Les associations, c’est politique
Les associations, c’est politique. Aux temps des rois, les associations agissent clandestinement. La Révolution dissout toutes les communautés religieuses et autres confréries charitables et interdit les associations d'ouvriers ou d'habitants qui veulent défendre leurs intérêts. Sous Napoléon, puis pendant le siècle qui suit, les associations populaires restent interdites et durement réprimées. Votée le 1er juillet 1901, par Pierre Waldeck-Rousseau, alors Président du Conseil, la loi consacre le droit à toute personne de créer une association sans autorisation préalable, tributaire uniquement du consentement de chacun. La liberté d'association devient un droit constitutionnel reconnu par les traités internationaux . Donc c’est politique. Les associations sont les briques des murailles de notre démocratie. Plus que l’entreprise qui orchestre l’organisation des tâches, la productivité du travail et consacre la hiérarchie sociale, l’association pense le partage des confiances et la mise en commun des espérances. L’histoire des sociétés, des firmes et des compagnies s’est déroulée dans l’ombre, sur l’autel du rendement et du bénéfice jusqu’à créer des empires, des pieuvres internationales au fond d’abîmes défiscalisés. L’association est moulée sur le modèle du bénévolat et de la collaboration désintéressée. Bien sûr l’humain reste l’humain. Les associations sont les champs clos des ambitions et des petits pouvoirs internes. En en sortant à temps, on peut débouler dans les jeux de quilles des compétitions électorales et des luttes partisanes. La vie sociale pourrait-elle se construire sur des structures uniquement associatives ? Fondées sur l’envie de communier sur ce qui dépasse l’intérêt individuel, elles solidarisent les efforts, construisent le collectif. Il y a une recherche de dépassement dans la vie associative peut-être même de transcendance. La vie entrepreneuriale cultive plus le pragmatisme et l’efficacité. Toutefois le moteur de l’entreprise, c’est l’accroissement, mesuré à l’aune du maître profit, en platine iridié, conservé dans les greniers des chambres de commerce et les sous-sols des établissements boursiers. Ô, Profit ! Quelles horreurs ont été commises en ton nom ! Alors oui, les associations, c’est politique.
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