Puisque de telles fleurs ne durent que du matin jusques au soir, les roses de notre mois de Mai croissent et fleurissent mais auront vécu l’espace d’un printemps. Nos jardins débordent d’explosions de bonheur où domine la couleur rouge, le rouge passionné, le rouge de la ferveur de vivre. Que de velours, si infinis qu’on en voudrait des baisers ! Que de pétales à l’incarnat sanglant, nourris du sang accroché aux épines ! Depuis le temps que les griffes des rosiers lacèrent les mains assassines, accrochent les doigts goulus de ceux qui préfèrent arracher la vie, quitte à se déchirer, plutôt que de la goûter, plutôt que de se nourrir de ce long moment délicat, accord parfait entre le galbe velouté du pétale et la senteur pulpeuse du cœur. Nombreuses sont les fleurs prêtes à égaler et même à dépasser la splendeur de la rose. Chaque pays, chaque continent s’évertue à inventer sa fleur la plus belle, sa plus fabuleuse, au parfum le plus entêtant et aux essences les plus envoûtantes, parées des tentations les plus luxuriantes. Venue d’un Ispahan de légende pour s’emparer des douceurs de la Loire, conquérir l’Angleterre et notre Picardie, les roses ont construit notre Europe. Quand les guerres ont fini d’ensanglanter les sillons, de rougir les fossés et d’enflammer les horizons, les roses sont restées. Elles sont devenues le symbole de la vie, de la justice et de l’égalité entre les êtres humains. Celui qui honore la rose sans la cueillir, honore l’amour et donne la vie. Les manifestations de femmes ouvrières aux États-Unis en 1909 ont consacré l’indispensable accord du besoin biologique de vivre de pain avec l’exigence de respect, d’amour et de poésie qui donne du sens à la vie. Les mignonnes du monde entier n’ont pas à attendre la main vorace et velue d’un quelconque vieux poète pour aller voir à la vesprée si leurs roses ont gardé les plis de leurs robes pourprées. L’amour n’appartient qu’à celle et à celui qui sait s’émerveiller de ce qu’il puisse encore éclore au soleil. « Cueillez, cueillez, » disent les prédateurs, quand ils cueillent la jeunesse des femmes et des enfants. Ils sont persuadés qu’en dévorant leurs beautés, ils ne se verront pas ternir de vieillesse dans le miroir de la vérité. Eternel fantasme des conquérants, ivres de leur propre puissance, qui détruisent le monde et les gens sur l’autel de l’imposture dans leurs délires de vie éternelle. Les roses explosent de vie dans nos jardins fleuris, malgré le retour incohérent des canicules incandescentes que génère la folie guerrière pour la conquête de l’éternité.
Ce qui s’est passé
Sur le terrain du centre de bien-être, les nouveaux propriétaires ont fait abattre tous les arbres, y compris quelques-uns situés dans l’Espace Boisé Classé, sur 10 mètres de large le long de la route. Une évaluation écologique de la parcelle principale, non classée, aurait été réalisée par le PNR, mais son compte rendu n’a pas été publié, à notre connaissance, rendant impossible toute contestation.
Résultat : un écosystème entier a disparu en quelques jours, alors que les arbres coupés paraissaient en bonne santé (section
impeccable, feuillage abondant et verdoyant selon les observations sur place). Leur valeur économique, sociale et écologique aurait pu être évaluée grâce au Barème de l’Arbre : https://www.baremedelarbre.fr. Là encore, pas de trace.
Le jeune constructeur nous a confié : "On n’aime vraiment pas couper les arbres. Mais sur ce chantier, les instructions étaient de tout couper."
Sans transparence sur les expertises, et sans aucune protection de la majeure partie de la parcelle, impossible de s’opposer à cette coupe rase.
En conséquence, les dispositions du permis de construire, qui doivent être conformes au PLU et donc respecter les Espaces Boisés Classés (EBC) qui y figurent, ne peuvent pas être ignorées. Toute infraction à ces règles, ou à toute autre obligation stipulée dans le permis, doit faire l’objet de sanctions. En cas de manquement avéré, un recours pourrait être envisagé.
Pourquoi c’est inacceptable ?
- Biodiversité en danger : Les grands arbres abritent des nids, des pollinisateurs, des mammifères. Leur disparition fragilise tout l’écosystème local, fait augmenter la température et assèche durablement le terrain à plus long terme, surtout en bord de Thève, un milieu déjà sensible où l’absence d’ombre intermittente déséquilibre le milieu aquatique.
- Climat et cadre de vie : Moins d’arbres = plus de chaleur, moins d’oxygène, moins d’oiseaux, un village moins agréable.
- Patrimoine et valeur économique : Ces arbres faisaient partie de l’âme de Coye-la-Forêt. Leur abattage représente aussi une perte financière et écologique, mesurable grâce au Barème de l’Arbre.
Note : Il y aurait eu une expertise préalable, mais nous n’avons pas trouvé de trace de la publication d’un compte rendu. Il est d’ailleurs hautement improbable qu’une parcelle boisée aussi grande en bord de rivière n’ait aucune valeur écologique et n’abrite pas de nombreuses espèces attirées par la présence d’eau.
Comment éviter que ça se reproduise ?
D’autres communes l’ont fait. Nous aussi, nous le pouvons.
1. Utiliser les outils juridiques existants
- Espace boisé classé figurant déjà au PLU (cf. les articles L. 113-1 à L. 113-7, L. 121-27, L. 153-31, L. 153-34, L. 313-1, L. 421-4, R. 151-31 et R. 421-23 du code de l'urbanisme).
- Obligations Réelles Environnementales (ORE) : Protéger des arbres sur une parcelle privée pendant 99 ans, même en cas de revente.
- Déclaration des Droits de l’Arbre (2019, Assemblée nationale) : Reconnaît l’arbre comme un être vivant, pas un objet.
- Barème de l’Arbre : Un outil pour évaluer la valeur économique et écologique des arbres abattus, et justifier leur protection ou leur remplacement.
2.Adopter un Statut de l’Arbre dans le PLU
- Protéger les arbres existants : Interdire les abattages sans évaluation écologique préalable et publiée, surtout pour les arbres matures, les alignements ou les bosquets denses.
- Imposer des compensations réalistes et encadrées : 1 arbre abattu = plusieurs jeunes arbres plantés (avec des essences locales et adaptées, pas des photinias ou des palmiers!), ou un arbre de circonférence minimale de 14/16 cm, comme à Crépy-en-Valois.
- Créer des zones tampons : 20 mètres de protection autour des lisières forestières et des cours d’eau.
- Exiger un suivi du repeuplement : Les obligations de replantation doivent être précises (essences, nombre, délais) et leur mise en œuvre effective contrôlée.
3. Agir concrètement
- Réaliser un inventaire des arbres, corridors écologiques et écosystèmes critiques à protéger (avec les élus municipaux, le PNR, Coye en Transition, la LPO, les citoyens).
- Modifier le PLU pour que la protection de la biodiversité soit la règle de départ, pas une option, et que l’évaluation écologique soit systématique et transparente avant tout abattage.
L’abattage du bois du centre de bien-être est un signal d’alarme. Avec les outils qui existent (PLU, ORE, Barème de l’Arbre) et la volonté collective, nous pouvons faire de Coye-la-Forêt une commune exemplaire en matière de protection du vivant et urbanisme responsable.
La question n’est pas de savoir si on en a les moyens. La question est : quand est-ce qu’on commence?
Pour aller plus loin :
- PLU de Crépy-en-Valois (2023) :
https://crepyenvalois.fr/app/uploads/2023/04/Reglement.pdf
- Déclaration des Droits de l’Arbre :
https://www.arbre-patrimoine.fr/declaration-des-droits-de-arbre/
- Barème de l’Arbre :
https://www.baremedelarbre.fr
Partagez vos idées ou rejoignez-nous pour protéger les arbres de Coye-la-Forêt !
Que faire quand on est enfant et qu’on a une mère dépressive et même suicidaire ?
On ne sait pas, à cet âge-là, que c’est à l’adulte à se prendre en charge, pas à l’enfant à aider l’adulte.
On se pose des Pourquoi ? à l’infini mais aucune réponse n’est satisfaisante.
Alors on cherche désespérément à réparer ce dont on est peut-être coupable.
Et on trouve, parce que les enfants sont inventifs : faire une liste de toutes les choses géniales.
En haut de cette liste on ne pense pas à mettre, ou peut-être on n’ose pas : il y a moi, moi ton enfant.
Alors on commence par des choses qui plaisent aux petits : glace …
On grandit, on tombe amoureuse, on se marie et puis le couple se défait. Forcément puisque rien n’a été résolu.
Et parce que la liste ne répare rien mais qu’il faut bien continuer à se battre contre ce vide, on la continue. Elle atteint des proportions improbables, reflet d’une guérison impossible. Pour trouver un million de choses géniales sur une durée de 50 ans, il en faut vingt mille par an, environ cinquante-cinq par jour à consigner soigneusement. Il reste bien peu de temps pour vivre sa vie. Cette liste est un addiction, une aliénation, le contraire d’une résilience.
La mère réussit enfin son suicide et rate définitivement son rôle de mère.
La liste, toujours aussi vaine, remplit des cartons, envahit tout l’espace après avoir envahi l’esprit.
Seule une psychologue-caniche blanc apportera l’apaisement.
Pour aider les spectateurs à affronter le lourd sujet du suicide, on les fait souvent rire, on fait appel à eux pour clamer certaines idées. L’actrice s’y emploie avec énergie et talent.
Qui suis-je vraiment, quelle est ma véritable identité ?
Suis-je juive ou antisémite ou juive antisémite ?
Suis-je une personne réelle ou un personnage de fiction ou une personne réelle imprégnée de tous les personnages de toutes mes lectures ?
Suis-je l’auteur Romain Gary ou son pseudo Émile Ajar, vielle juive ou jeune arabe ?
Suis-je homme ou femme ou trans ou tour à tour homme et femme ?
Suis-je intacte ou mutilée, muette ou jacassante ?
Suis-je un humain ou un caméléon qui finit par crever pour s’être posé au mauvais endroit ?
Suis-je déterminée par mes gênes ou façonnée par les traumatismes subis par mes ascendants ?
Quelle défroque me sied le mieux, pantalon, short, robe, blouson strict, justaucorps bariolé ?
Et quelle coiffure ? Blonde échevelée ou noire corbeau ?
Lequel de tous ces miroirs reflète mon vrai visage ? Tendre ou halluciné, grimaçant ou doux et blanc ?
Que cache mon rire grinçant ?
Mon inconscient recèle-t-il un cadavre puant ou des parfums suaves ?
Toutes ces questions et bien d’autres encore, on n’a pas l’habitude de se les poser de façon si dérangeante et à ce rythme effréné. Mais au-delà de l’interrogation « Dans quelle identité réductrice suis-je enfermée ? » ne faut-il pas aussi se demander « Pourquoi se sentir menacée par l’autre qui est différent et pourquoi vouloir l’empêcher d’être ? ».
L’actrice incarne chacune de nos possibles identités dans un tourbillon époustouflant.
Je ressors du spectacle bousculée, sonnée, éberluée, sidérée. Difficile après cela de s’endormir tranquillement.
Alors oui, je veux bien un cachou.
La lettre de Coye était accompagnée ce mois-ci d’un encart intitulé « Stockage temporaire du fumier hippique : information aux habitants »
Le titre, à lui seul, a de quoi interloquer car visiblement tout le monde n’entend pas le mot « temporaire » de la même façon. Si l’on en juge par la définition du dictionnaire, "provisoire" désigne une solution intermédiaire en attente d'une solution définitive, tandis que "temporaire" indique une durée limitée et prévisible. Reste à savoir ce qu’il faut entendre par « durée limitée ». Quelques semaines ? Quelques mois ? Le stockage en question se fait sur le territoire de Coye-la-Forêt dans des conditions absolument illégales depuis plus d’un an. Quant à la prévisibilité, on était jusqu’à présent dans le flou le plus total, il était question de fin 2025, maintenant, on nous parle de juin 2026. À ce train-là, qu’est-ce qui nous garantit qu’en juin on ne nous parlera pas de décembre ? On a un peu l’impression que les dates ne sont avancées que pour nous faire patienter. Les conditionnels employés dans le dernier paragraphe peuvent nous le faire craindre (« Le délai pour la construction devrait être de deux mois ). Fin juin ? On prend les paris ?
Une chose est certaine, le temporaire finit par durer. Et une autre chose paraît vraisemblable : s’il n’y avait pas eu de protestation citoyenne, il risquait de durer plus encore. Donc ne relâchons pas la pression !
On nous explique ceci dans le premier paragraphe : l’Institut de France constate que sur le terrain qu’il possède au Mont de Pô « les normes de stockage ne sont pas respectées risquant ainsi de polluer la nappe phréatique » et donc, en toute logique, l’Institut demande que le fumier n’y soit plus déversé. Et que fait France Galop ? Il déverse le fumier sur d’autres terrains, notamment à Coye la Forêt, en ne respectant toujours pas les normes de stockage et donc en risquant de polluer tout pareil la nappe phréatique. Quel progrès ! Se contenter de déplacer le tas de fumier et le remettre au Mont de Pô, loin du regard, comme il est suggéré, ne constitue pas une solution..
La dernière phrase laisse perplexe : « France Nature Environnement a dû porter plainte ». Que faut-il comprendre par cette expression ? A dû ? Elle a fini par y être obligée ? Ou bien : elle a vraisemblablement porté plainte, mais sans qu’on en soit bien certain ? Il semblerait que peut-être …
Est-ce que France Nature Environnement se soucie de défendre l’environnement de la même façon que les ministres de l’écologie se soucient de défendre l’écologie, c’est-à-dire en fermant les yeux et en obéissant aux injonctions des lobbies ? On peut légitimement se poser la question car, assez curieusement, mais de façon révélatrice, le document est co-signé par :
- le « Responsable exploitation France Galop », donc le contrevenant, responsable, oui, des nuisances constatées, et pollueur potentiel,
- le Maire de Coye-la-Forêt, qui est censé assurer la tranquillité des habitants et faire respecter le règlement sanitaire départemental sur le territoire de la commune,
- et la « Référente Hauts-de-France pour France Nature Environnement », dont on apprend qu’elle « a dû » porter plainte.
A-t-on jamais vu ça, un document cosigné, comme d’un commun accord, par le délinquant, le gendarme et le plaignant ? Dans quel drôle de monde vivons-nous ? À quoi servent les lois et les règlements si on peut les bafouer en toute impunité ?
Tout cela accompagné, sur le côté gauche de la page, d’un grand cartouche d’autosatisfaction dans lequel est vantée l’excellence de l’aire cantilienne en matière d’activités hippiques. Par exemple on nous indique qu’entre 2023 et 2026, on y compte 550 chevaux de plus, ce qui est implicitement présenté comme une formidable progrès. Sauf que si, parallèlement, on n’a pas prévu le moyen de stocker le fumier qui en résulte, c’est tout simplement irresponsable et il n’y a pas lieu de s’en réjouir.
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Il est vrai que juste sous le titre de l’article, un ‘’ chapeau ‘’ nous annonçait tout de suite la couleur : l’ensemble du document sera à la gloire de la filière hippique et tendra à disculper totalement ses acteurs, alors que ceux-ci contreviennent au règlement sanitaire départemental de façon grave, durable, et sans terme assuré. Les auto-excuses et les profonds regrets ne changent rien au problème !











