de Monique Esther Rotenberg
Mise en scène de Pascal Elso
Une surprise, dès qu'on entre dans la salle de spectacle : il y a un décor sur scène. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'à Coye-la-Forêt on n'est guère habitué à ce genre de faste. La scène est le plus généralement nue ou très peu aménagée, avec quelques accessoires strictement utiles ou quelques éléments évocateurs à partir desquels il faudra laisser vagabonder son imaginaire. Et bien, une fois n'est pas coutume, aujourd'hui nous avons un vrai décor de théâtre bourgeois (avec, nous le verrons, effet de pluie derrière la fenêtre, de vent dans les rideaux, de plein soleil ou de lumière crépusculaire) ! Pour un peu on se croirait sur les boulevards ! Nous avons le temps de détailler : dans une douce pénombre, des meubles (fauteuils, guéridon, table…) que l'on devine sous les draps blancs qui les recouvrent, comme si les propriétaires s'étaient absentés pour un long moment, des livres sur une étagère, des abat-jours, des tapis, tout indique la culture et le confort ; pourtant curieusement il n'y a pas de tableaux aux murs, mais des cadres vides posés dans un coin, la salle de séjour ne présente qu'un seul angle et la perspective en est bizarrement faussée… une valise qui traîne… Sentiment de vide et d'absence.
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