Archives pour: Mai 2010
Des meutes de chiens égorgées dans le brouillard, des cloches que l’on bâillonne, une étrange contrée de silence et de terreur. Escurial est ce palais lugubre, où les murs ont des yeux, où les salles de fête cachent des trappes et des instruments de torture. Dans un décor d’une qualité rarement vue à Coye la forêt, le spectateur est bientôt happé par ces langues de brume froide, qui traversent les hautes fenêtres et les croisées d’ogives, cependant que vaguent dans l’ombre d’incertains capuchons. La morbide poésie du texte s’insinue comme une moisissure, entêtante comme une mélopée de cimetière.
Par la Compagnie 0,10Laëtitia Guédon nous emmène en voyage, où la musique et la voix envoûtantes du messager Dâwa Litaaba-Kagnita nous accompagnent.

Texte et mise en scène, Richard Demarcy
Le programme du Festival nous avait promis des « moments délirants ». Promesse tenue. Le rêve d’Alice et sa plongée dans le terrier du Lapin – ici, une baignoire – permettent toutes les audaces et toutes les incohérences. Ne pas chercher à attraper le fil de la raison. Puisque le conte se situe au royaume de l’absurde et du bizarre.
Cernée par des portes blanches qu’Alice devra passer pour son voyage extraordinaire, une grande table en centre de scène se prête à toutes les métamorphoses. Une trappe permet aux animaux – Loir, Rabbit, Lézard, Ver à soie – d’apparaître et de disparaître à volonté. Des voiles bleus ou rouges s’y déploient, c’est la mer sur laquelle vogue la baignoire-bateau, c’est le drapé nécessaire à la solennité
du tribunal qui juge Alice. Mais la table roule, elle se renverse, on s’y juche, on en saute, on court autour, elle devient poteau d’exécution pour la petite fille qu’emprisonnent des fils rouges tendus de jardin à cour…
Suivi d'une Rencontre avec Alain FoixYERMA en ouverture du 29ème festival théâtral de Coye-la-Forêt.
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Quelle bonne idée a eue Claude Domenech et le Théâtre de la Lucarne de nous proposer Yerma de Federico Garcia Lorca. La compagnie réalise là une prestation forte, pleine de couleurs et de vivacité.Toute grâce, fragilité, et force à la fois, Yerma ne s’autorise aucun répit. Habitée par un désir d’enfant qu’elle ne peut contenir. Poignante, elle nous fait partager sa révolte contre un destin que rien ne lui fera accepter.
En quelques étapes clefs, présentées sous formes de tableaux et espacées de plusieurs mois comme nous le suggère le texte, le drame se noue. Voici quelques flashes pour tenter d’en donner un aperçu. Ces images, bien sûr, ne donnent qu’une idée très réduite de la force, de la foisonnance et de la poésie du texte de Federico Garcia Lorca, ainsi que du travail sensible du Théâtre de la Lucarne.
Ambiance d’époque pendant l’entrée du public… quelle époque ? En fond de scène, un écran rectangulaire posé verticalement sur sa largeur nous la raconte, parcouru de ces morceaux tressautant de films en noir et blanc caractéristiques de l’entre-deux guerres. Foules immenses et fiévreuses, costumes et véhicules datés, décors urbains à gratte-ciels : nous voici embarqués dans un monde tragique, celui des soubresauts américains consécutifs à la victoire du clan allié en 1918 et de l’exécution célèbre le 1927 de Sacco et de Vanzetti, considérée comme une épouvantable machination judiciaire et politique.Pages: 1 · 2
Le plateau de la scène est comme un noir échiquier, rendu mouvant par l’image du flux et reflux : les pions, bien rangés au fond dans la pénombre, se mettent en mouvement jusqu’à l’élimination finale.Les rouges se déclinent pour exprimer la menace, la captivité et les caractères féminins. Les costumes gris foncé brodés des hommes en font des moines soldats, reflets de la soumission qu’ils doivent à la Reine.
Les spectateurs ont admiré la performance des acteurs, profondément investis dans leur rôle, et la très belle langue de la traduction, que les comédiens ont dû maîtriser par un travail soutenu.
Le Festival fête son cent millième spectateur ...avec le parti d'en rire
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Salle comble ce samedi 21 mai pour le spectacle « NUIT BLANCHE CHEZ FRANCIS » conçu et réalisé par J.B. Artigas, G. Destrem, A. Dumas, D. Le GouicLe décor ne peut-être plus simple : un piano et cinq petites chaises d’enfant. Enfant ! Le mot est lâché, le spectacle fera appel à l’âme d’enfant qui sommeille en chacun de nous.
Cinq chaises pour quatre comédiens, on attend le cinquième qui ne viendra pas. Elle est réservée pour « le petit gros ». Vous l’avez compris le petit gros c’est Francis Blanche. Un artiste hors du commun que tout le monde connaît. Il suffit de lire attentivement les lignes qui lui sont consacrées dans la feuille que Laura distribue à chaque représentation pour s’en convaincre.
de Bertolt Brecht
Par La Compagnie du MidiBrecht y brosse un tableau de la société allemande dans les années sombres. La Compagnie du Midi, créée en 1998, nous présente 13 scènes où s’inquiètent et s’agitent le petit peuple crédule ou critique (gens de maison, ouvriers, chômeurs…), le bourgeois timoré, terrorisé par un régime qui fait de la suspicion et de la délation son credo. On se méfie de tout et de tous, de son voisin, de sa famille, de ses propres enfants endoctrinés par les Jeunesses hitlériennes, qui dénoncent en ricanant leurs parents. La séquence intitulée Le Mouchard (Le Mouffard !) décline en tableaux linéaires les tourments endurés par les parents d’un petit monstre superbement interprété par Samuel Racine.
Freddy Viau, le metteur en scène, a choisi un nid comme élément essentiel du décor. Un joli nid entouré d’étoffes mousseuses et dans lequel attendent trois beaux œufs, de bien gros œufs dont la coquille est un peu fendillée, teintée de rose. En attendant qu’ils s’ouvrent complètement, c’est la chanson qui entraîne l’auditoire vers le conte. James Grosguelin et Freddy Viau, drapés de longues robes dont les pans suggèrent les quatre saisons, rappellent que nous sommes avec l’histoire d’Andersen dans le cycle de la vie :

C’est devant une salle comble que s’est produite, mardi 18 mai, la Compagnie Les Larrons avec la brillante et courte pièce d’Alfred de Musset « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ». Isabelle Andréani, qui assurait la mise en scène avec brio, a annoncé la comédie par un lever de rideau, La Clé du grenier d’Alfred, prologue qu’elle a elle-même écrit et dont le propos est de rappeler que l’œuvre du poète romantique a été foisonnante, et d’annoncer le thème central de la pièce, la déclaration d’amour. La pièce de Musset est donc insérée avec bonheur dans une autre histoire qui lui fait écho.

Nous avons présenté l’an dernier tous les bénévoles de l’association qui sont à l’œuvre pour que le Festival perdure. Mais dès 1982, bien d’autres personnes ont participé aux débuts de cette aventure, notamment Philippe Victorion et son épouse Christiane que nous avons rencontrés à quelques jours de l’ouverture du 29° Festival.
Mardi 11 mai, Le Vilain petit canard, adapté et mis en scène par Thierry Viau, a brisé sa coquille devant les enfants pour affronter gaillardement et en chansons les embûches de la vie. Coye29 est au rendez-vous pour couvrir l’événement et restituer pour ses lecteurs, avec articles et photos, les découvertes que le Festival offrira aux amateurs de spectacles vivants. Si vous souhaitez, vous aussi, rédiger un article et faire part de votre enthousiasme – ou de votre déception, cela arrive ! – envoyez votre texte via le blog. Sinon, soyez nombreux à ajouter des commentaires pour exprimer vos réactions, émotions et réflexions. Confronter les points de vue sera alors un moyen de prolonger le plaisir de la représentation.








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