Et pour finir... ENTRETIEN AVEC MARIE LOUISE BARNIER
À l'autoportrait qu'elle s'est résignée à écrire, il faut ajouter que depuis un mois Marie-Louise a rencontré bon nombre de candidats – qu'elle connaissait de longue date ou qu'elle voyait pour la première fois – et qu'elle a rédigé, cette fois encore – après les comptes rendus de conseil municipal, les billets d'actualité ou les critiques théâtrales – de nombreux articles pour coye29 que, depuis sa création à laquelle elle a contribué, elle a toujours eu à cœur de faire vivre.
Une pointe de nostalgie pour commencer… Je participe cette année à ma cinquième campagne dans la liste de gauche en vue des élections municipales à Coye-la-Forêt, et j’ai constaté avec stupéfaction, joie ou consternation – selon le jour – que je suis la doyenne de notre liste. J’ai donc de nombreux souvenirs…
Coye29 (prononcer Coye de neuf)
En 2001, quand Philippe Vernier devint maire, j’ai été élue sur la liste de gauche menée par Dominique Ternaux, nous étions cinq élus de l'opposition ! Victoire pour une commune située à droite.
En 2008, je n’ai pas été élue, ce qui m’a permis d’assister en observatrice aux conseils municipaux. C’est à cette époque qu’un membre de notre liste a proposé de mettre ses compétences informatiques au service des élus de gauche en créant le blog coye29.com. Ce serait pour eux un lieu de totale liberté d’expression, ainsi que pour les Coyens qui pourraient être informés et écrire aussi. Nous ne nous sommes pas privés.
L’opposition
En 2001, le compte rendu de conseil municipal rédigé par la mairie était affiché sur une feuille punaisée dans une vitrine. Quand vint internet, les habitants purent le lire sur le site de la mairie. Mais il paraissait avec bien du retard. Donc coye29, qui assistait aux conseils, eut l’idée de faire « son » propre compte rendu avant celui officiel de la municipalité, de rapporter les faits et les décisions, certes, mais assortis de commentaires, et parfois de photos. Nous l'avons fait pendant des années. Ce fut une époque passionnante, époque de reportages, de pétitions… contre l’abattage des peupliers du chemin des Vaches et contre le projet du "cœur de ville" qui annonçait la suppression de l’école du Centre.
Parenthèse
(Ce projet du "cœur de ville" – assorti d’une étude coûteuse – avait prévu l’installation d’une nouvelle bibliothèque.
Lors de ma première visite, j’ai vu tout de suite qu’elle était trop petite. La section adulte placée à l’arrière est sombre, les allées étroites et peu nombreuses, on peut à peine se croiser entre les rayonnages. Aucun espace de travail, de lecture, de rencontres. On ne peut même pas s'asseoir pour feuilleter un livre. Contrairement à l'ancienne bibliothèque, il n'y a plus d'espace suffisant réservé aux enfants. Pas de place pour les animations. Aussi mon étonnement fut-il grand de lire dans la brochure électorale de François Deshayes que l’agrandissement de la bibliothèque était au programme. Et on nous parle de bonne gestion ? Il aurait été plus judicieux que le maire sortant et ses adjoints, dès le départ, soient plus prévoyants en ayant une vision ambitieuse de ce lieu qui doit être vivant et en mesure d'accueillir du monde. Dès l'ouverture on a vu qu'elle ne répondait pas aux besoins et qu'il y avait eu une erreur de conception.)
Le conseil municipal du maire sortant
C’est en assistant aux conseils que l’on voit le rôle de l’opposition. Dommage, les habitants viennent très, trop rarement. Ils ont peur de s’ennuyer et ils ont en partie raison. Car la plupart des conseillers de la majorité municipale ne s’expriment pas. Certains ne disent pas trois phrases en six ans. Le silence règne. La parole est au maire et aux adjoints qui présentent ou lisent leur copie. Pour cette raison, on a besoin en conseil d’une opposition qui s’exprime. Et l’opposition de gauche s’est toujours mobilisée, n’est jamais restée muette. Le maire a besoin d’une opposition qui crée la dynamique, demande des précisions, conteste, refuse, propose.
Le théâtre
À part les conseils municipaux et l’écriture pour coye29, (j’aime l’écriture, j’ai été professeur de lettres), j’ai découvert à Coye le théâtre. Quand j’ai cherché à m’y installer en 1978, je suis allée à la mairie demander la liste des associations, et j’ai été surprise de constater qu’il y en avait un bon nombre. Je me suis dit : c’est bon signe pour les enfants. Puis sur la porte de l’épicerie, j’ai vu l’annonce d’une représentation de pièce de théâtre dans le préau de l’école. Alors là je me suis dit : Le village est vivant.
Je ne m’étais pas trompée. Je suis devenue la fidèle spectatrice du Théâtre de La Lucarne. Avec Claude Domenech, le metteur en scène, j’ai ensuite pris des cours de théâtre et intégré la troupe. De belles années…
Enfin en 1982, quand le centre culturel a été construit, j’ai accompagné Claude Domenech, Jean-François Gabillet et bien d’autres dans la création du Festival théâtral de Coye-la-forêt. Et là c’est une autre histoire à raconter, une histoire qui dure encore. Je vous en fais grâce. Et d’ailleurs, Jean-Claude Grimal écrit un livre sur le sujet… Je suis maintenant une simple spectatrice passionnée et, chaque mois de mai, j’assiste à tous les spectacles.
Je suis sûre qu’il y a à Coye-la-Forêt un air spécial qui mobilise les habitants, qui donne de l’élan, l’envie de vivre, de créer, d’innover, de rassembler. La forêt ? Le poteau des Écouteurs ? Le château de La Reine blanche ? La source ? Le poudingue ?
Ce qui est certain, c’est que je ne voudrais pas finir ma vie ailleurs.
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