ENTRETIEN AVEC BERNARD FORTICAUX
Une vie de cheminot
Bernard a fait le compte : durant toute sa vie, depuis qu'il était enfant, il a demeuré dans vingt endroits différents, non par inconstance, mais d'abord parce que son père était cheminot et parce qu'il a suivi la même voie (de chemin de fer).
Retraité depuis 2016, Bernard a fait toute sa carrière à la SNCF, ce qui lui a permis une vie professionnelle très variée et très enrichissante, car au sein de la même entreprise on pouvait exercer différents métiers (mécanique, entretien du matériel, conduite, et même gestion du patrimoine immobilier...) grâce aux formations et aux promotion internes. Bernard a été représentant du personnel à l'UNSA pendant 10 ans. Il a fini sa carrière comme agent de maîtrise. Dans le cadre de l'entreprise, il pouvait bénéficier aussi d'une excellente médecine du travail. Et puis il y avait les "services sociaux" qui proposaient des "maisons familiales" pour les congés des salariés et des colonies de vacances pour leurs enfants. Tout cela tend à disparaître. Bernard redoute aujourd'hui que le réseau soit privatisé : d'après lui, ce serait catastrophique, les logiques financières prévalant sur le souci de la sécurité, on peut craindre une dégradation dangereuse des infrastructures.
La nature, le sport et la vie démocratique
Très tôt Bernard a appris à aimer la nature et à la respecter ; enfant on faisait du camping sauvage en famille, et le père veillait à ce qu'on ne laisse traîner aucun déchet quand on s'en allait. Cela faisait partie de l'éducation. Plus tard, Bernard a fait son service militaire dans les Chasseurs alpins ; il a pratiqué tous les sports de montagne : la randonnée, le ski, l'escalade. Très sportif, il pratique également le foot et le vélo.
Se situant politiquement dans la gauche modérée, il estimait important, pour qu'il y ait pluralité et débat démocratique, que pour les prochaines élections une deuxième liste se présente face à celle du maire sortant. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Bernard se porte candidat à des élections municipales : il l'avait déjà fait, lorsqu'il habitait à Saint-Marcellin dans l'Isère. Il y avait alors quatre listes en présence et son souci principal était alors l'écologie. En effet, il connaît la montagne, il voit la fonte et le recul des glaciers, les redoux trop précoces, les effondrements.
L'éco-anxiété
Face au changement climatique et aux catastrophes qu'il provoque, il y a deux attitudes possibles : faire l'autruche, regarder ailleurs, nier le problème et se dire, égoïstement, que c'est pour ailleurs (les pays du sud) ou pour plus tard (les générations futures) ; ou bien, lucidement, écouter ce que tous les scientifiques nous confirment, et dès lors s'angoisser en pensant à ce qui va nous arriver. Bernard appartient à la deuxième catégorie. De ce fait, il comprend que ses deux filles, aujourd'hui adultes, ne fassent pas d'enfants, si c'est pour leur laisser un monde inhabitable. Il se souvient avoir eu un sujet de rédaction, lorsqu'il était en classe de troisième au collège sur le thème : Vouloir des enfants, est-ce égoïste ou pas ? Aujourd'hui la question peut effectivement se poser.
Lorsqu'on est angoissé face à un danger qui nous menace, le mieux c'est de ne pas rester seul et d'agir. Quand il arrive quelque part, Bernard prend immédiatement contact : c'est ainsi que n'étant à Coye-la-Forêt que depuis quatre ans, il a immédiatement rencontré les adhérents de Coye en Transition (CeT). Il fait partie par ailleurs du "Cyclorrigeois" (association cycliste à Orry-la-Ville) et de l'association coyenne "Pas à Pas" (marche nordique).
Les mobilités douces
Quand on est cheminot de père en fils, c'est un peu dans les gènes, on aime le collectif, les transports en commun et les mobilités douces. C'est pourquoi, avec Coye en Transition, Bernard a participé activement à la réflexion sur le plan de mobilité dans notre commune, avec l'idée de limiter la place de la voiture individuelle : de nombreuses réunions, regroupant de nombreux participants, très animées, ont eu lieu sur le sujet ; et qu'en est-il résulté finalement ? Il reproche à notre maire actuel d'avoir dépensé inconsidérément l'argent du contribuable pour payer une société d'études qui au bout du compte n'a abouti à quasiment rien. Force est de constater en outre que dans notre village, les trottoirs, souvent trop étroits, sont en mauvais état ; il faut donner plus de place aux personnes à mobilité réduite, aux enfants et aux poussettes afin que toutes ces personnes vulnérables puissent se déplacer confortablement et en toute sécurité.
Avec CeT, il a participé à l'accompagnement des collégiens à vélo jusqu'à leur établissement scolaire Françoise Dolto, à Lamorlaye, car en dehors de son aspect de sensibilisation à l'écologie, cette opération avait le mérite de réunir des adultes et des préadolescents ; Bernard attache de l'importance aux rencontres intergénérationnelles. Les enfants lui manquent !
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