Le muguet
Vous est-il déjà arrivé de passer en forêt à côté d’un vaste espace couvert de muguet en fleur ? Cela embaume délicieusement. Vous vous arrêtez longuement pour humer et savourer, remercier la nature pour ce cadeau.
Si cela vous est arrivé, vous avez bien de la chance.
Car dès qu’un brin de muguet ouvre quelques clochettes, un passant va le cueillir pour en profiter, ou pas, chez lui.
Si vous demandez pourquoi ne pas laisser cette fleur croître dans son milieu naturel où elle profitera à nombre de promeneurs et où elle vivra bien plus longtemps que dans un vase, on vous répondra que si on ne la cueille pas, quelqu’un d’autre le fera. C’est hélas vrai et c’est bien dommage.
Le muguet n’est qu’une humble fleurette inoffensive. Mais combien d’autres domaines où ce raisonnement mène au pire !
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Il nous faut effectivement réfléchir à cette attitude si fréquente qui consiste à s’approprier, pour son petit plaisir personnel et sans y penser, quelque chose qui appartient à tous : le muguet dans les bois, les jonquilles…
Il y a quantité d’autres exemples qu’il nous faudrait repérer et dénoncer. Ces gestes peuvent être anodins ou gravissimes. Ainsi a-t-il fallu adopter une loi dite « loi littoral » (du 6 janvier 1986) pour s’opposer à la privatisation des bords de mer, loi remise en cause par Emmanuel Macron dès 2018 et qui depuis subit de nombreuses dérogations, alors que depuis des décennies la collectivité avait peu à peu repris possession des bordures côtières.
Plus grave : la construction des méga-bassines remplies avec l’eau pompée dans les nappes phréatiques au profit de quelques accapareurs qui arrosent le maïs destiné à l’élevage animal industriel, des animaux producteurs de méthane qui contribuent au réchauffement climatique et qui crèvent de la canicule en partie provoquée par la culture intensive qui les nourrit. Spirale infernale des causes et des effets.