ENTRETIEN AVEC MARION FAVRY
Marion a 58 ans et elle est originaire du Gard où elle a grandi. Elle a vécu ensuite dans de nombreuses régions en France au gré de ses envies et des opportunités de mutation.
Longtemps professeure-documentaliste à l’Éducation nation ale (elle gérait le centre de documentation et d'information, en bref, elle dirigeait la bibliothèque) elle a travaillé dans le secondaire et le supérieur avant de changer de carrière pour se former à la psychothérapie.
Elle est psychopraticienne depuis presque dix ans.
Quand elle a eu envie de quitter Paris, elle s’est installée à Coye qu’elle avait découvert quelques années auparavant lors d’une randonnée en forêt. L’ambiance et le dynamisme de Coye, la proximité de la forêt et de la gare pour se rendre à son cabinet parisien, ont été déterminants.
Vous pourrez croiser Marion à la bibliothèque de Coye où elle est bénévole, car elle a gardé le goût des livres et des contacts. Les espaces communs sont une priorité pour elle. Elle croit que l’ouverture au plus grand nombre d’une bibliothèque, d’une activité associative, ou d’autres lieux encore à créer à Coye, renforce le sentiment du collectif, développe l’apaisement social, l’entraide et la joie de vivre. Toutes choses dont les années à venir vont avoir grand besoin.
En quelque sorte elle a été biberonnée à l’écologie : ses parents ont fait partie de la mouvance écolo dès le début des années 70 et l’inquiétude est toujours présente en elle concernant notre environnement et les risques liés à la destruction des espaces biologiques et à la dilapidation des ressources.
En toute logique, elle privilégie les déplacements à pied, à vélo et en transports en commun autant par goût que par conscience politique. Elle pense que la place occupée par la voiture, tant dans le quotidien des personnes que dans l’espace public, est un non sens (“je n’ai pas le droit de laisser mon salon de jardin sur le bord de la rue, même en le mettant sur roulettes, mais je peux y laisser ma voiture sans problème !”). Cependant, tant que les parcours pour piétons et mobilités douces ne seront pas confortables et sécurisés, tant qu’une offre de transports en commun dignes de ce nom n’existera pas, la voiture restera la reine des déplacements.
Elle est persuadée que laisser chaque citoyenne et citoyen se débrouiller pour “avoir les bons gestes” n’est pas valide. Pour les transports, comme pour toutes les problématiques environnementales ou sociales, un accompagnement collectif et donc une volonté politique sont nécessaires.
La transition écologique sera de gauche ou ne sera pas. Le libéralisme économique, la croyance en la réussite individuelle, le conservatisme ont prouvé leur incapacité à faire face aux défis du bouleversement environnemental qui est déjà là et qui va s'aggraver. Ce sont les plus modestes qui souffrent en premier des changements climatiques et environnementaux – logements passoires thermiques, pollutions, mauvaise alimentation, etc. Il nous faut donc envisager les problèmes collectivement, sauf à vouloir une société qui continue d'appauvrir encore les plus modestes et permet aux plus riches de s’accaparer les ressources et les lieux encore vivables, sauf à vouloir une société toujours plus inégalitaire et violente.
À l’instar d’Antonio Gramsci, Marion pense qu’il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté, mais elle doit bien avouer qu’il y a des jours où c'est plus difficile à vivre que d’autres !
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