LA RÉGIE : ON DÉMONTE
A peine le Théâtre en stock a-t-il dit ses derniers mots sur Charles Perrault, que les régisseurs entrent en scène. Ce mardi 2 juin à 11 heures, c’est la fin du 34° festival.
Momo, le régisseur de la troupe invitée, regroupe les accessoires, embarque la malle et le fauteuil dans le camion. En même temps, l’équipe de régie du Festival a sorti la tour de son enclos, adossé les échelles et commencé le décrochage des projecteurs et l’enroulement des câbles. Tous les techniciens sont réunis pour une dernière partie qui se jouera en deux heures. Les câbles de l’extérieur qui ont servi à permettre la cuisson des crêpes ou la friture des accras ne sont plus là, la bannière Festival Théâtral ne flotte plus à côté des drapeaux. Franck Martin, le régisseur général, a déjà fait un premier transport de matériel jusqu’à son entrepôt. Il ne reste qu’à faire la photo de famille sur le plateau.
Autour de Franck : Florian Huet, leste, toujours partant pour escalader la tour, Damien Compain, spécialiste du grimper à l’échelle et du rangement, Tanguy Gauchet, le plus souvent dans les cintres, détendu et souriant, Bruno Baïdez, venu surtout pour « caler le son ». Il faut dire que le son, il connaît puisqu’il est bassiste-choriste dans le groupe des Wackos amateur de rhythm and blues. Il aimerait bien se produire à Coye ! Anaïs Valembois n’est pas là ce matin, son sourire manque.
Au nom de tous, Franck dit sa satisfaction : « Cela a été un très bon festival, pas de grosse fiche technique lourde à gérer. L’ambiance ici est tellement bonne qu’on aime venir. » Florian renchérit : « Que du bonheur de venir bosser ici ! » Leurs spectacles préférés de ce festival : Un fil à la patte, La Peur.
Franck est là chaque jour et suit tous les spectacles. Il dispose de deux postes d’observation : la régie et le local technique en bordure de plateau. « Quand je suis dans le local technique, je ne vois pas les comédiens, mais j’aime bien les entendre ainsi que la musique, et comme j’ai assisté au filage, je les imagine. Tous les soirs, pendant les spectacles, je surveille, je tourne, je passe de la régie au local technique puis je poursuis vers le hall d’entrée, car je suis aussi responsable de la sécurité. Je vérifie que tout se passe bien. J’ai équipé d’un talkie walkie les autres régisseurs présents et s’il y a un problème quelque part, je les avertis. C’est très bien, nous n’avons pas eu à nous en servir. »

Sa passion, c’est le matériel technique. Il adore les projecteurs, il aime expliquer au néophyte médusé la différence entre un PAR – conçu à partir d’un phare de voiture – et un PC, le projecteur à lentille convexe ! Ses chouchous : les deux robots qu’il a installés chaque soir devant l’entrée du Centre culturel pour créer une ambiance, dit-il, et dont les faisceaux lumineux balaient l’esplanade. « Ce sont des projecteurs asservis. » Comme l’adjectif me paraît curieux, il explique : « Ils sont entièrement automatisés, ils font du pan-tilt, c’est-à-dire du panoramique, ils tournent tout seuls. » Comme Franck, je suis fascinée !Son point fort, en dehors de sa compétence bien sûr, c’est son calme et son sourire. Indispensables pour accueillir les dix-sept troupes qui se produisent pendant presque trois semaines. Et quand les portes de la salle de spectacle se ferment pour le public et les comédiens, lui et toute son équipe reprennent le travail, chaque nuit démontent, remontent, préparent, infatigables. Après le dernier branchement, un pique-nique sur le plateau à deux heures du matin ne les effraie pas ! En musique évidemment.
Comme le spectacle continue, ils seront là le lendemain matin à 9 heures pour accueillir une nouvelle compagnie. Ainsi roule le Festival : des bénévoles passionnés qui ne comptent pas leur temps et des techniciens professionnels tout aussi passionnés à qui le public doit chaque soir le plaisir du théâtre.
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