Les Trois Châteaux : un lieu d’accueil, de soin et d’éducation
La Sylve – Conférence du 6 décembre 2025
Le samedi 6 décembre dernier, La Sylve proposait une conférence sur les Trois Châteaux, dans la salle « Claude Domenech » du centre culturel.
Lucienne Jean, de l’ALMA, a commencé son intervention en soulignant que le domaine des Trois Châteaux est encore fidèle à ce qu’il était au début du XXᵉ siècle.
Grâce à l’ouverture, en 1859, de la ligne de chemin de fer, Coye-la-Forêt est devenu, à partir de 1880, un lieu de résidence recherché du fait de l’environnement forestier et de la proximité de Chantilly et de Paris. Le château des Tilles est construit en 1897, celui de l’Hermitage en 1900 et le château de Forest-Lodge en 1905. Le château des Tilles fut la propriété de Monsieur Kraft ; l’Hermitage celle de Monsieur Decauville, constructeur de matériel ferroviaire à voie étroite.
Au début du XXᵉ siècle, le baron de Neuflize, qui fut régent de la Banque de France, achète les deux châteaux et fait construire celui de Forest-Lodge pour son fils. Chaque château se veut la réplique d’un autre bâtiment : celui des Tilles d’un château normand, celui de l’Hermitage d’un château du Kent (région du sud de l’Angleterre), Forest-Lodge de la Maison-Blanche et le pavillon des jockeys du hall de la gare de Lyon. Le baron meurt en 1928. Ce décès marque la fin de la période fastueuse des châteaux.
En 1943, les châteaux des Tilles et de l’Hermitage sont cédés à une association suédoise de bienfaisance. Dès 1944, des enfants victimes de la guerre sont accueillis. En 1949, Monsieur Wersman, ambassadeur de Suède, remet officiellement le domaine au Département de la Seine. Le troisième château est acquis en 1952.
Puis Lucienne Jean a cédé la parole à Claude Lebret, dernier directeur des Trois Châteaux, qui a indiqué que, dans les années 50-60, le site héberge des enfants atteints de la poliomyélite. Dirigé par le docteur Figot, chirurgien des Hôpitaux de Paris, le centre de Coye-la-Forêt disposait de personnels qualifiés, dont une doctoresse, une kinésithérapeute, une infirmière, deux institutrices et de nombreuses assistantes, monitrices et employés.
Il faut savoir qu’en 1949, Madame Mallet, de la Croix-Rouge française, s’est rendue au Brésil pour susciter la générosité d’un peuple ami de la France. C’est pour cela que les drapeaux du Brésil, de la France et de la Croix-Rouge flottaient à l’entrée du site.
En 1953, le centre franco-brésilien recevait 79 enfants, dont 73 atteints de la poliomyélite.
Il faut souligner que le centre embauchait beaucoup de jeunes femmes venant d’écoles d’aide-ménagère, comme celle de Wassy, dans la Haute-Marne, à l’exemple de Liliane Petit ou de Patricia Gil, que beaucoup de Coyens connaissent (elles ont travaillé 43 ans).

À partir de 1990, l’Association de Groupement Éducatif, émanation de hauts fonctionnaires de la Ville de Paris, dont le but était de créer des centres de vacances, prend la gestion du domaine des Trois Châteaux.
L’établissement a compté près de 90 salariés.
La prestation d’internat scolaire et éducatif accueillait les enfants, leur permettant une scolarité et une personnalisation de leurs projets. Ils ont bénéficié, de la moyenne section de maternelle à la 3ᵉ, non seulement d’une scolarité renforcée, mais aussi d’un accompagnement éducatif, de soins médicaux et d’écoute psychologique.
Beaucoup d’entre eux, issus de milieux défavorisés, ont découvert des activités sportives et culturelles.
Les enfants arrivaient de Paris le dimanche soir et repartaient dans leurs familles le vendredi soir.
Le site pouvait accueillir 170 enfants, essentiellement du primaire avec l’école interne, et du secondaire, les jeunes étant scolarisés aux collèges de Lamorlaye et de Chantilly.
Pendant les vacances scolaires, l’établissement recevait les enfants des centres aérés de Paris.
Partenariat : en 2009, l’établissement a finalisé un partenariat avec la maison de retraite de Lamorlaye. Les jeunes allaient sur Lamorlaye et, plus rarement, des résidents venaient aux Trois Châteaux pour des manifestations festives.
Bénévolat : de septembre 2011 jusqu’en juin 2012, l’internat a eu recours, sur le château de l’Hermitage, à deux bénévoles dans le cadre d’une activité couture auprès des filles de CM2.
Cette activité ayant rencontré un franc succès, il a été décidé de transposer cette initiative au soutien scolaire et ainsi, d’avril à juin 2012, de faire appel à Jacqueline Scorzato, professeure de mathématiques à la retraite, pour aider les élèves de 3ᵉ à la préparation du brevet.
Au vu de ces expériences bénéfiques pour les jeunes, il a été décidé, pour l’année scolaire 2012-2013, d’élargir ce soutien individuel par le recours à davantage de bénévoles, comme le prévoyait le projet d’établissement 2010-2015. Par l’intermédiaire de La Sylve, et grâce à l’implication de Jacqueline Scorzato, de nouvelles personnes ont participé à l’aide aux devoirs : Andrée Lebris (institutrice), Nathalie Aguettant (économiste), Laurent Garret (professeur de mathématiques), Patrick Nicaise (scientifique), Gisèle Lormet (employée de banque), puis Martine Tence (chercheuse et formatrice).
8 324 enfants ont été accueillis de janvier 1990 à juin 2017.
La Ville de Paris a décidé de mettre un terme, le 15 juillet 2017, à l’accueil d’enfants bénéficiaires d’une bourse d’étude, après la décision du rectorat de Paris de fermer l’école élémentaire des Tilles.
Puis Claude Lebret a lu le témoignage d’une bénévole, Martine Tence, qui « garde un souvenir plein d’émotion de ses relations avec les jeunes et le personnel ».
Cécile Scorzato, cheffe de service éducatif, et Delphine Maynadie, éducatrice spécialisée, ont explicité la prise en charge éducative autour des apprentissages scolaires, de la vie quotidienne ainsi que des activités sportives et culturelles.
En fin d’après-midi, Michèle Delzenne, institutrice, a témoigné, tout comme Michèle Decanis, qui a été en colonie pendant les vacances scolaires dans les années 1950.
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