnement. Certes, mais les dégâts seront limités puisque nous resterons vigilants.
De concessions en déréglementations, nous nous offrirons un avenir radieux.


il nous faudra, effectivement, être vigilant, mais pour créer de l’activité économique et donc de l’emploi ainsi que du logement, il nous faut faire des concessions.