ENTRETIEN AVEC VINCENT PRADEL
Vincent Pradel a quarante-neuf ans, père de deux filles de treize et six ans. Il a fait une école de commerce et travaille aujourd'hui à l'analyse de données dans le domaine des vins et des spiritueux. Mais ce n'est pas fondamental. Ce qui importe pour lui, ce qui est grave et urgent, c'est le réchauffement climatique et la catastrophe écologique à venir. C'est à cela qu'il faut se préparer sérieusement et sans perdre de temps.
L'éveil à l'écologie
Vincent a grandi à Paris, dans le XXe arrondissement, loin de la nature. Il a reçu une éducation catholique à laquelle il doit peut-être son refus de l'injustice et de la misère, son sentiment de culpabilité vis-à-vis des inégalités sociales et, très jeune, son engagement à gauche, malgré les opinions contraires de ses parents. Sa prise de conscience écologique est venue plus tard. C'est en voyant des images terribles à la télévision : des oiseaux mazoutés, des baleines échouées sur les plages, des phoques assassinés, des manchots allongés sur la banquise. Lui qui aime les animaux, il s'est insurgé : c'est l'activité des humains qui conduit à ça ? L'homme est en train de tuer les animaux. C'était un premier déclic. Mais quand Vincent aborde un sujet, il se lance à fond ! Donc il a creusé la question, il a beaucoup lu et a pris conscience de la gravité de la situation : l'effondrement de la biodiversité, le réchauffement climatique, les pollutions, toutes choses qui provoquent la destruction rapide de notre environnement et qui vont bientôt rendre la planète inhabitable.
L'écologie doit être centrale...
Maintenant il y a urgence : à Coye-la-Forêt comme ailleurs, il faut se préparer aux chocs à venir. C'est pourquoi , avec quelques autres convaincus, il a créé l'association Coye en Transition dont il est actuellement le président. En effet il trouve que la gestion actuelle de la municipalité est très loin du compte. Le bilan de M. Deshayes ? des écocups et des racks à vélos ! En début de mandat, il avait été décidé qu'il y aurait un adjoint au maire et une conseillère spécialement chargés des questions écologiques, le premier sur les grand projets, la deuxième sur les questions de vie quotidienne : l'un et l'autre, impuissants, ont démissionné de leurs fonctions.
la démocratie aussi...
Car le deuxième problème dans la gestion actuelle, c'est l'absence de démocratie. Vincent, en tant que représentant de Coye en Transition, a participé à de nombreuses réunions au sein de la commune : sur le PLU, les Trois Châteaux, la boucle d'autoconsommation solaire et le plan de mobilité. Il a donc vu comment ça se passe . On ne peut pas dire que M. Deshayes fonctionne sur le mode autoritaire mais il n'y a pas de place faite à d'autres points de vue que le sien ou d'autres orientations. Ceux-là, qui émettent des réserves sur la gestion actuelle, sont rapidement amenés à démissionner car ils ne sont pas entendus. De sorte que, malgré les apparences, M. Deshayes gouverne en solitaire. Mais sans ambition, sans conviction, sans autre souci qu'une gestion routinière, sans vision à long terme et sans prise en compte de l'urgence de la transition écologique. Tout le contraire de ce que souhaiterait Vincent qui n'imagine pas que le conseil municipal auquel il participerait soit monolithique.
et le "vivre-ensemble".
Car il est un autre sujet qui lui tient à cœur : c'est la mixité sociale. Il regrette qu'il n'y ait pas de porosité et d'échanges entre les deux écoles de Coye-la-Forêt. On pourrait imaginer des actions communes où seraient réunis tous les enfants du village, quelles que soient leur localisation, leurs origines et leur condition. . Certes du fait de sa taille, la ville de Coye la Forêt n'est pas obligée, sous peine de sanction financière, d'héberger au moins 20 % de sa population en logement social (Loi SRU, Solidarité et renouvellement urbain), mais ce serait bien qu'elle le fasse. Si la population est mélangée, il n'y a pas de problème majeur. Il ne faut pas créer de ghetto, facteur de méconnaissance et de préjugés, voire d'hostilité. L'épouse de Vincent est enseignante, professeuse de français au lycée de Montataire. Elle aussi considère qu'il faut dès l'enfance apprendre à se connaître afin de vivre en paix ensemble. Il ne faut pas cultiver l'entre soi.
Vincent est généreux mais exigeant, autant avec les autres qu'il l'est avec lui-même, et il essaie de vivre en conformité avec ses idées.
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