LES MÉFAITS DU MARIAGE
D’après Anton Tchekhov
Par la Compagnie Premier Acte
Mise en scène : Sarkis Tcheumlekdjian
Jeudi 19 mai, la Compagnie Premier Acte nous présente un spectacle original et réussi: Les Méfaits du mariage d’après Anton Tchekhov .
Le canevas de la pièce est constitué d’un enchaînement d’extraits de l’abondante correspondance de l’écrivain notamment avec Olga Knipper, actrice qu’il épouse à l’âge de 41 ans et de deux courtes pièces : Une demande en mariage (farce1888), Les Méfaits du tabac (scène-monologue 1902) qui projettent un regard sans complaisance sur le mariage et l’impossible bonheur conjugal.
Ainsi se décline à rebours la vie d’un vieux couple usé par le temps et la routine.
Un trio féminin incarne magistralement les principaux personnages.
Un trio féminin incarne magistralement les principaux personnages.

L’accordéon et la balalaïka font monter les décibels comme au cabaret russe!
Catherine Vial, quant à elle, interprète avec virtuosité un rôle masculin (le spectateur n’y voit goutte) : celui d’un homme à différentes époques de sa vie. Pardessus élimé, lunettes, cheveux tirés pour le vieil homme terrorisé par sa femme. Élégant costume noir, gants blancs pour le jeune homme timide et maladroit qui cherche à déclarer sa flamme.

Sarkis Tcheumlekjian, en usant d’une chronologie décalée, mêle tendresse et émotion, ironie grinçante, imprimant à la pièce une tonalité douce-amère typiquement tchékovienne.
Le comique de farce et ses ressorts traditionnels demeurent au coeur du spectacle. La dispute entre Lomov et Natalia au sujet d’une terre ou d’un chien de chasse en est un exemple :
Qui est le propriétaire du Pré aux vaches? Quel est le meilleur chien de chasse? Otkataï à la mâchoire trop courte ou Ougadaï laid comme une rosse? Les délicieuses sonorités slaves enchantent le public!
Un clair-obscur continu, le dépouillement du décor réduit à quelques objets symboliques suggèrent la monotonie de toute une vie. D’une bande-son émane une musique mélancolique, fin de siècle... Les derniers tzars achèvent leur règne.
Le comique de farce et ses ressorts traditionnels demeurent au coeur du spectacle. La dispute entre Lomov et Natalia au sujet d’une terre ou d’un chien de chasse en est un exemple :

Un clair-obscur continu, le dépouillement du décor réduit à quelques objets symboliques suggèrent la monotonie de toute une vie. D’une bande-son émane une musique mélancolique, fin de siècle... Les derniers tzars achèvent leur règne.
Certes, le metteur en scène prend des libertés, mais respecte le texte. Les intrusions ou les omissions enrichissent la farce d’origine. Le spectacle reconstruit avec intelligence dans une composition en boucle (le même personnage, Nioukhine, commence et termine la conférence sur le tabac) est brillamment soutenu par trois actrices de talent. Cette perspective de lecture nous plonge d’emblée dans l’univers tchékhovien. La scène finale fait écho à «L’Oncle Vania ».
Bravo à la Compagnie du Premier Acte! Cette « Plaisanterie » de bon goût a été très bien ovationnée. À juste titre!

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