Notre députée, qui est venu vérifier récemment à quel point il fait bon vivre à Coye-la-Forêt, a voté pour la loi d’urgence agricole. Elle considère donc qu’il y a urgence à tuer le vivant dont l’espèce humaine fait encore partie pour le moment, urgence à continuer à nous empoisonner. Madame Véronique Ludmann fut, à Senlis, adjointe à la mairie, en charge du sport et de la santé. N’a-t-elle jamais entendu parler des cancers dus à tous ces produits chimiques de synthèse néfastes aux organismes humains ? Ancienne directrice d’école, elle considère, à l’évidence, qu’il est plus urgent de s’occuper de l’avenir des betteraviers plutôt que de celui de nos enfants. D’ailleurs, toutes et tous les député·e·s de l’Oise sont du même avis alors que dans son parti (Horizon) trois ont eu la clairvoyance de voter contre. Étant, à l’Assemblée, membre de la Commission des affaires culturelles et de l'éducation, selon quels critères va-telle définir quelles sont les urgences en ces domaines ? La culture et l’éducation doivent-elles continuer à encenser des modèles mortifères ?
Quant à Monsieur Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique, il nous a également fait l’honneur de sa visite. Eh bien, lui aussi a voté pour la loi d’urgence agricole. Il s’est donc rangé dans le camp du ministère de l’agriculture plutôt que dans celui de son ministère de tutelle. Il peut bien venir se promener en forêt et faire de beaux discours, toutes ses prises de parole à l’Assemblée, toutes ses décisions et actions vont à l’encontre de la plus élémentaire conscience écologique. Autant dire que son système de valeurs ne va sûrement pas dans le sens de la préservation de nos forêts et que, pour lui, la transition écologique ne présente aucun caractère d’urgence.
Urgence agricole, urgence climatique, urgence écologique, il s’agit bien d’une urgence globale mais ne comptons pas sur nos visiteurs pour une action vigoureuse et globale.
Le blog Coye29 (prononcez « quoi de neuf? ») est né en 2008 dans un contexte politique précis. À l’origine du blog se trouve l’association Ensemble pour Coye, présidée par Nathalie Aguettant et constituée par des habitants et des élus de gauche qui souhaitaient faire entendre une opposition municipale et disposer d’un espace de parole indépendant des publications officielles.
Le blog fut ainsi l’un des moyens de communication des élus de l’opposition, dont Dominique Ternaux et Alain Mariage. Il leur permettait de rendre compte de leur action, de suivre celle de la municipalité, d’expliquer leurs positions et de répondre aux décisions de la majorité. Coye29 constituait à la fois une tribune, un outil d’information et un vecteur d’expression politique.
Il suivait les conseils municipaux, examinait les projets, les budgets et les choix de la majorité et permettait aux habitants de réagir. Les premiers billets parlent de démocratie locale, de communication municipale, de fiscalité, d’urbanisme, de logement et de circulation.
Cette origine militante n’a jamais complètement disparu. Coye29 a conservé une sensibilité de gauche, une attention particulière aux questions sociales, aux services publics, à l’environnement, à la solidarité et aux conditions du débat démocratique. Il ne considère pas les décisions municipales comme de simples informations administratives : il les discute, les replace dans leur contexte et donne parfois franchement son avis.
Au fil des années, le blog est cependant devenu beaucoup plus vaste que le journal d’une opposition. Il a accueilli des auteurs différents, des tribunes libres, entretiens et portraits et des reportages. Il a accompagné la vie associative, suivi les transformations du village, raconté les écoles, le marché, les commerces, la forêt, les étangs, les expositions et près de vingt années de théâtre. Il a surtout accumulé une masse de textes et de photographies qui constitue aujourd’hui une mémoire locale sans équivalent.
La politique municipale au fil des années
Les quatre élus de l’opposition « L’Écologie et la Gauche réunies pour Coye-la-Forêt » en 2026 : Claude Lebret, Noor Stokwielder, Patrick Broutin et Estelle Darondeau.
La vie municipale forme l’ossature historique de Coye29. Les séances du conseil y sont suivies depuis 2008, parfois de manière très détaillée. Les comptes rendus ne se bornent pas à énumérer les délibérations : ils restituent les questions posées, les arguments échangés, les silences, les tensions et quelquefois l’atmosphère de la réunion.
Pendant toute cette première mandature, Marie-Louise Barnier a assuré la quasi-totalité des comptes rendus des conseils municipaux. Ses textes, précis et vivants, ont largement contribué au suivi de la vie municipale sur Coye29.
Dans La course aux comptes rendus, le blog interrogeait déjà avec ironie les délais et les méthodes de la communication municipale. Une séance ordinaire montrait comment les questions de circulation, de travaux ou de consultation des habitants pouvaient s’enchaîner au cours d’un même conseil. Les comptes rendus récents, comme celui du Conseil municipal du 27 avril 2026, prolongent cette chronique commencée près de vingt ans plus tôt.
Les billets conservent non seulement les décisions finales, mais aussi ce qui les a précédées : les promesses, les objections, les alternatives proposées et les discussions qu’un compte rendu officiel résume parfois en quelques lignes.
La vidéosurveillance en question
La vidéosurveillance fut l’un des premiers sujets longuement débattus sur Coye29. Dans Drôles de libertés, le projet est interrogé au regard des libertés publiques, de son efficacité et de la manière dont la décision est présentée aux habitants.
La mobilisation commence par une pétition, puis se poursuit avec l’organisation d’une réunion publique consacrée à la vidéosurveillance.
Le texte central de ce dossier reste La vidéosurveillance en question à Coye. Ce compte rendu particulièrement riche et synthétique reprend les principaux arguments échangés au cours de cette réunion : efficacité du dispositif, déplacement de la délinquance, coût pour les collectivités, protection de la vie privée, recul de la présence humaine et équilibre entre sécurité et libertés.
Plusieurs autres billets sont ensuite consacrés au financement, au nombre de caméras et à l’absence d’une étude locale convaincante.
Le reportage Les caméras de surveillance débarquent dans nos campagnes va vérifier sur place ce qu’avait donné l’expérimentation menée à Avilly-Saint-Léonard. Les photographies montrent les caméras, les pylônes et leur implantation dans un village rural, tandis que l’article cherche en vain un bilan précis de leur efficacité.
Le presbytère : patrimoine communal et décision politique
L’affaire du presbytère appartient elle aussi aux premiers grands dossiers de Coye29. Le bâtiment, propriété de la commune, fut vendu directement à un membre du conseil municipal dans des conditions qui suscitèrent l’indignation d’une partie des habitants et de l’opposition.
Dans En mémoire du presbytère assassiné, Geneviève Durand-Carré revient sur la vente du bâtiment et sur la disparition annoncée d’un élément important du centre ancien. Le dossier ne concernait pas seulement une maison : il posait la question de la gestion du patrimoine communal, de la transparence de la décision et du projet immobilier envisagé sur le terrain.
La controverse se prolongea autour des permis de construire, du nombre de logements, du jardin de l’ancien presbytère et de l’intervention de l’Établissement public foncier local. Elle annonçait plusieurs débats ultérieurs sur la densification et la transformation du centre de Coye-la-Forêt.
Urbanisme, logement et transformation du centre
L’urbanisme occupe une place tout aussi importante. Coye29 a suivi l’élaboration du Plan local d’urbanisme dans Prolégomènes au Plan local d’urbanisme et Que fait-on avec le PLU ?. Le sujet n’y est pas traité comme une affaire réservée aux techniciens : il concerne la densité des constructions, le logement, les espaces boisés, les déplacements et le visage futur du village.
Maurice Delaigue, historien du village, écrivain et défenseur de son patrimoine.
La transformation du centre-ville a donné lieu à un dossier particulièrement nourri. Dans Centre-ville : le « cœur » qui souffre, Maurice Delaigue évoque ce qui l’avait séduit à son arrivée à Coye en 1973 : la place, l’église, l’école, la descente vers la Thève, le petit pont et les arbres. Son texte ne refuse pas tout changement, mais demande ce qui risque de disparaître lorsque l’on bouleverse un ensemble longtemps resté cohérent.
Les tribunes libres constituent une part essentielle de l’identité du blog. Elles font une large place à la pluralité des voix et des sujets — politique municipale, urbanisme, environnement, école, culture, médias, travail, inégalités ou démocratie. Les textes sont signés, les désaccords peuvent s’exprimer et les commentaires prolongent souvent le débat.
L’AMAP, une association qui dérange : un exemple de débat local ouvert sur Coye29.
L’article L’AMAP, une association qui dérange en donne un exemple récent : à partir d’une initiative associative locale, il interroge les réactions qu’elle suscite, les choix collectifs qu’elle engage et la place laissée au débat.
Dès 2008, Humeurs après lectures dénonçait avec ironie la place minuscule accordée à l’association Ensemble pour Coye dans les publications municipales. Le billet rappelait surtout que se dire de gauche ne signifie pas introduire artificiellement la politique dans la vie locale : décider, financer, construire, protéger ou privatiser relèvent déjà de choix politiques.
Cette liberté de ton se retrouve dans les textes consacrés au centre-ville, à la forêt, aux élections ou aux rapports entre les pouvoirs locaux. Le blog accueille la polémique, la satire et parfois la provocation. Il laisse aussi une place importante aux commentaires, qui peuvent contredire l’auteur, préciser une information ou prolonger le débat.
Au fil du temps, les tribunes se sont également ouvertes à des questions qui dépassent les limites de la commune : les médias, le langage politique, le travail, les inégalités, l’écologie, la démocratie et les transformations de la société. Cette ouverture n’efface pas l’ancrage local ; elle le prolonge en reliant les décisions prises à Coye à des orientations politiques plus générales.
Entretiens et portraits
La série des entretiens et des portraits constitue l’une des parties les plus originales de Coye29. Les textes prennent le temps de raconter les parcours, les métiers, les engagements et les souvenirs.
On l’appelait « Mimi »
Micheline, dite « Mimi », dont le récit fait revivre une grande partie du vieux Coye.
Le portrait de Micheline, dite « Mimi », est l’un des textes les plus riches du blog. À travers ses souvenirs réapparaissent l’école de la rue Blanche, les jeux dans la forêt, les Trois Frères, la Pierre tournante, les sources, la chorale des Petits Chanteurs de la Reine blanche et les anciennes familles coyennes.
Son récit conduit ensuite vers Paris, où elle travaille dans des maisons de couture de la rue de la Paix, rencontre des artistes et livre des robes dans de grands hôtels. Revenue à Coye, elle devient couturière et tapissière, confectionne des costumes pour le Théâtre de La Lucarne, donne des cours et continue de marcher avec La Sylve.
La maison, l’atelier, les animaux recueillis et le jardin planté sans plan de paysagiste complètent un portrait qui dépasse largement l’hommage personnel. À travers Micheline se dessine tout un monde social, familial et artisanal aujourd’hui disparu.
Maurice Delaigue, les livres et la forêt
Maurice Delaigue, écrivain, marcheur et historien de Coye-la-Forêt.
Les hommages Au revoir Maurice et Il est parti… dessinent le portrait d’un homme qui conserva jusqu’au bout sa curiosité intellectuelle, son goût de la marche, des livres, de la peinture et du théâtre.
Installé à Coye en 1973, Maurice Delaigue s’était passionné pour l’histoire du village. Il consulta les archives, recueillit les souvenirs des habitants et écrivit Coye… de fil en aiguille. La forêt occupait une place tout aussi importante dans sa vie : longtemps marcheur avec La Sylve, il continua à parcourir seul les chemins lorsqu’il ne put plus suivre le groupe.
Il fut également un spectateur fidèle du Festival théâtral, assistant à tous les spectacles et participant aux discussions qui les suivaient. Son parcours relie plusieurs dimensions essentielles de Coye29 : la mémoire, la nature, la transmission, l’écriture et la culture.
Les élections municipales par les parcours individuels
Lors des élections municipales, Coye29 a multiplié les entretiens avec les candidats. Le but n’était pas seulement de recueillir quelques propositions, mais de comprendre d’où ils venaient, quelle expérience ils possédaient du village et pourquoi ils souhaitaient entrer dans la vie publique.
La série a été reprise lors des municipales de 2026 avec des candidats appartenant à différentes listes et sensibilités. Ces entretiens gardent la trace de celles et ceux qui se sont engagés dans la vie municipale.
Ils montrent aussi que l’engagement local naît souvent bien avant l’entrée au conseil municipal : dans les associations, les écoles, le théâtre, les clubs sportifs, les actions solidaires, la défense de l’environnement ou les mobilisations citoyennes.
Le reportage : entrer dans les lieux et suivre les initiatives
Les reportages donnent au blog une autre respiration. Ils quittent les délibérations et les programmes pour entrer dans les lieux, rencontrer les personnes et restituer les détails concrets d’une situation.
Les Trois Châteaux : une nouvelle vie
Un message de bienvenue préparé lors de l’accueil des familles venues de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy.
En octobre 2017, des familles venues de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy sont accueillies au Domaine des Trois Châteaux après le passage d’un ouragan dévastateur. Les Trois Châteaux : une nouvelle vie raconte leur arrivée et la mobilisation mise en place autour d’elles.
Le reportage décrit les chambres préparées, les nouvelles literies, les classes rouvertes, les livres, les jouets et les fournitures collectées. Les écoles de Coye, Solidarité Coye, l’Association des familles, le Vestiaire de Sofie, La Sylve et plusieurs clubs sportifs participent à l’accueil.
Le reportage montre concrètement comment cette solidarité s’est organisée, qui a apporté quoi et comment des relations se sont créées entre les familles et les habitants.
Le Vestiaire de Sofie est ouvert présente un lieu fondé sur le don, le réemploi, la convivialité et le travail des bénévoles. Le reportage suit son installation dans le quartier du Sauteur et rappelle son soutien à l’Odyssée de l’espoir.
Coye29 suit également les expositions, les réunions publiques, les commerces, les écoles et les initiatives menées au-delà de la commune lorsqu’elles concernent des Coyens ou des engagements portés localement.
Les associations : une grande partie de la vie réelle du village
La vie associative occupe une place considérable dans les billets publiés sur Coye29. Théâtre, sport, environnement, randonnée, solidarité, handicap, familles, chorales et activités artistiques composent une grande partie de la sociabilité locale.
Le blog ne se borne pas à reproduire des dates. Il présente les projets, les personnes qui les portent et le travail souvent invisible des bénévoles. L’accueil des familles aux Trois Châteaux montre, par exemple, comment plusieurs associations peuvent agir ensemble dans une situation d’urgence.
Coye29 rend compte de cette diversité à travers de nombreuses associations locales, dans les domaines de la culture, de la solidarité, de l’environnement ou des initiatives citoyennes (La Sylve, Le Cœur et la Plume, Coye en transition, entre autres).
La Sylve est ainsi régulièrement présente à travers ses randonnées et son travail de connaissance du patrimoine naturel. La trentième édition de sa grande randonnée témoigne de la longévité d’une association qui relie la marche, l’histoire, la botanique et la protection de l’environnement.
Les parcours des personnes interrogées lors des campagnes municipales montrent également combien l’engagement politique local naît souvent d’une première expérience associative : club sportif, association de parents, théâtre, protection de la forêt, action sociale ou solidarité.
Le théâtre, une autre histoire de Coye-la-Forêt
Le théâtre est, avec la politique municipale, l’un des domaines les plus abondamment documentés par Coye29. Le Festival théâtral de Coye-la-Forêt ne représente pas seulement deux semaines de spectacles : il repose sur plusieurs décennies d’histoire, un lieu, des équipes, des bénévoles et une relation particulière avec le public.
Le Festival théâtral de Coye-la-Forêt, une aventure culturelle suivie depuis de nombreuses années sur Coye29.
L’article Être bénévole… fait apparaître tout ce que le spectateur ne voit pas : l’accueil des compagnies, les repas, les décors, l’hébergement, la billetterie, le montage et les longues journées de travail.
Au fil des éditions, Coye29 a publié un nombre considérable de critiques. Marie-Louise Barnier et Jacqueline Chevallier en ont été les contributrices les plus actives, même si de nombreux autres auteurs ont également été sollicités. Les billets parlent du texte, du jeu, de la scénographie, de la lumière et des réactions du public. Ils peuvent être enthousiastes ou sévères, tandis que les commentaires prolongent parfois les discussions commencées dans le hall du Centre culturel.
La forêt est présente dans presque toutes les dimensions du blog. Elle apparaît dans les souvenirs d’enfance de Micheline, dans les marches de Maurice Delaigue, dans les activités de La Sylve, dans les débats d’urbanisme et dans les inquiétudes provoquées par les coupes d’arbres.
Les peupliers du chemin des Vaches, dont la sauvegarde a donné lieu à une importante mobilisation.
Le projet d’abattage des cent seize peupliers du chemin des Vaches a donné lieu à l’un des dossiers environnementaux les plus importants de Coye29. La lettre ouverte pour la sauvegarde des peupliers conteste la nécessité de supprimer tout l’alignement lorsque seule une partie semble gêner les travaux.
Cette affaire montre concrètement l’utilité du blog. Coye29 a donné l’alerte et contribué à mobiliser les habitants. Sans cette intervention, le chemin des Vaches aurait vraisemblablement perdu l’ensemble de ses peupliers. Les arbres magnifiques qui le bordent encore aujourd’hui témoignent du résultat obtenu.
Lors de la promenade du patrimoine, les défenseurs des arbres rappellent que le patrimoine ne se limite pas aux bâtiments anciens. Les paysages familiers, les chemins et les alignements d’arbres font également partie de la mémoire collective.
Le chemin des Vaches et son alignement de peupliers, un paysage familier devenu un enjeu de sauvegarde.
Une mémoire qui continue de s’écrire
Coye29 ne se résume donc ni à un site politique, ni à un agenda culturel, ni à une collection de souvenirs. Il tient ensemble ces différentes dimensions parce qu’elles appartiennent toutes à la vie d’un village.
Les comptes rendus municipaux permettent de comprendre comment les décisions ont été prises. Les tribunes conservent les désaccords et les arguments. Les entretiens donnent un visage aux engagements. Les reportages montrent les initiatives dans leur réalité concrète.
Les billets consacrés au théâtre témoignent d’une aventure culturelle exceptionnelle. Les portraits et les hommages empêchent certaines vies de disparaître entièrement avec ceux qui les ont vécues.
Les publications anciennes restent utiles parce que les questions reviennent. Les débats sur le logement, les écoles, les services publics, la circulation, le centre-ville, la forêt et la participation démocratique n’appartiennent pas seulement au passé.
Un article de 2009 peut éclairer une discussion de 2026 ; un ancien entretien permet de mesurer l’évolution d’un parcours ; une promesse électorale peut être relue à la lumière des décisions qui ont suivi.
La richesse de Coye29 réside dans cette continuité. Depuis 2008, Coye-la-Forêt y est observée, photographiée, discutée, critiquée et racontée par des habitants qui ne veulent pas abandonner la vie locale aux seuls communiqués officiels.
Les dossiers municipaux, les tribunes, les portraits, les reportages, les billets consacrés aux associations et les critiques théâtrales sont accessibles dans les archives du blog.
Posted by Olivier Manceron on 25 Jul 2026 in Tribunes Libres
Où sont passées nos utopies d’hier ! Celles des XIXème et XXème siècles se sont disputé les faveurs des philosophes, des ecclésiastiques et des tribuns populaires de tout poil. Les peuples s’y sont déchirés dans des guerres fratricides, en loups affamés s’arrachant des lambeaux de carcasses sanglantes. Depuis, il n’en reste rien. Où sont passés nos rêves d’avenirs fleuris, nos fantasmes de sociétés nouvelles, de prairies ensoleillées et de vent dans les cheveux déliés ? D’entre les utopies qui chantent, les utopies voleuses, les utopies nambours ou d’autres aux exécrables calembours, celle qui eu le plus de succès, c’est celle de l’Homme nouveau ! Les bons dévots ont voulu supplanter les mauvais impies, goys et kouffars mal-pensants, pour qu’advienne leur royaume des cieux ! Les superbes aryens nazis sont presque arrivés à exterminer les Juifs, les vulnérables et les impurs. Les camarades du parti central ont distillé les masses populaires dans l’alambic du marxisme-léninisme pour extraire une pureté rouge sang ! Les fervents adeptes de la loi d’airain des marchés et de la libre puissance se sont évertués à tamiser la boue des peuples pour prélever des pépites de winners de la masse impropre des loosers. On ne peut pas dire qu’on n’ait pas tout essayé pour faire chanter nos lendemains, si enroués qu’on n’entend plus que le bruit des bombes. Alors nos rêves ne sont que des mensonges entre des cauchemars. Les yeux braqués sur des écrans qui racontent des dystopies épouvantables, on se dit que ça pourrait être bien pire. Ils restent les super pouvoirs ! On cherche la potion magique, les toiles d’araignée de Spiderman et la puissance magique de tous les super-héros. Les magiciens de la Tech et leur grand prêtre Elon Musk nous promettent des planètes inconnues et au-delà ! Le transhumanisme travestit la femme déchirée en homme voilé et l’homme brisé en femme masquée. Les femmes de demain seront des sacs à gosses pour riches commanditaires, en plus des éternelles fesses à vendre sur les marchés du Net. La technique scientifique fera du désastre de l’Anthropocène son ultime victoire. L’avenir est-il le suicide satanique et fabuleux des riches, uni à celui « assisté » et impitoyable des miséreux ? Alors passons-nous des utopies. Fabriquons ensemble une société de gens égaux en droit, sans dominant, ni oppressé, fondée sur des relations humaines réciproques de soin et d’attachement. Le ou la bon.ne candidat.e sera celle ou celui qui ne se présentera pas aux élections, parce que le pouvoir ne l’intéresse pas.
Sachant que l’habitat inclusif est l’une des priorités du Département, quelques associations isariennes : le Gapas, La Nouvelle Forge, la résidence des Pot’Agers, les PEP Grand Oise et l’APAJH ont organisé tout au long de la semaine des animations pour mieux faire connaître ce nouveau concept de logement. Cette semaine de sensibilisation a été financée par l’Agence régionale de santé (ARS) et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).
Ainsi : - le lundi 1er juin, à Crèvecœur-le-Grand, les PEP (Pupilles de l’enseignement public) proposaient une journée de sensibilisation au « bien vieillir », - le mardi 2, à Venette, La Nouvelle Forge, une journée autour de la prévention des risques d’accidents domestiques, - le mercredi 3, à Ribécourt, le GAPAS (Groupement d’associations partenaires), un escape-game autour du projet de vie sociale, - le jeudi 3, à Beauvais, une table ronde avec des témoignages de professionnels et d’habitants, - et enfin pour conclure cette semaine, le 5 juin au centre culturel de Coye-la-Forêt, l’association départementale de l’APAJH (association pour adultes et jeunes handicapés), a choisi une soirée théâtrale pour fêter les 50 ans de la fédération APAJH et les 60 ans de l’APAJH Oise. Cette manifestation a été placée sous le parrainage de Jean-Marie Caillaud, préfet de l’Oise et Nadège Lefebvre, présidente du Conseil départemental de l’Oise.
Après les discours de Claude Lebret et de François Deshayes, respectivement président de l’APAJH et maire de Coye-la-Forêt, la soirée commença par la présentation par Yves Dulmet du projet d’habitat inclusif de Coye-la-Forêt : celui-ci devrait accueillir, en 2028, trois personnes âgées et huit personnes handicapées, ainsi que 14 familles de personnes valides dont certaines avec enfants. Il fut également évoqué le projet d’accueil pour femmes handicapées, victimes de violences.
Puis Laurent Domingos, acteur, metteur en scène et président du Festival théâtral de Coye-la-forêt fit un sketch d’introduction sur le bégaiement (reconnu comme handicap), qu’il a lui-même connu dans son enfance et surmonté grâce au théâtre. La soirée a continué par un seule en scène interprété par Marie-Claire Neveu : « Hepatik Girl, une épopée auto-immune ».
Ce spectacle joyeux et optimiste, qui a accueilli plus de 180 personnes, met en scène une jeune femme qui souhaite acheter un appartement, alors que dans son corps trois maladies chroniques ont élu domicile. Elle doit prouver aux assurances qu’elle est en pleine forme, qu’elle ne tombera pas malade et ne mourra jamais…
La soirée s’est terminée par un cocktail lors duquel chacun a pu échanger avec amis et connaissances.
Posted by Jacqueline Chevallier on 24 Jul 2026 in Tribunes Libres
A-t-on le droit d’être maladroit ?
A-t-on le droit d’être vieux et de ne rien comprendre aux « nouvelles technologies » ?
A-t-on le droit de ne pas avoir de téléphone portable ?
A-t-on le droit de ne pas vouloir ou pouvoir faire ses achats « en ligne » ?
A-t-on le droit d’être illettré ?
A-t-on le droit d’être analphabète ?
A-t-on le droit d’être étranger et de ne pas savoir lire le français ?
A-t-on le droit de ne pas être intelligent et de ne pas être instruit ? ou plus simplement a-t-on le droit d’être bête ?
A-t-on le droit d’avoir la main qui tremble ?
A-t-on le droit d’être malvoyant ?
A-t-on le droit d’être handicapé ?
A-t-on le droit, quand on sait que l’on veut aller en train à Paris, de ne pas connaître précisément le nom de la gare d’arrivée ?
A-t-on le droit de rester anonyme lorsqu’on veut voyager sans réduction particulière et sans réservation ?
A-t-on le droit de refuser de décliner son identité et sa date de naissance en dehors de toute procédure judiciaire ?
A-t-on le droit de ne pas vouloir donner son adresse électronique (quand on en a une) ?
A-t-on le droit d’être devant les nouveaux distributeurs automatiques de la SNCF « comme une poule qui a trouvé un couteau », et selon ses capacités et son tempérament, désemparé.e, impuissant.e, désespéré.e, énervé.e, exaspéré.e, révolté.e ?
Sachez que, si vous voulez être en règle, tous ces droits vous sont refusés par la SNCF dès lors qu’est fermé pour une raison quelconque le guichet ‘humain’ de votre gare, avec un employé en chair et en os qui essaie de comprendre ce dont vous avez besoin.
Ou alors, si vraiment vous estimez que vous avez le droit de voyager quand même, vous prenez le risque de devoir payer une amende d’une centaine d’euros pour un trajet qui aurait dû vous en coûter moins de dix.
« À nous de vous faire préférer le train », qu’ils osaient dire !