Les papiers torchons (après les gobelets en carton)
Dans les commentaires qui ont suivi l'article concernant les gobelets en carton où j'expliquais que, de façon complètement contrintuitive, les gobelets en carton pèsent plus lourd écologiquement que les gobelets en plastique jetables désormais interdits, Marie-Louise posait une question ainsi formulée :
Mon souci est comment se passer de papier essuie tout ? Pour éponger des graisses par exemple, avant lavage ? s’ils sont dégradables, peut-on les composter ou les mettre dans la poubelle alimentaire, via le bio-seau ?
Nous étions tous très occupés par les élections municipales et j'ai donc tardé à répondre.
En préambule il me faut rappeler cette évidence : que, comme le colibri, chacun fasse sa part, c'est bien mais cela ne suffira pas ; pour éteindre l'incendie, il faut des canadairs, c'est-à-dire une volonté politique globale et une prise en charge collective pour répondre au problème systémique que constituent le réchauffement climatique et la destruction des conditions d'habitabilité de notre planète.
Pourtant les "petits gestes" sont utiles à plusieurs titres :
- objectivement, comme tout s'additionne, et que les petits ruisseaux font les grandes rivières, tout ce qui évite d'augmenter la pollution et la production de gaz à effet de serre est positif ;
- subjectivement, ça fait du bien de mettre ses actions en conformité avec ses pensées et d'être en accord avec soi-même ;
- socialement, c'est important de rappeler par son propre comportement que la consommation aveugle est une mauvaise chose et qu'il faut en être conscient ; en outre, en montrant l'exemple et en banalisant le geste, on le fait rentrer dans la norme sociale.
Je me souviens, il y a une trentaine d'années, quand j'étais au marché, avant qu'il me serve, je tendais au producteur de légumes, un sachet en papier plus ou moins froissé ou même parfois un sac en plastique, afin qu'il y mette la marchandise que je voulais acheter. J'avais l'impression d'être la seule à faire ça, ça faisait un peu clodo, un peu Diogène, un peu bizarre quand même. Je constate qu'aujourd'hui, pas tout le monde certes, mais quand même, il y a pas mal de gens qui agissent ainsi ; ça ne choque plus personne et ça économise autant de sachets neufs.
On pourrait revenir aux consignes, ce ne serait pas si contraignant que ça, juste une question de discipline. Quand j'étais gamine, à la cantine chaque élève apportait sa serviette de table, bien pliée dans une pochette dite "porte-serviette", le tout rangé dans le cartable. Est-ce qu'on imagine les millions de tonnes de papier gaspillés chaque jour ?
Alors, qu'en est-il du papier-torchon, également appelé "sopalin" ou essuie-tout ? Si possible il faut l'acheter emballé dans du papier, plutôt que dans du plastique. Il faut, bien sûr, en faire un usage modéré. S'il a servi à essuyer un produit "toxique", il devra être jeté dans la poubelle grise. Mais en effet, s'il a servi à essuyer le gras dans le fond d'une poêle, il pourra se retrouver avec les déchets alimentaires.
Pour ma part, je n'utilise plus du tout le papier-torchon : je découpe des vieux tissus de coton (draps déchirés, torchons , serviettes et même chemises, sous-vêtements et autres tee-shirts usés), j'en ai une petite provision à disposition dans la cuisine, je les remets dans la lessive la plupart du temps ou je les jette à la poubelle grise, en déchets ultimes, si vraiment ils sont trop souillés ou s'ils ont servi à essuyer des produits polluants.
En principe, tous les tissus en fibre végétale (lin, coton, jute...) et naturelle (laine, soie, etc.) peuvent être mis au compost. Connaissez-vous le fameux « test du slip » ?
Vous enterrez un slip 100 % coton, blanc et de préférence de qualité bio, dans une petite tranchée de 15 cm de profondeur, en perturbant le moins possible la structure du sol et en prenant soin de le placer verticalement, avec l’élastique qui dépasse du sol (ça vous servira d'indicateur pour retrouver l’endroit). Vous refermez, toujours en ménageant le sol. Après deux ou trois mois, vous déterrez le slip et vous observez la dégradation qu'il a subie du fait des micro-organismes (bactéries et champignons) qui s'en sont nourris, dégradation plus ou moins prononcée en fonction de la "richesse" du sol.
Attention cependant car la plupart des vêtements modernes sont teint chimiquement et fabriqués avec des tissus composites incluant une proportion (possiblement faible, certes, mais quand même !) de fibres plastiques (nylon, élasthanne, etc.) ; dans ce cas le compostage n'est pas indiqué (les fibres plastiques ne se décomposeront pas mais seront pratiquement impossibles à extraire du compost). Parfois, le tissu est 100 % coton, mais les coutures sont en nylon ou en polyester pour une meilleure résistance. Tout est normalement écrit sur l'étiquette ; en cas de doute, mieux vaut s'abstenir : des micro particules de plastique, il y en a déjà partout, inutile d'en rajouter !
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