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Commentaire de: Jacques Bona [Visiteur]
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Le théâtre est un art complexe, on le sait bien ; la relation qui s’établit de la scène à la salle pendant la représentation est non seulement fluctuante dans sa durée, mais elle est différente pour chaque spectateur selon son état réceptif de l’instant. Pour ce qui me concerne pendant une représentation, je suis en général curieux de ce qui arrive sur la scène, mais j’ai aussi une grande aptitude à somnoler, défaut que je n’impute pas forcément aux acteurs.
Quoi qu’il en soit, je suis heureux que Jacqueline explicite l’esprit du spectacle parce que j’ai été submergé par la touffeur de son texte, par la façon paradoxale de sa conduite dramatique d’égarer l’auditeur sur des chemins labyrinthiques, par l’exposition d’images plus ou moins claires : en effet, l’aventure n’était pas de tout repos et a provoqué chez moi de nombreux décrochages!
Autrement dit, ces Débris ne s’adressaient pas à ma compréhension directe de spectateur. Pour autant ils me paraissent aujourd’hui intéressants car ils posent la question d’un contenu mystérieux de l’art théâtral : comment se fait-il qu’en dépit des contraintes qu’un spectacle difficile peut faire éprouver à un spectateur, un charme discret agisse à son insu et s’impose à lui après les applaudissements ou les atterrements de circonstance ?
Pas de réponse ! Je peux seulement affirmer que l’entreprise était assumée d’une façon exigeante par ses auteurs et participants : un travail sérieux de création a été effectué. Les comédiens ne ménageaient pas leur énergie et leur talent ; ils se tenaient au service d’une idée de théâtre à laquelle ils faisaient confiance. L’auteur metteur en scène a voulu exprimer quelque chose d’important pour lui qu’on peut vraisemblablement mettre en relation avec l’argument de la pièce présentée l’an dernier (passage d’un être —ou d’une âme ?—vers un autre monde, accompagné par une sorte de pythie, peut-être une allégorie de la mort). Cette année, je crois comprendre que le personnage central, ou plutôt son esprit, interprété par Rémy Chevillard, se trouve tourmenté dans le présent, pris en sandwich entre les deux autres divisions du temps, le passé et l’avenir. Bien obligé, comme tout un chacun, de supporter cette situation qu’il sait être un passage constamment renouvelé à chaque microseconde, il renâcle à oublier celui qu’il était dans le passé —représenté par une silhouette qui s’estompe dans l’ombre ou s’enrichit de paillettes dans le souvenir—pour devenir cet autre naïf —représenté par un aimable patineur en rollers— piégé dans un environnement de banalisation sociale qui a priori ne lui convient pas. L’ensemble de la pièce serait donc le récit (crypté !) et l’exposition des affres mentales de ce jeune homme en perpétuel devenir, forcé de suivre le cours de sa vie et perdant avec douleur ses illusions de liberté et de libre arbitre.
Conclusions personnelles provisoires, dans le désordre et discutables :
• L’auteur désirant être pris au sérieux, laisse un peu l’humour de côté
• L’ambition de son propos est attirante avec une certaine candeur (voir la présentation — le désir de renouveler le théâtre— quasi romantique). Il augure d’un avenir intéressant s’il veut bien « élaguer ». Tient-il à être clair ? L’obscurité peut être accusée de cacher des misères
• Le texte de la pièce devrait être proposé aux spectateurs en fin de parcours
• La scénographie était moins élégante que celle de l’an dernier
• Beaucoup de longueurs, en particulier début « plombé ». Redondances diverses. Tendance pour les comédiens à déclamer fort sans nuances
• Chers amateurs, ne vous découragez jamais, continuez à venir nombreux à tous les spectacles de théâtre, surtout à ceux qui sont organisés si près de chez vous avec tant d’enthousiasme désintéressé : c’est votre curiosité qui, par un doux glissement de rideau , enfin vous conduira vers l’instant privilégié d’émotion dont vous avez toujours rêvé sans même oser penser qu’il existât


24.01.13 @ 19:19 Répondre à ce commentaire


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