Les petites filles apprennent à broder auprès de leurs grands-mères. Elles font leurs premiers pas sur un gros canevas : point avant, point arrière, point de tige, chaînette, passé plat, passé empiété …
Point de croix : fils de coton croisés, une croix à côté d'une autre, et une autre encore.
Au fur et à mesure qu'elles grandissent et deviennent plus habiles, le tissu se fait plus fin, l'aiguille plus précise, le geste minutieux.
Jeunes filles, elles préparent leur trousseau. Elles tirent des fils sur toute la longueur de la toile et ouvrent des jours qu'elles bordent un à un. Elles tracent au point de feston des arabesques blanches sur le blanc des nappes damassées.
Devenues femmes, elles ont marqué leur linge de rouge. À points comptés, elles ont dessiné leurs initiales dans le drap épais et lourd – virginité perdue, plus tard naissance de l'enfant.
Toute leur vie, les femmes brodent. C'est leur vie que les femmes brodent.
Ouvrage de grand calme et de longue patience.
Jeunes ou vieilles, elles ne sont pas pressées d'en finir. Elles ont tout leur temps. Sitôt une pièce terminée, elles en entameront une autre, et une autre encore, et comme cela, tant que leurs yeux leur permettront de voir, tant que leurs mains ne seront pas engourdies.
Contrairement à la couture ou au tricot, la broderie n'a aucune utilité. Elle n'est rien d'autre qu'une inscription du temps qui passe. Elle est la marque d'une vie. Dans la souplesse de l'étoffe qui peu à peu s'use et s’efface et finira par disparaître – comme le souvenir, la broderie est le témoin qui se transmet de femme en femme d'une génération à l'autre.
du 23 Novembre au 1° décembre 2013
Invitée d’honneur : Jacqueline Durivault
Quand le ciel bas et lourd…
Au Salon des Beaux-Arts, on vient chercher l’oubli. Du brouillard, du quotidien gris, des uniformes noirs de la rue, des actualités déprimantes. Pour ce faire, pas besoin d’un quelconque euphorisant. La plongée dans l’ailleurs se fait par le regard.
Ce 48° Salon confie à Jacqueline Durivault le soin de conduire celui qui passe la porte vers les couleurs du monde - la Camargue, la Bretagne, Venise…. Vers les mouvements des corps – danseurs, musiciens - des voiles, du vent, des barques…
Ici, on a de l’espace, on respire, on prend le temps de s’attarder sur les plages de couleurs, l’ocre d’un violoncelle, les bleus de la mer, le vert de la lagune qui s’étale, le trait rouge qui souligne la barque. Le jeu des contrastes ou des camaïeux. Le dessin est énergique, le trait tantôt appuie tantôt s’efface, si bien que tout est mouvement. Le jeu des lignes entraîne dans un vertige qui fait oublier la réalité pour ne garder qu’une sensation. Ne pas chercher dans ces toiles une représentation de la réalité, se laisser simplement porter par l’élan des traits et les fulgurances des contrastes, la beauté nue de la couleur. La couleur nous est donnée, à nous de nous en emparer.
Vendredi 8 novembre, une nouvelle fois, les enfants des écoles de Coye La forêt se sont mobilisés pour soutenir l’association ELA (Association européenne contre les leucodystrophies) en récoltant des fonds (1900 euros) et en participant à un relais à travers les rues et la forêt du village.
Cette année les élèves ont eu la joie d’accueillir Sophie Thalmann, membre d’honneur d’ELA et miss France en 1998 ainsi que Dominique Bœuf, jockey, 4 fois cravache d’or qui ont généreusement et spontanément accepté de participer à cette manifestation sportive solidaire.
En effet ils ont tous deux donné le départ du relais et encouragé les enfants ravis de ce soutien, tout au long de la course.
Epuisés, visages rouges, essoufflés mais néanmoins heureux et fiers d’avoir participé à cet élan de générosité et de solidarité, les enfants se sont dits prêts à recommencer l’année prochaine.
Animation et solidarité Dimanche 2 juin 2013
Une affaire de famille
La brocante, c’est une affaire de famille dans tous les sens du mot. C’est d’abord l’affaire de l’association des Familles qui organise ce joyeux rassemblement depuis les années 1980, presque unique à l’époque dans la région proche - depuis, presque chaque commune a sa brocante aux beaux jours de printemps ou d’automne. Ensuite, c’est l’affaire des familles organisatrices, Magali et Alain Mariage, Christelle Dewaëlle, aidés par cinq membres de l’association. Avec persévérance ils ont fait revivre la manifestation à laquelle la famille Comoy avait donné toute son énergie il y a plus de vingt ans. Enfin la brocante concerne toutes les nombreuses familles de Coye et des alentours qui aiment se retrouver entre les étalages, dans l’espoir de « faire de bonnes affaires » et pour le plaisir des rencontres.
Un lieu ouvertDimanche 2 juin, dès 8 heures, la rue d’Hérivaux se remplit : aux lève-tôt les meilleures affaires. Le soleil est inespéré après le froid et les pluies de mai, si bien que l’affluence ne diminuera pas tout au long de la journée. L’ambiance est bon enfant, détendue et très agréable. On retrouve des connaissances, tous les quartiers se mêlent enfin, tous les âges, toutes les bourses. Lieu ouvert – les barrières sont ailleurs – où les gens se croisent dans un cadre harmonieux, visages détendus, joyeux, tout le monde respecte tout le monde, chacun est là pour passer un bon moment. Les vendeurs se sont organisés pour leur confort : tables, parasols, fauteuils, chaises-longues… et ne refusent pas de prêter un siège au promeneur épuisé. Tout est prévu aussi pour les pauses entre deux achats, boissons fraîches, crêpes, frites…
« Quand la honte montera au front des hommes, le Monde sera sauvé ! » dit le sage. Les hommes ne resteront pas toujours dans le déni permanent des crimes, viols, agressions et exactions dont ils sont, eux les hommes, les auteurs. Ils subissent et font subir, celant leurs esprits dans le petit enfer de leur culpabilité. Le sexisme est un mode de pensée et un mode de fonctionnement de toutes les sociétés de la planète. Il repose sur l’acceptation de leurs sorts pour les femmes victimes et pour les hommes d’être esclaves et bourreaux. Cette acceptation, ce consentement, est obtenu grâce à l’obligation stricte de construire des relations humaines dans des rapports de domination-soumission.
Quand le Festival est fini, il nous reste des images : les dunes, le hammam, la table métallique, le feuillage d’un sous-bois… et tous les visages des comédiens dans la lumière… Elles sont nées de l’imaginaire des metteurs en scène et des créateurs lumières ; les régisseurs et les techniciens les ont fait exister. Grâce à ces derniers l’illusion prend l’aspect du réel.
La régie du Festival, c’est un groupe de sept à huit hommes toujours en mouvement.¹ Pas facile de les approcher, de les photographier, de prendre le temps de bavarder avec eux. Non qu’ils soient timides ou grincheux, mais le temps, justement ils ne l’ont pas. Allées et venues dans les travées, sur le plateau, réglages en régie, réglages dans les cintres, vérifications des branchements côté cour, ascensions dans les échafaudages, grimpées à l’échelle. A quoi on ajoute des déplacements hors Coye-la-forêt pour aller chercher du matériel et le rapporter le lendemain. Sans compter l’accueil des troupes au petit matin, alors que le montage s’est terminé vers 4 ou 5h….., contacts avec les régisseurs de troupes, coups de main pour mise en place du décor, et j’en oublie. Pourtant on a pu faire connaissance, ils se sont habitués à me voir au bas de l’échelle, enjambant les câbles, et j’aime bien les retrouver chaque année, j’apprends un peu de leur vocabulaire et je progresse !
d’après Guillaume Guéraud
Compagnie Courant d’Art Production
Mise en scène : Patrick Courtois
Textes du CM2 de Mme Uzan
Lundi 3 juin nous sommes allés voir une pièce de théâtre. Je ne sais pas si vous-voulez la connaître mais je vais quand même vous la raconter...
C'est l'histoire d'un jeune homme qui se fait kidnapper par une famille très pauvre tandis que lui, il est très riche. Il va tomber amoureux d'une jeune fille pauvre, la jeune fille s'appelle Julie. Julie va trouver un dictionnaire dans la sacoche du jeune homme alors elle va lui demander si elle peut lui emprunter, il lui répond que oui et qu'il s'en rachètera un, alors elle le prit. Puis elle lui demande s'il a de l'argent de poche, il répond "oui j'ai mille euros par mois". Julie est très étonnée. Un peu plus tard il lui demande à quoi jouer, ils trouvèrent un jeu mais soudain la police arriva alors ils se sont dit "JE T'AIME" et ils sont partis tous les deux en se tenant la main...
Samedi soir 1° juin, cérémonie de clôture ! Heure des bilans et des discours. Les acteurs du Théâtre de La Lucarne viennent de terminer leur seconde représentation. Le Président du Festival, Jean-François Gabillet, entre en scène. Comme il en est à plus de trente représentations, il connaît parfaitement son rôle. Et si par malheur quelques répliques venaient à lui manquer, tous ceux qui jouent dans la même pièce pourraient souffler. Je veux parler de Claude Domenech, de Sylvie et Jean-Claude Grimal, de Jacques Bona et de Laura Lambois présents à ses côtés sur le plateau. Monsieur le maire est dans la salle, comme les régisseurs Franck Martin et Daniel Zielcke, les bénévoles du Festival, la famille, les amis et les spectateurs qui se sont attardés.
Pendant quinze jours, Coye a vécu au rythme du Festival, le 32° Festival Théâtral de Coye, un événement qui déborde largement les limites de notre commune et bouscule la sérénité habituelle de ses habitants.
Cette année, la pluie et le froid ont bien essayé de refroidir l’ardeur du public, mais il en faut plus pour empêcher les amoureux du théâtre de se rendre en nombre, dès huit heures du soir au Centre culturel transformé à l’occasion en joyeux cabaret avec musique, chants et danses, boissons et nourriture, en attendant l’ouverture de la salle de spectacle.
C’est le moment des retrouvailles, des nouvelles rencontres ; même si on se voit pour la première fois, on sympathise parce qu’on fait tous partie de la grande famille du théâtre. Il s’en dégage une atmosphère chaleureuse, bruyante, désordonnée mais tellement attachante !
de Heinrich von Kleist
Théâtre de La Lucarne
Mise en scène Claude Domenech
En clôture, le public du Festival est allé à la découverte d’un auteur dramatique allemand du début du XIX° siècle, assez peu connu des Français, si ce n’est par « Le Prince de Hombourg », drame dans lequel s’était illustré Gérard Philipe. C’est le mérite de notre troupe locale que de varier les sujets, les auteurs et les genres. La liste des pièces qu’elle a produites depuis 45 ans se lit comme une histoire du théâtre.
Mais point de drame romantique ici, juste une comédie, connue comme « la meilleure comédie du répertoire allemand. »
Le titre a quelque chose de dérisoire. Quoi ! Ecrire toute une pièce sur une cruche ! Cela ne saurait être qu’une farce, bien sûr. L’argument est simple : Un homme a pénétré indûment dans la chambre d’une jeune fille, Eve, et en s’enfuyant a cassé une cruche. Marthe Rule, la mère, en appelle à la justice et accuse du méfait un galant du village qui s’intéresse de très près à sa fille. Pourtant l’auteur du méfait est le juge en personne, qui se nomme … Adam ! On devine où cela nous mène. Comment la forfaiture du magistrat sera-t-elle dévoilée ? Grâce à un inspecteur des tribunaux qui vient justement à passer et rassemble les indices pour confondre le juge, notamment une perruque perdue dans une vigne en espalier sous les fenêtres de la jeune fille – perruque burlesque dont on parle du début à la fin de la pièce et qui passe de main en main ! La mise en scène donne à la fable un petit air d’enquête policière : l’horloge assure le chronométrage des faits, le greffier liste les informations au tableau, les témoins sont appelés à la barre pour une déposition sous un faisceau lumineux…
de Voltaire
Compagnie du Catogan ID Production
Adaptation et mise en scène Gwenhaël de Gouvello
C’est un tourbillon, une page des Mille et une nuits, un voyage en Orient, une course haletante au royaume de Babylone, sur les rives de l’Euphrate, dans les déserts d’Arabie, en Egypte…. Tel est le Zadig que nous a offert la Compagnie du Catogan.
Le propos de Voltaire était d’utiliser le genre du conte oriental et sa cohorte de rebondissements d’une part pour divertir, d’autre part, et surtout, pour interroger sur les jeux du hasard ou du destin, le bonheur et le malheur, et surtout sortir les griffes contre la bêtise, les superstitions, les injustices, la corruption et l’intolérance. Dénoncer et rire. Etre un satiriste et raconter une histoire. Mêler les genres, brouiller les pistes. L’adaptation du conte par Gwenhaël de Gouvello ne s’en prive pas non plus.
d’Israël Horovitz
Compagnie Cavalcade
Mise en scène Sylvia Bruyant
Quelle bonne idée de nous proposer cette année au festival théâtral de Coye-la-Forêt deux pièces d’Horovitz ! Cela nous a permis de faire connaissance avec cet auteur et de voir les facettes très différentes de son talent. La pièce « Le Premier » est une œuvre apparentée au théâtre de l’absurde dont l’inspiration peut être recherchée du côté de Beckett ou de Ionesco, tandis que « Le Baiser de la veuve » est d’un style bien différent.
L’absurdité de notre condition humaine et surtout de notre moi social est évoquée dans « Le Premier. » Cinq personnages font la queue, on ne sait pour quelle raison et finalement cela n’a pas d’importance. C’est l’absurdité de la vie de groupe qui est ici montrée et la volonté d’être le premier quel que soit l’enjeu. Pour cela l’homme est prêt à toutes les compromissions. Il est intéressant de voir que la mise en scène est essentielle ici dans la mesure où il n’y a pas de chose plus statique que de faire la queue, pourtant il s’agit d’une pièce où les acteurs sont très mouvants et même bondissants. Dans un décor inexistant, une simple bande blanche au sol, ils réussissent à occuper l’espace dans une superbe mise en scène de Léa Marie-Saint-Germain.
d’Israël Horovitz
Compagnie Les Aléas
Mise en scène Léa Marie-Saint-Germain
Comme le temps passe : la voilà de retour cette pièce qui était au programme du 14ème Festival Théâtral (mai 1995, par la Compagnie Hercube). Aujourd’hui, nous retrouvons la même jeunesse d’interprétation, la même énergie, mais nous avons changé. Notre sensibilité a été soumise aux climats de l’Histoire : membres d’une société plus inquiète, nous percevons plus intensément des dramaturgies qui, à l’époque, se contentaient de nous divertir.
Quelles étaient les intentions de l’auteur lorsque Line (titre américain) a été représentée pour la première fois au théâtre de La Mamma à New-York en 1967 sinon de montrer quelques spécimens ordinaires (plutôt américains) du genre humain se colletant avec vigueur dans une file d’attente ? Le titre français Le Premier rend peut-être mieux justice à son imagination car le génie d’Israël Horovitz nous propose une file d’attente pour rien, rien de matériel : les gens font la queue ici pour être chacun le premier devant une ligne blanche collée au sol. Vision archétypale de l’esprit catastrophique de compétition qui traverse notre civilisation. Retour au théâtre grec, à sa fonction purgative. Les spectateurs que nous sommes conserveront à jamais comme une épine le souvenir conscient ou inconscient du mythe incarné par le comédien qui veut être le premier devant la ligne blanche.
Comédie métaphysique et mise en scène d’Alexis Vésigot-Wahl
Compagnie Ucorne
Ce soir, j’ai vu une farce anti-cléricale, enlevée, gouailleuse, calembourdeuse et grinçante. La salle a ri, énervée, généreuse. J’ai souri.
Il faisait beau, pour une fois, et presque chaud. Les amis du festival se réunissaient dans le tintamarre syncopé des djembés. Au milieu du gué du voyage théâtral du Festival de Coye, mon enthousiasme intérieur était chauffé au rouge et j’étais prêt, ce soir-là, pour le grandiose. Je n’ai eu d’abord que du ridicule, intempestif et irrévérencieux. Mais oui ! Les ficelles étaient grosses, épaisses, rugueuses, tressées serrées comme des cordage de bateau. Les comédiens se faisaient marionnettes empesées, silhouettes affables et agitées, prises dans le filet du scénario, attrapés par la forme de la fable et les nécessités du style boulevardier. La charge sonnait la charge ! Les jeux de mots et les calembours s’amoncelaient le long des phrases avec une gourmandise allant jusqu’à la gloutonnerie. L’auteur avait décidé de ne se priver d’aucun, tricotant les blagues carambar avec les mots de l’Almanach Vermot, sur la trame d’un dialogue à la Audiard. Les ficelles étaient lourdes et les comédiens avaient décidé de s’en servir avec une râpeuse incivilité. Elles étaient faciles à grimper, avec des nœuds. Le public riait autour de moi. Tant mieux !
Une mondialisation à pisser de rire
de Thierry Dubroux
Compagnie Théâtre Octobre
Mise en scène Didier Kerckaert
Dans une entreprise de recyclage des déchets rachetée par les chinois, trois cadres, convoqués par la Directrice des ressources humaines, se demandent à quelle saumure ils vont être mangés. Mis en concurrence pour un improbable poste à Shanghai, les voilà sommés de démontrer leur motivation, leur capacité d'adaptation. Cri primal, Chinois pour les nuls, thérapie de groupe façon APEC, les exercices s'enchaînent, sans autre but identifiable que de déstabiliser les participants. A la manœuvre, la blonde incendiaire des ressources humaines emploie son QI de 170 à se désennuyer en menant cette ménagerie tertiaire par le bout de ses basiques instincts. De sélection naturelle en mâle dominant, elle est peut-être bien tout simplement en train de sélectionner son prochain amant...
De Rayhana
ID Production
Mise en scène : Fabian Chappuis
Vendredi 24 mai 2013, 21h30 : une musique orientale, une femme au corps dénudé se lave dans la pénombre…nous sommes dans un hammam d’Alger à l’heure des femmes. Huit d’entre elles, jeunes et moins jeunes, riches ou pauvres, viennent une à une sacrifier au rituel de beauté traditionnel, tandis qu’une neuvième, sur le point d’accoucher, est enfermée à l’insu de presque toutes dans un cabinet attenant. Nous savons qu’un drame va se jouer, et alors que s’accomplissent sous nos yeux les gestes de purification habituels, les langues se délient et les secrets éclosent. Nous, spectateurs, surprenons ces femmes dans leur intimité et la valse commence… Après avoir lu le synopsis, nous nous étions fait une idée assez vague , bon enfant, d’une conversation à huit clos entre femmes : forcément il y aura des petits secrets, des chamailleries, des rires…mais là ! On aurait dû annoncer un avis de «tempête sous le crâne». Les réactions sont vives, les répliques fusent, quel rythme! C’est le grand déballage… sur tous les sujets qui font la vie de ces femmes algériennes. Les mots étaient crus et, si l’on pouvait être choqué par certains d’entre eux, reconnaissons qu’ils avaient le mérite de dire la réalité sans tourner autour du pot, car après tout le langage n’a rien inventé, c’est la réalité elle-même qui est crue.
Compagnie Coup de poker
Mise en scène Guillaume Barbot
Et Textes collectifs
Plus de 240 personnes sont venues assister, ce jeudi soir, à ce qui sera peut être l’une des pièces les plus controversées de ce 32e Festival. Créée en Juillet 2012 pour le Festival d’ Avignon par Guillaume Barbot (L’évasion de Kamo présentée à Coye en 2010), et jouée en janvier 2012/février 2013 à la Maison des Métallos de Paris, Club 27 est une pièce qui ne peut pas plaire à tout le monde, une pièce que l’on adore ou que l’on déteste, mais qui ne laisse pas indifférent.
Brian Jones, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Jim Morrison et Kurt Cobain font tous partie du Club 27. Comment obtenir sa carte de membre ? La règle est la suivante : mourir à l’âge de 27 ans, (et avoir un certain intérêt pour les stupéfiants et les spiritueux…). Mais ce n’est pas leur seul point commun, toutes ces légendes ont vécu une vie aussi fulgurante que courte, avec un seul mot d’ordre : rester un éternel adolescent.
ou L'impossible mission de Maître Echinard
de Lydie Salvayre
Cie La Main Gauche
Mise en scène : Jeanne Mathis
Le personnage
Il y a NOUS, la confrérie huissière.
Il y a VOUS, les impétrants, les bleus.
Et EUX, objets de tant de haine, les SAISIS, tous des pauvres, des minables vicieux.
JE, Maître Échinard, donne doctement une leçon sur « les procédures de saisie et d’expulsion ». Il se doit de bien présenter et d'employer un langage correct pour être digne de la haute idée qu'il prétend se faire du " service de la loi". Soucieux de la pureté de son haleine (bonbons), de la propreté de ses vêtements (costume cravate, imper Colombo bien repassé), il est surtout attaché à la qualité de son expression, qu’il améliore constamment en prenant en notes sur son petit carnet bleu ses meilleures trouvailles.
De Bertolt Brecht
Cie du Grand Soir
Mise en scène : Christophe Luthringer
C'est un projet bien téméraire que de s'attaquer à la reprise de la pièce de Bertolt Brecht, "La vie de Galilée" : une quarantaine de personnages, pour une durée d'environ quatre heures si on joue la pièce dans son intégralité, sur un sujet a priori un peu sévère : rien moins que le développement de la science et de la recherche fondamentale dans l'Europe du 17ème siècle, en opposition aux superstitions et à l'obscurantisme. L'Église comprend qu'avec le passage d'une conception géocentrique du monde à une vision héliocentrique (ce n'est plus la Terre mais le Soleil qui est le centre de l'univers), c'est tout son système de représentation qui va être mis à mal. À terme le remplacement d'une pensée dogmatique par une réflexion qui s'appuie sur le doute et la raison nous mènera d'une organisation théocratique et autoritaire de la société à une perspective démocratique.
Ouh, la, la ! tout cela risque d'être bien ennuyeux sur une scène de théâtre !
de Lars Norén
Compagnie de l’Arcade
Mise en scène Agnès Renaud
Du quotidien théâtralisé, il fallait oser mettre en scène “Automne et Hiver” de Lars Norén. Agnès Renaud, s’en est très bien tirée. La pièce étant merveilleusement interprétée par la Compagnie de L’Arcade, nous sommes vite plongés dans une ambiance familiale.
Tout commence par une conversation entre la mère, le père et leurs deux filles autour d’une longue table pleine de verres. Celle-ci pivotera au gré des moments du repas. Si l’on ne voit pas sur cette table de nourriture, par contre les alcools ne sont pas absents, je dirai même qu’ils permettront au fil du temps de libérer la parole de chacun qui explosera souvent tous azimuts.
Par le biais simple, mais efficace, des mots, nous appréhendons mieux les problèmes que traversent les membres de celle famille. Problèmes que peuvent rencontrer nombre de cellules familiales aujourd’hui.
d’après Guy de Maupassant
Théâtre de la Lucarne
Adaptation & Mise en scène : Claude Domenech
Vendredi, je n’allai pas au théâtre sans appréhension, adapter une nouvelle de Maupassant ce n’est pas rien. Claude Domenech saurait-il garder l’esprit de l’écrivain, sa simplicité d’écriture, son sens poétique, son humour ?
Eh bien oui ! J’ai ri, j’ai entendu le rossignol, les sons de l’accordéon rappelant les guinguettes au bord de l’eau, j’ai participé aux danses, aux chants, au plaisir des acteurs de nous entraîner dans un tourbillon de jeunesse ; puis-je ajouter que je n’ai pas eu à ma torturer la tête, comme dans certaines pièces contemporaines, pour comprendre ce que l’auteur voulait nous dire.
D’après L. Frank Baum
Compagnie Tutti Quanti
Mise en scène : Alberto Nason
Une vie d’enfant, ou une vie tout court, c’est une succession de rencontres qui aident – ou devraient aider - à grandir et à découvrir le monde. Ainsi la petite fille de la fable présentée par la Compagnie Tutti Quanti et librement inspirée du Magicien d’Oz, échappant à la surveillance de sa tante, se perd-elle dans la forêt (cela vous rappelle quelque chose ?) Avant de retrouver son chemin, sa maison et sa maman – c’est curieux, elle ne parle pas de son papa ! – elle se trouve confrontée à de curieux personnages pour la création desquels le metteur en scène, grand amateur de commedia dell’arte, a fait appel à toute sa fantaisie.
La petite Dorotélé – clin d’œil aux enfants scotchés devant l’écran –, petite fille modèle en jupette rose, qui ne se sépare pas de son doudou, rencontre donc un épouvantail à la barbe de paille, un peu simplet et qui souffre de dyslexie, un homme de fer masqué et coiffé d’un entonnoir, pas sympathique du tout – mais qui le deviendra – ainsi qu’un lion débonnaire et peureux. N’oublions pas la sorcière au visage bleu et nez crochu !
Photos de Fabrice Isaac
Au Centre culturel pendant le Festival théâtral
Hardes de cerfs, faisans, cols-verts, marcassins… Que font-ils là ? Se sont-ils égarés, loin des forêts où le chasseur les traque ? Point. C’est un photographe qui les convoque. Les voici, surpris par Fabrice Isaac qui, à ses heures de loisir, parcourt les forêts dans l’attente de leur rencontre. Les voici, exposés au Centre culturel en coulisses du Festival théâtral, jouant sur la scène de la nature dans un spectacle toujours renouvelé.
Avec humour, Jacques Bona a imaginé d’associer aux photos des légendes inattendues, phrases littéraires et répliques du répertoire dramatique, pour une confrontation poétique et drôle entre images et littérature, entre les mots des hommes et les postures animales.
d’après Rudyard Kipling
Mise en scène de Loreleï Daize
Compagnies L’ombre de la lune et Acte II

























