Commentaires:

Commentaire de: Jacqueline Chevallier [Visiteur]

Genevoix était officier, il était responsable, il acceptait le principe de la guerre, il y accomplissait consciencieusement le rôle qui était le sien. Aucune révolte dans ses propos. Un mot pourtant dans le spectacle se fait entendre plus que tous les autres, non pas comme un cri de colère ou de protestation, mais comme un constat : c’est le mot absurdité. Lui, Genevoix, s’en est sorti, d’autres, innombrables, sont tombés. Peut-être qu’au bout du compte, cela n’a aucun sens. Ou peut-être que justement le seul sens que l’écrivain puisse donner à sa survie, c’est de témoigner et de sortir du néant ceux qui sont morts à ses côtés.

Particulièrement évocatrice et forte, quand plus rien n’a de forme ni de couleur, la scène où les deux comédiens emmêlés en une grande confusion de bras, de jambes, de têtes et de torses, se soutiennent, s’entraident, se tordent, s’agrippent l’un à l’autre, s’écrasent et se portent, se traînent, en un effort désespéré, dans ce moment douloureux entre tous, où, après l’assaut, les blessés et les mourants abandonnés sur le champ de bataille gémissent, appellent au secours, implorent les brancardiers, implorent encore, cherchent l’issue.
Absurdement Genevoix s’en sort.
J’ai été émue de voir mon fils jouer aujourd’hui sur scène le rôle que tenait mon grand-père dans la vraie vie il y a cent ans. Lui aussi en était revenu, quand tant d’autres y sont restés.
Tous ces noms qui s’énumèrent, la longue liste des morts pour la France, ces noms qui n’en finissent pas de s’égrener, on ne peut pas oublier qu’ils désignent des hommes qui furent bien vivants, des hommes de chair et de sang, des hommes jeunes qu’on a connus, qui avaient un visage, une voix, un sourire, des hommes qu’on a aimés…

04.02.16 @ 19:19 Répondre à ce commentaire
Commentaire de: DLM [Visiteur]
*****

Nous avons passé une très, très bonne soirée. La richesse du texte, la mise en scène, le mélange des deux comédiens, on a été complètement embarqué dans les tranchées comme si on regardait un film. Un coup de force.
J’ai été bouleversée par cette interprétation, cette mise en scène, si dépouillée et pourtant, on avait tant d’images !

08.02.16 @ 23:00 Répondre à ce commentaire


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