ENTRETIEN AVEC DOMINIQUE DERRIEN-CHARPIOT
Dominique ou la polyphonie
C’est d’une conversation détendue que Dominique avait besoin après sa journée de travail pour me dire quelques mots d’elle-même, avec discrétion, de sa famille, de ses goûts artistiques, d’une profession qu’elle a aimée et qu’elle exerce encore après sa retraite, « quand on a besoin de moi », dit-elle modestement. Et bien sûr de son engagement pour les élections municipales.
Du Doubs à la Picardie
Ses études, sa rencontre avec celui qui deviendra son mari, Thierry Charpiot, ce pan de sa vie s’est déroulé à Besançon où elle a aimé vivre. Comme celui-ci, comédien, avait besoin de se rapprocher de Paris, en 1993 ils ont cherché un lieu où ils aimeraient habiter dans les environs. Ce fut à Coye-la-forêt, dans la Résidence du Regard, où des appartements étaient à louer. « Les débuts ne furent pas très faciles, dit Dominique, car les Picards sont plutôt froids… mais nous avons peu à peu fait connaissance avec les parents des enfants que les deux nôtres côtoyaient à l’école. Et leur amitié a duré. »
L’orthophonie
Dominique est orthophoniste et exerce, non dans le privé, mais dans des Instituts médico-éducatifs (IME), auprès d’enfants en situation de handicap. À son arrivée dans l’Oise, elle a trouvé un poste au Centre Rabelais d’Agnetz, Langage et Intégration, puis à l’IME de Saint-Leu d’Esserent, Le Clos du Nid. Elle intervient auprès d’enfants de tous âges, à l’Institut et à domicile. « La surdité, il faut s’en occuper dès qu’ils sont bébés, les parents ne le savent pas toujours. Dès l’arrivée du bébé on commence l’apprentissage. Au Centre d’Agnetz, je me suis occupée d’une petite fille de 16 mois… elle a eu son Bac, le BTS et elle a trouvé du travail. »
Enthousiaste, Dominique emmène les adolescents et les adultes sourds au théâtre, au Festival de Coye-la-forêt par exemple, dès qu’elle repère une pièce qui leur convient. Ainsi elle leur a proposé « André et Dorine », puis « Solar ». Elle se rappelle avec joie : « À la fin de la pièce, au moment du débat dans le hall avec les comédiens, ils étaient tellement contents qu’ils ont voulu rester. Comme je connais assez bien la langue des signes, j’ai tout traduit ! Et ce fut une excellente soirée. »
… Le théâtre, la musique…aussi
On l’a déjà dit, la voix occupe une place importante dans la vie de Dominique. Son mari étant comédien, elle gravite autour du théâtre – et c’est encore un langage – elle vient au Festival théâtral de Coye-la-forêt, va en Avignon, à Paris. Comme elle aime aussi chanter, elle a pris des cours de chant avec une cantatrice à Besançon et a fait partie d’une chorale à Coye.
Et votre engagement dans les élections municipales ?
« Les élections, c’est une première expérience pour moi. Claude Lebret m’y a entraînée. Thierry l’a connu aux Trois châteaux, où il faisait des ateliers théâtre avec les enfants. Et j’ai fait moi-même sa connaissance à la bibliothèque, lors de la rencontre du matin Thé ou Café avec des habitants du village, deux fois par mois. Il m’a convaincue de m’inscrire sur sa liste, d’autant plus facilement que j’ai toujours été de gauche. »
Pour quel projet ?
« Le projet qui m’intéresse est en rapport avec mes compétences éducatives, l’enfance et la petite enfance. Je pense qu’il serait utile de créer ce que j’appellerais une maison de l’enfance et de l’adolescence, un lieu pour les écouter, leur donner des informations, au moins créer une ligne d’écoute. Il faut creuser le sujet, chercher des pistes pour améliorer leur situation, mettre en place autre chose que des interdits. On prend souvent le problème à l’envers. L’écoute des adolescents est importante. »
Merci Dominique, on a besoin aujourd’hui de cette sensibilité et de ce regard bienveillant sur la jeunesse. Celle-ci tient une place importante dans la vie de la cité et doit faire partie des priorités d’un conseil municipal.
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