ENTRETIEN AVEC NOOR STOKWIELDER
Une citoyenne européenne...
Comme son nom peut le laisser entendre, Noor n'est pas française. Elle est néerlandaise. Mais étant d'une nationalité européenne, elle peut voter aux élections municipales et elle peut même être candidate. Elle a 42 ans, est mariée et a une fille de 12 ans, au collège Françoise Dolto de Lamorlaye. Elle parle, lit et écrit couramment le néerlandais bien sûr, mais également l'anglais et le français. Elle a longtemps fait, dans ces trois langues, de la traduction technique et commerciale pour différentes entreprises, mais ce travail est désormais sévèrement concurrencé par l'intelligence artificielle. Cependant Noor n'est pas du genre à se laisser abattre, elle a de nombreuses cordes à son arc ; il faut savoir s'adapter, dit-elle, et se préparer à l'avenir de façon positive, il y a toujours une solution.
ayant choisi de vivre à Coye la Forêt
Après avoir beaucoup voyagé et souvent déménagé (elle a grandi dans un village, puis est partie un temps vivre à Amsterdam, elle est allée plusieurs fois en Chine pour ses études et le travail, puis elle a habité à Vanves, ensuite à Clichy...), elle a maintenant posé ses valises à Coye-la-Forêt où elle habite depuis six ans.
Une chose est certaine, c'est qu'elle aime le village et qu'elle l'a adopté au point de vouloir s'y investir, afin qu'à l'avenir on y vive encore mieux qu'aujourd'hui. Noor est très liante, tournée vers les autres, et elle s'est rapidement intégrée dans le village : dès son arrivée, elle a pris contact avec ses voisins, avec d'autres parents d'élèves... et surtout, ayant eu connaissance de l'association Coye en Transition, elle y a tout de suite adhéré et elle s'y montre d'emblée très active. Elle fait aujourd'hui partie du bureau de l'association et elle anime des activités pédagogiques de jardinage à l'école des Bruyères, avec Ludovic Albarracin et des actions de sensibilisation pour les éco-délégués du collège Françoise Dolto, avec Vincent Pradel et Matthieu Fontaine.
une citoyenne impliquée écologiquement...
Car, Noor en est persuadée, il y a des choses à faire, ici, concrètement, avec un impact immédiat. Elle a très envie de lancer des projets collectifs auxquels pourraient participer tous les volontaires, ce qui permettrait tout à la fois d'avancer dans le sens de la transition écologique (et ce, de façon peu coûteuse) et de créer du lien en impliquant la population dans l'amélioration de son cadre de vie. Il existe un peu partout en France quantité d'initiatives heureuses dont on pourrait s'inspirer. Elle regrette par exemple qu'il n'y ait pas plus d'intervention des parents dans les écoles. Il faut être engagé ! Il faut briser les cadres, décloisonner, sortir de la routine, avancer, et sans doute aussi changer un peu nos habitudes. Noor est pleine d'une énergie communicative.

Par exemple, elle trouve excessifs en France l'argent et l'espace consacrés à la voiture par rapport à ceux réservés aux piétons et aux mobilités dites douces. Certes, à Coye-la-Forêt il y a une route très fréquentée qui traverse le village. C'est une difficulté. Mais il faut réfléchir collectivement et trouver le moyen de créer un espace public apaisé où les piétons, les enfants et les personnes âgées notamment, puissent circuler en toute tranquillité. Noor vient d'un pays où la bicyclette est reine. Elle n'hésite pas à dire que les Pays-Bas sont le pays où les enfants sont les plus heureux au monde. précisément parce qu'ils sont beaucoup plus libres qu'ici de sortir dans l'espace public et d'y circuler en toute sécurité.
socialement...
Noor a toujours eu la fibre sociale. Elle fait du bénévolat, de différentes manières, depuis l'âge de seize ans ; à la fac, elle participait au conseil étudiant. Quand elle habitait à Clichy, elle était bénévole à la Croix Rouge, dans un établissement un peu similaire au vestiaire de Sofie, où l'on recueillait puis distribuait des vêtements et des objets aux personnes en difficulté. C'est dire qu'elle est ouverte aux autres et toujours prête à s'impliquer pour la collectivité.
politiquement...
Elle vient d'un pays où l'on cultive le consensus, où l'on ne peut gouverner qu'en créant des coalitions. Il faut donc savoir écouter, négocier, avancer sur les points d'accord au lieu de s'enfermer dans des rivalités paralysantes. Si jusqu'à présent Noor n'a jamais fait de politique à proprement parler, elle se situe nettement à gauche. D'ailleurs pour elle l'écologie est forcément de gauche, parce qu'elle se soucie du bien commun : en se préoccupant de l'habitabilité de la planète dans l'avenir, elle œuvre pour l'humanité toute entière. Et on ne pourra faire progresser les idées écologistes et la nécessité de les mettre en œuvre, que si on le fait dans une perspective sociale, d'entraide et de soutien aux plus démunis, d'autant que c'est eux qui auront le plus à souffrir du changement climatique.
pour l'avenir de la commune
Que la liste "L'écologie et la gauche réunies" gagne les élections ou pas, Noor, en deuxième position, sera forcément élue ; elle est jeune et optimiste, elle envisage cette perspective avec enthousiasme.
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