TU AS BIEN FAIT DE VENIR, PAUL
de Louis Calaferte, Cie Les Mistons.
Le spectateur, sans ménagement, est introduit dans l’intimité désolante d’un pauvre homme. La première scène exhibe sa dépression masquée, caractérisée scéniquement par le désordre et la tenue débraillée, la paresse ; la cause se révèle bientôt : le lien distendu avec l’enfant. Le père s’est résigné. Prisonnier d’un corps sans désir, d’un appartement exigu, de la pauvreté, il ne lui reste qu’à dormir. L’espoir est venu fugacement d’un petit garçon voisin qui l’a adopté.
Quand vient Paul, il lui faut cacher sa joie et ne pas se laisser aller à espérer. Ne pas le retenir pesamment, l’apprivoiser avec d’infinies précautions. Surtout ne pas se plaindre. Parler de faits anodins. Son sourire ambivalent nous bouleverse : effort pour paraître content, sagesse bouddhique, ironie douce, timidité ? Que cache-t-il, ce sourire ?
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