L’aigle à deux têtes, de Jean Cocteau
Centre culturel de Coye-la-forêt
Dimanche 18 septembre, à 16h
Rencontre avec le metteur en scène Paul Goulhot
À l’occasion de la représentation de la pièce de Cocteau, L’Aigle à deux têtes, au Centre culturel de Coye-la-forêt, la rédaction de coye29 a rencontré Paul Goulhot, le metteur en scène, qui venait de quitter le plateau pour reconduire les comédiens à la gare. Après le travail d’une journée de répétition, Paul est encore fringant et dynamique, l’œil bleu qui brille quand on parle théâtre.
Coye29 : Bonjour Paul, la première de la pièce aura lieu dimanche 18 septembre en sortie de résidence, dit-on. Le blog coye29, toujours intéressé par le théâtre, a eu très envie d’échanger avec vous sur votre travail et votre objectif de metteur en scène. Paul Goulhot : Oui, le 18 septembre notre troupe aura la chance d’avoir « résidé » trois semaines dans une salle de spectacle pour faire aboutir cette création, une semaine à Lamorlaye, puis deux à Coye-la-forêt grâce à l’invitation de Thierry Charpiot et de son association Calliope.

Coye29 : Trois semaines pour monter une pièce, cela semble court au premier abord... : Certes la création se finalise en trois semaines, mais le travail en amont est important. Nous sommes sur le projet depuis novembre. Quand nous arrivons en résidence sur un plateau, tout est prêt : la musique est choisie, les accessoires réunis, l’utilisation des vidéos a été vue, les affiches réalisées…
Ici, on travaille le jeu des comédiens et la création lumière, nous avons aussi installé un support de projections. Mais le casting a été lancé en novembre, décidé après une ou deux journées d’auditions et nous avons fait plusieurs lectures ensuite.

Coye29 : Je sais que vous connaissez bien Coye-la-forêt… : J’habite Lamorlaye et c’est à Coye que j’ai commencé et appris le théâtre avec La Lucarne, de 6 à 18 ans. L’ambiance théâtre je la connais bien, avec les cours, les représentations et le Festival théâtral.
Ensuite j’ai poursuivi ma formation d’acteur au Conservatoire de Cergy-Pontoise puis au Cours Simon. Il est donc tout naturel pour moi de vouloir revenir à Coye pour la première de ce spectacle.
Coye29 : Comment s’est fait le choix de la pièce ? : Je connaissais Cocteau bien sûr, que j’aimais beaucoup, et pendant le confinement, par hasard, j’ai regardé La Belle et la Bête, et j’ai été happé par le texte, l’histoire, le thème de l’identité… J’ai relu d’autres pièces — La Machine infernale, La Voix humaine, Orphée. L’Aigle à deux têtes a retenu mon attention car c’est une pièce peu adaptée, donc où l’on peut créer, imaginer ; elle ne compte que cinq personnages, et la question de l’identité m’intéresse… qui l’on est, comment l’on veut être… Je l’ai choisie pour toutes ces raisons et j’ai eu envie de la transposer ailleurs, en Asie.
Le casting a été fait en fonction de cet objectif. Le Japon, la Chine sont pour moi des pays qui ont une sensibilité particulière, une esthétique. Je suis cinéphile et j’aime beaucoup les films de Kurosawa, de Zhang Yimou. Je voulais un monde imaginaire qui rassemble ces cultures asiatiques, chinoise, japonaise, laotienne... On peut tous s’accepter et s’aimer. Cette pièce raconte une histoire d’amour qui rassemble les identités, dans laquelle les contraires s’attirent et s’unissent — La Reine est veuve. Dix ans après un anarchiste veut la tuer, mais il ressemble au roi qu’elle a aimé et perdu au matin de ses noces… La passion les emporte…
J’ai voulu qu’il n’y ait qu’un Caucasien parmi les cinq comédiens, celui qui joue le personnage de STANISLAS. Je suis fier de mon équipe qui m'a suivi dans ce projet un peu fou. Ce sont des professionnels qui ont entre 10 et 25 ans de carrière au théâtre, qui ont aussi tourné pour le cinéma et la télévision.
Coye29 : On a tous vu le symbole de l'aigle à deux têtes sur des drapeaux ou des armoiries, souvent germaniques, slaves. Quel sens particulier donnez-vous au titre de la pièce que vous situez en Asie ?
: Pour moi ce sont deux êtres qui fusionnent face à l'avenir et aux complots. Deux corps mais un élan. Le personnage de Stanislas dit : " Je vous offre d'être vous et moi un aigle à deux têtes". Si l'on coupe une tête, l'aigle meurt.
Coye29 : Encore une raison d'aller voir cette pièce ? : Elle a été peu adaptée, je l’ai dit, et le plus souvent recentrée sur des pays européens. Là, elle devient une invitation au voyage, avec un décor que l'on dirait tracé à l'encre de Chine, des accessoires suggestifs comme les katanas, au lieu d’armes à feu. Mais par respect pour le texte je n'ai pas changé les noms.
Coye29 : Merci, Paul, pour cette présentation. Il est difficile de ne pas être tenté de vous suivre dans ce voyage vers l’Orient et cette vibrante histoire d’amour. À Coye-la-forêt le public répond présent. Je vous souhaite, ainsi qu’aux comédiens, une salle remplie… et vibrante.

Réservation :
https://www.helloasso.com/associations/s14/evenements/l-aigle-a-deux-tetes-sortie-de-residence
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