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Le carton ? pas meilleur que le plastique !

Posted by Jacqueline Chevallier on 08 Fév 2026 in Tribunes Libres
Le carton ?  pas meilleur que le plastique !

Bien souvent, après une réunion conviviale, qu'elle soit festive ou professionnelle, on est invité à s'attarder encore un peu pour boire "le verre de l'amitié". En janvier au moment des galettes des rois, les occasions sont multipliées. Alors que les mises en garde ont été répétées depuis de nombreuses années, on peut s'étonner qu'encore en 2026 le verre en question soit jetable, longtemps en Le carton ?  pas meilleur que le plastique !plastique et désormais en carton. Si vous en faites la remarque, on vous rétorque avec assurance que :
- 1) les vrais verres devront être lavés après usage et que ça entraînera une consommation d'eau et d'électricité ;
- 2) que les gobelets sont recyclables, et que s'ils sont en carton, c'est encore mieux puisqu'ils sont biodégradables.

Intuitivement j'ai tendance à répondre : la fabrication et le recyclage (à supposer que ce dernier ait lieu), l'emballage, le transport, la commercialisation des gobelets consomment beaucoup plus d'eau, d'une part, et beaucoup plus d'énergie d'autre part que ne le fera notre lavage de vaisselle après usage. C'est pareil bien sûr pour les serviettes et les mouchoirs en tissu, même repassés, (les mouchoirs en papier ne devraient n'être utilisés que lorsqu'on est malade). Idem pour les papier-torchons et quantités de choses que nous mettons à la poubelle après usage unique. Ça me paraît évident ! Mais il faut se méfier des évidences : c'est bel et bien la Terre qui tourne autour du Soleil et non l'inverse.

Alors qu'en est-il exactement, c'est-à-dire scientifiquement ?

Le carton ?  pas meilleur que le plastique !

Pour trancher ce genre de question de façon rigoureuse, il faut faire ce que l'on appelle une analyse de cycle de vie (ACV) du produit, c'est-à-dire un bilan environnemental multicritère et multi-étape, depuis l'extraction des matières premières nécessaires à sa fabrication jusqu'à sa fin de vie (mise en décharge, recyclage…), en passant par ses phases de transport, ,usage, entretien, etc. Les résultats peuvent être parfois contre-intuitifs. Une rapide recherche sur internet donnent les liens suivants :

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/hugo-clement-en-toute-subjectivite/hugo-clement-en-toute-subjectivite-du-mercredi-11-septembre-2024-2996750
Ce premier lien envoie vers une émission de radio très courte et très claire sur les paradoxes des gobelets en carton par rapport à ceux en plastique jetable (désormais interdits).

https://www.auum.com/post/gobelets-carton-vs-gobelets-plastique-analyse-de-leurs-impacts-environnementaux
Ce deuxième lien nous dirige vers un article où l'on apprend que, du point de vue eau et énergie, le gobelet en plastique est plus vertueux que le gobelet en carton. Incroyable, non ?


D'abord il faut savoir que les gobelets qui se présentent comme étant « en carton » contiennent en fait une certaine dose de plastique, sinon, ils ne seraient pas imperméables (il en est de même des briques de jus de fruit). Or le « recyclage » du plastique n'existe pas : soit il est brûlé, soit à la fin, il finit en microparticules dans les écosystèmes, éventuellement après avoir eu une seconde vie, en fibre textile par exemple. Et peut-être même est-il plus difficile de recycler un gobelet dont on croit qu'il est en carton pur qu'un gobelet dont on et sûr qu'il est en pur plastique. À voir...


Le carton ?  pas meilleur que le plastique !Mais en plus, la fabrication du gobelet en carton consomme treize fois plus d'électricité et jusqu'à deux fois plus d'eau qu'un gobelet en plastique. Si on considère l'ensemble de son cycle de vie, il faudra consommer 152 cl d'eau. En comparaison, si on prend un lave-vaisselle domestique, on doit bien pouvoir laver une cinquantaine de verres, et ça consommerait une quinzaine de litres, soit 30 cl par verre.

En conclusion : que ce soit sur l'usage des ressources, sur les émissions de gaz à effet de serre (~ mesure de l'énergie), sur la consommation d'eau et sur la santé humaine, le réutilisable est clairement nettement mieux.

Le carton ?  pas meilleur que le plastique !Globalement il n'y a pas photo : en dehors de la situation particulière de tel ou tel cas d'espèce, réutiliser, et réutiliser encore, le plus longtemps possible, plutôt que jeter, économise de la ressource et réduit la pollution. Il faut sortir de la logique du jetable ; évidemment, ça implique de bousculer des habitudes acquises (relativement récemment, et à grand renfort de stratégies marketing). Et bousculer des habitudes, cela demande toujours un effort. Tout argument visant à justifier de rester dans le confort de ses habitudes plutôt que de les changer est une tentative de trouver des justifications. C'est une façon de se voiler la face.

Au moins, les papier-torchons, les mouchoirs et les serviettes en papier, eux, sont biodégradables à 100 % en quelques semaines. Mais cela n'enlève rien au fond : il vaut toujours mieux une solution réutilisable qu'une consommation à usage unique.

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ENTRETIEN AVEC NOOR STOKWIELDER

Posted by La rédaction on 04 Fév 2026 in Elections, Entretiens-Portraits, Municipales 2026
ENTRETIEN AVEC NOOR STOKWIELDER

Une citoyenne européenne...

Comme son nom peut le laisser entendre, Noor n'est pas française. Elle est néerlandaise. Mais étant d'une nationalité européenne, elle peut voter aux élections municipales et elle peut même être candidate. Elle a 42 ans, est mariée et a une fille de 12 ans, au collège Françoise Dolto de Lamorlaye. Elle parle, lit et écrit couramment le néerlandais bien sûr, mais également l'anglais et le français. Elle a longtemps fait, dans ces trois langues, de la traduction technique et commerciale pour différentes entreprises, mais ce travail est désormais sévèrement concurrencé par l'intelligence artificielle. Cependant Noor n'est pas du genre à se laisser abattre, elle a de nombreuses cordes à son arc ; il faut savoir s'adapter, dit-elle, et se préparer à l'avenir de façon positive, il y a toujours une solution.

ayant choisi de vivre à Coye la Forêt

Après avoir beaucoup voyagé et souvent déménagé (elle a grandi dans un village, puis est partie un temps vivre à Amsterdam, elle est allée plusieurs fois en Chine pour ses études et le travail, puis elle a habité à Vanves, ensuite à Clichy...), elle a maintenant posé ses valises à Coye-la-Forêt où elle habite depuis six ans.

Une chose est certaine, c'est qu'elle aime le village et qu'elle l'a adopté au point de vouloir s'y investir, afin qu'à l'avenir on y vive encore mieux qu'aujourd'hui. Noor est très liante, tournée vers les autres, et elle s'est rapidement intégrée dans le village : dès son arrivée, elle a pris contact avec ses voisins, avec d'autres parents d'élèves... et surtout, ayant eu connaissance de l'association Coye en Transition, elle y a tout de suite adhéré et elle s'y montre d'emblée très active. Elle fait aujourd'hui partie du bureau de l'association et elle anime des activités pédagogiques de jardinage à l'école des Bruyères, avec Ludovic Albarracin et des actions de sensibilisation pour les éco-délégués du collège Françoise Dolto, avec Vincent Pradel et Matthieu Fontaine.

une citoyenne impliquée écologiquement...

Car, Noor en est persuadée, il y a des choses à faire, ici, concrètement, avec un impact immédiat. Elle a très envie de lancer des projets collectifs auxquels pourraient participer tous les volontaires, ce qui permettrait tout à la fois d'avancer dans le sens de la transition écologique (et ce, de façon peu coûteuse) et de créer du lien en impliquant la population dans l'amélioration de son cadre de vie. Il existe un peu partout en France quantité d'initiatives heureuses dont on pourrait s'inspirer. Elle regrette par exemple qu'il n'y ait pas plus d'intervention des parents dans les écoles. Il faut être engagé ! Il faut briser les cadres, décloisonner, sortir de la routine, avancer, et sans doute aussi changer un peu nos habitudes. Noor est pleine d'une énergie communicative.

ENTRETIEN AVEC NOOR STOKWIELDER

Par exemple, elle trouve excessifs en France l'argent et l'espace consacrés à la voiture par rapport à ceux réservés aux piétons et aux mobilités dites douces. Certes, à Coye-la-Forêt il y a une route très fréquentée qui traverse le village. C'est une difficulté. Mais il faut réfléchir collectivement et trouver le moyen de créer un espace public apaisé où les piétons, les enfants et les personnes âgées notamment, puissent circuler en toute tranquillité. Noor vient d'un pays où la bicyclette est reine. Elle n'hésite pas à dire que les Pays-Bas sont le pays où les enfants sont les plus heureux au monde. précisément parce qu'ils sont beaucoup plus libres qu'ici de sortir dans l'espace public et d'y circuler en toute sécurité.

socialement...

Noor a toujours eu la fibre sociale. Elle fait du bénévolat, de différentes manières, depuis l'âge de seize ans ; à la fac, elle participait au conseil étudiant. Quand elle habitait à Clichy, elle était bénévole à la Croix Rouge, dans un établissement un peu similaire au vestiaire de Sofie, où l'on recueillait puis distribuait des vêtements et des objets aux personnes en difficulté. C'est dire qu'elle est ouverte aux autres et toujours prête à s'impliquer pour la collectivité.

politiquement...

Elle vient d'un pays où l'on cultive le consensus, où l'on ne peut gouverner qu'en créant des coalitions. Il faut donc savoir écouter, négocier, avancer sur les points d'accord au lieu de s'enfermer dans des rivalités paralysantes. Si jusqu'à présent Noor n'a jamais fait de politique à proprement parler, elle se situe nettement à gauche. D'ailleurs pour elle l'écologie est forcément de gauche, parce qu'elle se soucie du bien commun : en se préoccupant de l'habitabilité de la planète dans l'avenir, elle œuvre pour l'humanité toute entière. Et on ne pourra faire progresser les idées écologistes et la nécessité de les mettre en œuvre, que si on le fait dans une perspective sociale, d'entraide et de soutien aux plus démunis, d'autant que c'est eux qui auront le plus à souffrir du changement climatique.

pour l'avenir de la commune

Que la liste "L'écologie et la gauche réunies" gagne les élections ou pas, Noor, en deuxième position, sera forcément élue ; elle est jeune et optimiste, elle envisage cette perspective avec enthousiasme.

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ENTRETIEN AVEC CLAUDE LEBRET

Posted by La rédaction on 02 Fév 2026 in Elections, Entretiens-Portraits, Municipales 2026
ENTRETIEN AVEC CLAUDE LEBRET

Un démocrate engagé

Dans le cadre des élections municipales de mars 2026, en tête de la liste « L’écologie et la gauche réunies pour Coye-la-forêt », Claude Lebret s’engage résolument pour défendre les valeurs auxquelles il tient, la préservation de l’environnement et la démocratie.

Claude connait bien Coye-la-forêt où il est arrivé en 2008. Venant de la Haute-Saône, suite à sa demande de mutation, il a été nommé directeur du Domaine des Trois châteaux par l’association qui gérait la structure éducative accueillant des enfants de la Ville de Paris, et il a assuré cette fonction jusqu’en 2017.
Très vite il a eu le désir de s’intégrer en participant à la vie du village, et il s’est engagé dans plusieurs associations, la Sylve d’abord, puis « Ensemble pour Coye dans une dynamique de gauche », les deux associations dont il est aujourd’hui président. À la suite des élections municipales de 2014, il a siégé, pendant la première mandature de François Deshayes, comme conseiller municipal d’opposition jusqu’en 2020. C’est dire qu’il connaît le fonctionnement de la municipalité.

Parallèlement, il s’est investi dans une association nationale qui s’engage dans l’accompagnement des personnes handicapées depuis 1962, l’APAJH – Association pour Adultes et Jeunes Handicapés. Il en est actuellement le président de la section locale de l’Oise qui fêtera, cette année, ses soixante ans.

Avec la même volonté, faisant équipe avec deux autres Coyens, militants comme lui, il a travaillé, depuis la fermeture des Trois châteaux en 2022, pour faire de ce domaine exceptionnel un lieu où il serait possible à la fois de proposer un habitat pour les personnes en situation de handicap et de créer de l’emploi. Le projet n’a pu aboutir pour diverses raisons… Et les Coyens se désolent aujourd’hui de voir l’abandon auquel sont livrés les châteaux et leur parc impressionnants, lieux chargés d’histoire…

Rassembler, partager

ENTRETIEN AVEC CLAUDE LEBRETQuand j’interroge Claude sur ce qui l’intéresse ou le passionne, sur ses goûts, il dit : « J’aime le cinéma, la forêt, faire mon jardin…. Mais surtout j’aime que les gens se rencontrent, j’aime le brassage des populations, quand tout le monde peut participer, où chacun est utile. J’aime travailler avec les autres. »
C’est ce qu’il a mis en pratique avec le projet des Trois châteaux, un travail d’équipe, un triumvirat, comme il se plaît à le dire, qui a fait appel aussi à des spécialistes : « J’utilise régulièrement cette méthode de travail et je pense qu’une équipe municipale peut s’adjoindre des spécialistes bénévoles pour être très informée, cela ne grève pas le budget de la commune et crée du lien. » Ainsi on n'est pas obligé de faire appel à des bureaux d'études qui viennent de l'extérieur, n'ont pas une connaissance intime de Coye-la-Forêt et font souvent payer très cher leurs prestations.

Ȇtre candidat

Claude répète volontiers les raisons de sa candidature : « Je me présente pour assurer une vigilance, je crée une liste pour permettre le choix. En face de la droite il faut une liste de gauche. Je ne voulais pas qu’il n’y ait qu’une seule liste. Si, après François Deshayes, un second candidat s’était manifesté, je n’aurais pas composé une troisième liste. J’ai donc choisi de constituer un groupe de candidats très différents, qui rassemble des profils variés par l’âge, la personnalité, l’activité économique et leur appartenance à des associations. Le choix de la diversité est le point de départ de mon itinéraire. »
Par ailleurs, on attend d’un maire qu’il soit aussi un bon gestionnaire. Claude Lebret rappelle que lorsqu'il était directeur du Domaine des Trois châteaux, il avait à gérer un budget se montant à 3,6 millions d’euros en 2017, soit presque l'équivalent de celui de la commune. « J’ai toujours eu le souci de l’utilisation des fonds publics », dit-il. Pour cette raison la liste est composée de personnes qui connaissent la gestion administrative et financière, sur le plan professionnel et/ou associatif.

La clarté

ENTRETIEN AVEC CLAUDE LEBRETLe candidat qui réunit l’écologie et la gauche ne fait pas mystère de sa trajectoire et de ses engagements. Quand nous avons abordé son passé professionnel, avec une forme de fierté il a simplement dit : « Je suis un ancien ouvrier, puis grâce à la formation professionnelle réfléchie ou mise en place par des personnalités politiques de gauche comme Jacques Delors ou André Laignel, j’ai pu évoluer pour devenir commercial pour Manpower, conseiller en formation dans une Chambre de commerce et d’industrie, directeur-adjoint pour l’AFPA et j'ai eu en charge successivement la gestion de trois établissements sociaux pendant une vingtaine d’années. À titre bénévole je suis conseiller du salarié, c'est-à-dire que je suis amené à accompagner tel ou tel salarié en difficulté, par exemple lors d’un entretien préalable à un licenciement, dans une entreprise ne disposant pas de représentant du personnel. « J’ai toujours défendu les gens les plus fragiles.» Et son engagement politique ? « Je suis membre du parti socialiste, je n’en fais pas mystère, j’aime dire les choses clairement, contrairement aux listes de droite qui se disent souvent apolitiques » .

Un homme tranquille

Ce qui se remarque, dans l’attitude de Claude Lebret telle que je l’ai observé au cours de cet entretien, c’est l’aisance et la tranquillité avec lesquelles il parle de son projet et de ses convictions. Rien ne le trouble ou l’inquiète. Il a pensé à être candidat en automne, il en a parlé, il a attendu, a refusé de se hâter. Organisé, efficace, désireux de conduire et de réaliser son projet, il avance, bien entouré par ceux et celles à qui il a proposé d’être avec lui candidats à la mairie.

 

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Des médecins pour Coye-la-Forêt

Posted by La rédaction on 02 Fév 2026 in Elections, Municipales 2026
Des médecins pour Coye-la-Forêt

Depuis plusieurs années, l’accès aux soins est devenu un véritable problème dans notre commune.
Coye-la-Forêt dispose d’une maison médicale de qualité, mais elle ne repose aujourd’hui que sur l’engagement d’une seule praticienne, confrontée à une charge de travail toujours plus lourde. Cette situation n’est ni durable ni acceptable pour les habitants.

Des promesses sans résultats

Depuis trop longtemps, la municipalité sortante annonce régulièrement l’arrivée d’un médecin supplémentaire. Ces annonces sont restées sans suite.
Dans le même temps, le choix du salariat de médecins a toujours été écarté, alors même que ce modèle fonctionne avec succès dans des communes voisines comme Lamorlaye ou La Chapelle-en-Serval, avec des résultats concrets et visibles pour leurs habitants.

Une approche pragmatique et efficace

Notre équipe a décidé d’agir.
Nous travaillons activement à l’adaptation de ce modèle de salariat médical à Coye-la-Forêt. Des contacts ont déjà été pris et les premiers retours sont positifs. Ce projet structurant est aujourd’hui pris à bras-le-corps par notre liste, avec des propositions réalistes, construites et applicables.

Nous sommes bien avancés et nous nous engageons à informer régulièrement les Coyennes et les Coyens de l’évolution de ce dossier essentiel.

Notre engagement

Garantir un accès aux soins réel, durable et de proximité est une priorité absolue.
Faire venir des médecins à Coye-la-Forêt n’est pas un slogan : c’est l’ambition centrale de notre liste pour améliorer concrètement la qualité de vie dans notre commune.

 

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L’ECOLOGIE ET LA GAUCHE REUNIES POUR COYE LA FORET

Posted by La rédaction on 01 Fév 2026 in Elections, Municipales 2026
L’ECOLOGIE ET LA GAUCHE REUNIES POUR COYE LA FORET

Les élections municipales approchent

En mars prochain, vous serez amené à voter pour élire un nouveau conseil municipal. En juin 2025, le Maire de Coye la Forêt a annoncé son intention de se représenter aux prochaines élections de mars 2026.
Même s’il parait normal qu’une liste de droite se présente, il est évident que dans un souci démocratique, une liste de gauche doit, également, se manifester.
Vous serez informés régulièrement de la composition de la liste et des travaux des commissions.

 

Liste officielle des candidats
1 Claude LEBRET
2 Noor STOKWIELDER
3 Patrick BROUTIN
4 Estelle DARONDEAU
5 Fabrice DOMENECH
6 Anne KRENZER
7 Ludovic ALBARACIN
8 Isabelle CROIZER-GARNUNG
9 Vincent PRADEL
10 Dominique DERRIEN-CHARPIOT
11 Julien DERIMAY
12 Isabelle DOMENECH
13 Abdelmijd FRIKACH
14 Cécile MALET
15 Stéphane FEIGNON
16 Mathilde PERRICHON
17 Quentin DEMADE
18 Karine PALACIOS
19 Thierry CHARPIOT
20 Sofia PETRINI
21 Hugues MORIN
22 Marie-Alix LAURENT
23 Bernard FORTICAUX
24 Maud ADAM
25 Michel SCORZATO
26 Marie Louise BARNIER
27 Olivier MANCERON

 

 

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Les Trois Châteaux : un lieu d’accueil, de soin et d’éducation

Posted by Claude Lebret on 30 Jan 2026 in Tribunes Libres
Les Trois Châteaux : un lieu d’accueil, de soin et d’éducation

La Sylve – Conférence du 6 décembre 2025

Le samedi 6 décembre dernier, La Sylve proposait une conférence sur les Trois Châteaux, dans la salle « Claude Domenech » du centre culturel.

Lucienne Jean, de l’ALMA, a commencé son intervention en soulignant que le domaine des Trois Châteaux est encore fidèle à ce qu’il était au début du XXᵉ siècle.
Grâce à l’ouverture, en 1859, de la ligne de chemin de fer, Coye-la-Forêt est devenu, à partir de 1880, un lieu de résidence recherché du fait de l’environnement forestier et de la proximité de Chantilly et de Paris. Le château des Tilles est construit en 1897, celui de l’Hermitage en 1900 et le château de Forest-Lodge en 1905. Le château des Tilles fut la propriété de Monsieur Kraft ; l’Hermitage celle de Monsieur Decauville, constructeur de matériel ferroviaire à voie étroite.
Au début du XXᵉ siècle, le baron de Neuflize, qui fut régent de la Banque de France, achète les deux châteaux et fait construire celui de Forest-Lodge pour son fils. Chaque château se veut la réplique d’un autre bâtiment : celui des Tilles d’un château normand, celui de l’Hermitage d’un château du Kent (région du sud de l’Angleterre), Forest-Lodge de la Maison-Blanche et le pavillon des jockeys du hall de la gare de Lyon. Le baron meurt en 1928. Ce décès marque la fin de la période fastueuse des châteaux.
En 1943, les châteaux des Tilles et de l’Hermitage sont cédés à une association suédoise de bienfaisance. Dès 1944, des enfants victimes de la guerre sont accueillis. En 1949, Monsieur Wersman, ambassadeur de Suède, remet officiellement le domaine au Département de la Seine. Le troisième château est acquis en 1952.

Les Trois Châteaux : un lieu d’accueil, de soin et d’éducationPuis Lucienne Jean a cédé la parole à Claude Lebret, dernier directeur des Trois Châteaux, qui a indiqué que, dans les années 50-60, le site héberge des enfants atteints de la poliomyélite. Dirigé par le docteur Figot, chirurgien des Hôpitaux de Paris, le centre de Coye-la-Forêt disposait de personnels qualifiés, dont une doctoresse, une kinésithérapeute, une infirmière, deux institutrices et de nombreuses assistantes, monitrices et employés.

Il faut savoir qu’en 1949, Madame Mallet, de la Croix-Rouge française, s’est rendue au Brésil pour susciter la générosité d’un peuple ami de la France. C’est pour cela que les drapeaux du Brésil, de la France et de la Croix-Rouge flottaient à l’entrée du site.
En 1953, le centre franco-brésilien recevait 79 enfants, dont 73 atteints de la poliomyélite.

Il faut souligner que le centre embauchait beaucoup de jeunes femmes venant d’écoles d’aide-ménagère, comme celle de Wassy, dans la Haute-Marne, à l’exemple de Liliane Petit ou de Patricia Gil, que beaucoup de Coyens connaissent (elles ont travaillé 43 ans).

Les Trois Châteaux : un lieu d’accueil, de soin et d’éducation

À partir de 1990, l’Association de Groupement Éducatif, émanation de hauts fonctionnaires de la Ville de Paris, dont le but était de créer des centres de vacances, prend la gestion du domaine des Trois Châteaux.
L’établissement a compté près de 90 salariés.

La prestation d’internat scolaire et éducatif accueillait les enfants, leur permettant une scolarité et une personnalisation de leurs projets. Ils ont bénéficié, de la moyenne section de maternelle à la 3ᵉ, non seulement d’une scolarité renforcée, mais aussi d’un accompagnement éducatif, de soins médicaux et d’écoute psychologique.
Beaucoup d’entre eux, issus de milieux défavorisés, ont découvert des activités sportives et culturelles.

Les enfants arrivaient de Paris le dimanche soir et repartaient dans leurs familles le vendredi soir.
Le site pouvait accueillir 170 enfants, essentiellement du primaire avec l’école interne, et du secondaire, les jeunes étant scolarisés aux collèges de Lamorlaye et de Chantilly.
Pendant les vacances scolaires, l’établissement recevait les enfants des centres aérés de Paris.

Partenariat : en 2009, l’établissement a finalisé un partenariat avec la maison de retraite de Lamorlaye. Les jeunes allaient sur Lamorlaye et, plus rarement, des résidents venaient aux Trois Châteaux pour des manifestations festives.

Bénévolat : de septembre 2011 jusqu’en juin 2012, l’internat a eu recours, sur le château de l’Hermitage, à deux bénévoles dans le cadre d’une activité couture auprès des filles de CM2.
Cette activité ayant rencontré un franc succès, il a été décidé de transposer cette initiative au soutien scolaire et ainsi, d’avril à juin 2012, de faire appel à Jacqueline Scorzato, professeure de mathématiques à la retraite, pour aider les élèves de 3ᵉ à la préparation du brevet.

Au vu de ces expériences bénéfiques pour les jeunes, il a été décidé, pour l’année scolaire 2012-2013, d’élargir ce soutien individuel par le recours à davantage de bénévoles, comme le prévoyait le projet d’établissement 2010-2015. Par l’intermédiaire de La Sylve, et grâce à l’implication de Jacqueline Scorzato, de nouvelles personnes ont participé à l’aide aux devoirs : Andrée Lebris (institutrice), Nathalie Aguettant (économiste), Laurent Garret (professeur de mathématiques), Patrick Nicaise (scientifique), Gisèle Lormet (employée de banque), puis Martine Tence (chercheuse et formatrice).

8 324 enfants ont été accueillis de janvier 1990 à juin 2017.

La Ville de Paris a décidé de mettre un terme, le 15 juillet 2017, à l’accueil d’enfants bénéficiaires d’une bourse d’étude, après la décision du rectorat de Paris de fermer l’école élémentaire des Tilles.

Puis Claude Lebret a lu le témoignage d’une bénévole, Martine Tence, qui « garde un souvenir plein d’émotion de ses relations avec les jeunes et le personnel ».

Cécile Scorzato, cheffe de service éducatif, et Delphine Maynadie, éducatrice spécialisée, ont explicité la prise en charge éducative autour des apprentissages scolaires, de la vie quotidienne ainsi que des activités sportives et culturelles.

Les Trois Châteaux : un lieu d’accueil, de soin et d’éducationEn fin d’après-midi, Michèle Delzenne, institutrice, a témoigné, tout comme Michèle Decanis, qui a été en colonie pendant les vacances scolaires dans les années 1950.

 

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Les Valeurs bleu-blanc-rouge

Posted by Olivier Manceron on 22 Jan 2026 in Tribunes Libres
Les Valeurs bleu-blanc-rouge

Nos valeurs ? De quoi parle-t-on ? Ne vient-on pas de loin pour y trouver refuge ? Essayons de débobiner le concept. Les trouve-t-on dans notre histoire de France ? Nos richesses provinciales, nos églises et nos châteaux, nos riches vallées et nos verts coteaux ont été les berceaux de nos glorieuses traditions. Mais chaque personne qui est née quelque part a probablement le même bonheur de son enfance, sa douce France qui lui chante au cœur. C’est humain, c’est tout. Nos valeurs sont-elles celles de notre République ? Nous les avons conquises une à une, de la Bastille aux Droits de l’Homme, de l’abolition des privilèges à l’affaire Dreyfus, de la Marseillaise au suffrage universel, des congés payés à la Sécurité Sociale. Mais ces valeurs républicaines sont entachées de duplicité pour avoir soutenu en même temps l’esclavage, les bains de sang de la guillotine et de tous les massacres des saints innocents que furent les émeutes des sans-culottes, les batailles napoléoniennes, les conquêtes coloniales, la boucherie de la Grande Guerre, jusqu’aux exterminations de la dernière guerre mondiale. Pouvons-nous être honoré.es de ces valeurs-là ? Seuls les combats des Françaises pour leur liberté de femme, pour leur égalité avec les Français portent assez de valeurs intrinsèques pour faire de la France notre « chez nous », un réel sujet d’orgueil. Elles n’ont tué personne. Elles ont montré à deux reprises qu’elles pouvaient réparer le pays. A chaque guerre, pendant que leurs hommes mouraient dans la boue et leur revenaient totalement fous d’avoir tant souffert, elles ont été là. Elles se sont coupé les cheveux. Elles ont enlevé voiles et foulards en sortant des églises. Elles ont fait des études, sont devenues des professionnelles compétentes et des spécialistes qualifiées. Elles ont exigé le contrôle de la fertilité au prix de l’avortement, au prix de la contraception qu’elles font presque seules, pour avoir moins d’enfants forcés et plus d’enfants choisis. Ivres de rage et d’impuissance, les hommes brisent ce qu’ils construisent. Elles réparent patiemment. Elles les soignent et les aiment, bien qu’elles les craignent toujours. Contre la remontée des féminicides, des viols et des violences conjugales, elles ont construit la sororité des #MeToo et des féminismes. Elles réclament le droit à l’égalité, à la paix, à la joie de vivre. Voilà les vraies valeurs de la France.

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Handicap : Table ronde sur la loi de 2005, l'habitat et l'insertion professionnelle

Posted by Claude Lebret on 22 Déc 2025 in Tribunes Libres
Handicap : Table ronde sur la loi de 2005, l'habitat et l'insertion professionnelle

Dans le cadre du vingtième anniversaire de la loi du 11 février 2005 et de la semaine pour l’emploi des personnes handicapées et sous le parrainage de Jean Marie CAILLAUD, Préfet de l’Oise et Nadège LEFEBVRE, Présidente du Conseil Départemental de l’Oise, l’APAJH et la CFE CGC de l’Oise, organisaient une manifestation sur le thème : HANDICAP : HABITAT et INSERTION PROFESSIONNELLE, le mardi 18 novembre 2025 à 20h30 dans la salle « Claude DOMENECH » au centre culturel à Coye la forêt.
Avec une cinquantaine de spectateurs et après les discours de Claude LEBRET puis de Véronique PAUL, respectivement Président(e)s de l’APAJH et de la CFE CGC de l’Oise, la soirée commença par une table ronde avec Luc BAJOT , Vice-Président du MEDEF Oise ; Nicole COLIN, Vice-Présidente du Conseil Départemental de l’Oise, Chargée des personnes âgées et des personnes handicapées ; Guillaume LUROIS, Créateur de l’entreprise MYLULUBIKE à Orry la ville ; Marie-Anne MONTCHAMP, Vice-Présidente de la Fédération APAJH, ancienne secrétaire d’Etat aux Personnes Handicapées sous les Présidents CHIRAC et SARKOZY.
Handicap : Table ronde sur la loi de 2005, l'habitat et l'insertion professionnelleEn visio, Marie-Anne MONTCHAMP qui a fait adopter la loi du 11 février 2025 a insisté sur les grands volets de cette loi qui fixe le principe d’une accessibilité généralisée avec l’obligation de mise en accessibilité des bâtiments et des transports ; sur la mise en œuvre du droit à la compensation pour prendre en compte les surcoûts liés au handicap ; la confirmation de la loi de 1987 qui impose aux employeurs de plus de 20 salariés d’embaucher 6 % des travailleurs handicapés ainsi que la création dans chaque département d’un guichet unique d’accès simplifié aux droits et aux prestations avec la création de Maisons Départementales des Personnes Handicapées.
Concernant l’emploi des personnes en situation de handicap, il faut remarquer qu’il existe encore, des discriminations avec un taux de chomage plus élevé, même si celui-ci est passé, en 10 ans, de 24 à 12 % ainsi qu’une stagnation des carrières.
Le Docteur Yves DULMET a présenté le projet d’Habitat Inclusif de Coye la forêt qui devrait accueillir, en 2028, trois personnes âgées et huit personnes handicapées ainsi que 12 familles de valides dont certaines avec enfants.
La manifestation s’est terminée par un débat avec la salle et un cocktail ou les échanges ont pu continuer.

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Traine la traine de la comète derrière le train-train commun.

Posted by Olivier Manceron on 22 Déc 2025 in Tribunes Libres
Traine la traine de la comète derrière le train-train commun.

Les larmes de l’aube ont séché sur les vitres épaisses et laissent voir de la France ses lignes étirées, essuyées par la vitesse. Le train file dans la grisaille. Les wagons sont remplis de familles en passe de réunir leurs lassitudes et leurs besoins d’espoir. Noël creuse des nids dans les salons, devant les âtres, des nids de réconfort pour les gens dans la peine. Au creux de l’hiver, Noël réanime ce besoin de chaleur, de lumière et de retrouvailles, suscité par la crainte de la victoire de la nuit, dans la gloire de son solstice. Rien qu’une toute petite étoile suffit pour que l’ombre se brise. Le train fuit, écrasant les rails et le temps des horloges, dans sa rage d’arriver au nid originel. C’est le retour à la famille, à l’ombrage rassurant des arbres généalogiques. Retrouvailles et ripailles. Les émotions réclament des ventres pleins, des rires d’ivresse, des chaleurs de caresse. Le tout est servi chaud, saupoudré d’une neige de poésie et de légendes dorées, chatoyant d’histoires de reine et de roi, d’anges et de démons, à faire frémir les cœurs d’enfants. Alors si la sauce prend, si les rancœurs ombrageuses cèdent devant les flammèches de l’âtre et les chandelles allumées sur la table de la salle à manger, on parlera de magie de Noël. Même si le vieil oncle radote encore un peu plus et si la tante reste toujours aussi agaçante à tout vouloir régenter, ils sont des nôtres ! « Ils lèvent leur verre comme nous autres ! ». Ils sont d’autant plus nos références identitaires qu’ils ne changent pas trop, qu’ils existent encore, même si leurs rangs s’éclaircissent avec les années. « Famille, je vous hais ! » mais néanmoins heureusement que vous êtes là. Creusets des ombres, des crimes et des secrets, les familles sont haïssables avec leur pouvoir destructeur, leur capacité d’enfermement, de corruption d’enfant, de castration de mâles et de viol de femelles. Mais quand les familles se recomptent, se racontent, se refont le cercle de murailles et reconstruisent leur fondations, les familles sont adorables. Elles évident les cœurs en havres de paix et de résilience. Elles construisent des bibliothèques d’histoires antiques et de mythes fondateurs. Quand Noël génère assez de poésie chaleureuse, cela permet des multitudes d’échanges miroitants, de reflets déformants et de jeux de miroirs. Alors les familles recueillent les paroles sacrées des souffrances intimes. Alors les familles se creusent en vasque pour recevoir nos envies de vivre, se façonnent en vase élégant où fleurissent nos envies d’aimer.

Traine la traine de la comète derrière le train-train commun.
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L’écologie et la gauche réunies pour Coye-la-Forêt

Posted by Claude Lebret on 05 Déc 2025 in Elections
L’écologie et la gauche réunies pour Coye-la-Forêt

Chèr·e·s concitoyen·ne·s,

À l’aube des prochaines élections municipales, nous sommes convaincus que Coye-la-Forêt mérite une équipe municipale engagée, porteuse d’un projet ambitieux, écologique et solidaire.

Par souci démocratique, notre village a besoin d’un conseil municipal pluripartite, favorisant un véritable débat et représentant la diversité des idées.

Le précédent mandat a laissé un constat clair : l’absence de projets structurants capables de répondre aux défis écologiques et sociaux de notre époque. Il est temps de redonner confiance et envie d’agir aux habitants de Coye-la-Forêt, en faisant de ces enjeux une priorité.

Si vous souhaitez vous investir dans l’avenir de Coye-la-Forêt et croire en une démocratie participative où chaque habitant·e peut jouer un rôle, rejoignez-nous.

Rencontre publique : vendredi 5 décembre 2025 à 20h30, salle n°3 du centre culturel.

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L’APAJH Oise reçoit un chèque de la CPAM

Posted by Claude Lebret on 05 Déc 2025 in Tribunes Libres
L’APAJH Oise reçoit un chèque de la CPAM

L’importance des associations dans la vie de la nation et leur contribution à l’intérêt général justifient que les autorités administratives décident de leur apporter un soutien financier ou matériel. Ainsi, jeudi 9 octobre, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de l’Oise remettait un chèque à Claude LEBRET, Président de l’Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés de l’Oise. Ce montant permettra de financer une étude de faisabilité qui fournira une estimation provisoire des travaux pour la création d’un accueil pour femmes handicapées, victimes de violences ; celui-ci jouxterait un immeuble inclusif qui devrait ouvrir en novembre 2028 sur la commune de Coye-la-forêt. L’étude proposera d’abord une solution d’ensemble, en fixant les éléments majeurs du programme, puis une étude de conception sommaire précisera la composition en plans et en volumes, appréciera les volumes intérieurs et l’aspect extérieur de l’ouvrage.
Rappelons que depuis 2021, un groupe de Coyens de l’APAJH et de l’association « Femmes pour le Dire, Femmes pour Agir » travaille sur des projets qui devaient concerner le site des Trois châteaux, réfléchissant à des projets solidaires qui s’adressent à des publics souvent oubliés ; innovants pour valoriser la commune, le département ou la région ; duplicables pour que ces expériences servent à d’autres.

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Quand la sagesse deviendra populaire…

Posted by Olivier Manceron on 25 Nov 2025 in Tribunes Libres
Quand la sagesse deviendra populaire…

Si la sagesse était populaire, le bon sens serait-il commun ? Malheureusement le consensus est un marais tiède, où ceux qui s’y enfoncent ne cherchent plus jamais midi à quatorze heures, pour ne pas le perdre à leur porte. Quand la vie coule sans tourbillon sous les piles du pont, la sagesse est facile. Pas d’épreuve, pas d’épave où le regard s’écorche. Ne pas voir le mal, ne pas l’entendre, ne pas le dire, les trois petits singes de Confucius répètent depuis la nuit des temps que semer le vent récolte la tempête. Ne cherchons pas la petite bête, elle sera trop grosse à avaler. Développons notre « Moi intérieur » pour rejoindre l’ordre, la beauté, le luxe, le calme et la volupté. Pas d’alarme et le petit oiseau fera son nid. Si les nouvelles sont mauvaises, si de vieux amiraux viennent nous raconter qu’il faut se préparer à voir mourir nos enfants, l’angoisse compulsive nous fait scroller plus vite de l’index sur le miroir aux alouettes des réseaux sociaux. Les médias sont des alcools forts et addictifs. « Qui a bu boira !» Le mélange angoisses-mensonges, avec juste un zeste de proverbe ancien, est une remarquable défonce cérébrale. On cherche un fond de vrai dans tout ce fatras de post-vérités, même s’il n’y a plus de saison, ni même d’hirondelle pour croire encore au printemps. Tout à coup, dans une déchirure de brouillard de barbe-à-papa, surgit la réalité. En France, plus de 600 nourrissons victimes de violences sexuelles selon la Ciivise, en plus des 160.000 mineur.es victimes de violences sexuelles chaque année, bien sûr surtout des filles. C’est insupportable, inaudible, rapidement imperceptible. Il faut dire que chacun a ses chiffres. Les statistiques sont domestiquées, dressées à ne rapporter que ce qu’elles ont appris. Petites lunettes et complet veston, assis derrière leurs micros, jeunes et vieilles barbes expliquent que tout n’est pas perdu, que chaque moine fait son habit lui-même, qu’il vaut mieux guérir sans prévenir et qu’on ne fait pas d’omelette sans voler un bœuf. Si derrière toutes les barbes il y avait de la sagesse, les chèvres seraient toutes prophètes ! Nos yeux s’écarquillent et pleurent sur les femmes qui meurent sous les coups de leurs amants, sur les gens qui crèvent de froid dans les rues, sur les armes produites en masse pour nos fils qui vont devenir fous, dans ces guerres fomentées par de vieux ogres enragés de pouvoir. Heureusement les orateurs du bonheur, nos caresseurs du bon sens du poil, bercent nos cœurs d’une langueur mentale, nos deux oreilles bien collées sur l’oreiller.

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UN NOUVEAU FÉMINISME ?

Posted by Olivier Manceron on 25 Oct 2025 in Tribunes Libres
UN NOUVEAU FÉMINISME ?

Dans les rencontres informelles ou les cocktails officiels, on entend : « Le féminisme a changé ! Les militantes doivent se mettre au goût du jour ! » Les féminismes se sont développés en larges éventails dans le vent de l’Histoire et nous n’avons rien vu venir. « Le 21ème siècle sera religieux » prédisait André MALRAUX. La laïcité, valeur centrale de la République pendant le 20èmesiècle, n’a pas tenu la route. Le 21ème a redoré le lustre de toutes les religions. Les horreurs perpétrées par les grandes puissances de l’athéisme ont épuisé l’espoir de créer de nouvelles utopies. Revenues aux commandes des sociétés, les religions encadrent les mœurs et coutumes des peuples. En même temps, perdure et s’amplifie la secte scientiste d’adoration de « l’homme nouveau ». Cette fois ni Aryen, ni prolétaire, mais transhumanisé par la science, l’homme se pare de super-pouvoirs, grâce à des exosquelettes, des visions nyctalopes tous azimuts, des auditions hyper-Haute-Fidélité, des intelligences artificielles, pour gagner enfin la vie éternelle. Il lui suffit d’être dans les « winners ». Les « losers » iront prier leurs totems, érigés par leurs clergés. Seul compte le destin individuel, jusqu’à la faute originelle de ne pas être un élu. Et le féminisme, dans tout ça ? Les arrière-grands-mères avaient jeté aux orties corsets et crinolines pour fêter leur droit de voter. Les grands-mères ont brûlé leurs sous-tifs en place publique pour obtenir contraception et compte bancaire. Les mères ont conquis l’avortement, la criminalisation du viol et même du devoir conjugal. Les filles ont eu leur magnifique moment MeToo de reconnaissance mondialement répercutée. Et leurs filles sont les nouvelles féministes. Elles se demandent si le voile est un bout de tissu sans importance ou un acte de pudeur religieuse, si, pour acheter un bébé sur catalogue, une grossesse devient altruiste, si la vente de services sexuels est un acte charitable pour handicapés. Tout est flou. Le sort des femmes, des « F », n’est qu’une discrimination parmi tant d’autres. Il faut sauver tout le monde ou personne : les L, les G, les B, les T, les Q, les I, comme les F et mêmes les H, parce qu’il y a des hommes aussi ! Les races, les genres, les nationalités, les destins sociaux ou climatiques, tout n’est qu’inventaires de droits à conquérir ou à défendre. Les lois et les juristes nous sauveront tous ou pas du tout. Le nouveau féminisme, c’est la fin de l’universalité des droits humains. Il n’est plus à la mode de dire qu’être une femme, c’est subir des violences du seul fait de son sexe.

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"Art" de Yasmina Reza, vendredi 10 octobre à Coye.

Posted by La rédaction on 21 Sep 2025 in Théâtre
"Art" de Yasmina Reza, vendredi 10 octobre à Coye.

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ENGAGEZ-VOUS !

Posted by Olivier Manceron on 19 Sep 2025 in Tribunes Libres
ENGAGEZ-VOUS !

« Engagez-vous ! Rengagez-vous ! » vociférait le sergent recruteur, « Vous verrez du pays ! » classique enjôleur des jeunes conscrits des campagnes d’antan. Certes ils en virent « du pays » et les derniers survivants, désabusés, ressentirent au fond du cœur l’amertume d’avoir été trompés. Pourquoi tant de peines et d’horreurs ? L’engagement ne serait-il pas aussi « volontaire » que la servitude ? Faire son devoir ne ressemblerait alors qu’au respect passif de normes sociales. L’école est laïque, gratuite, mais tout de même obligatoire ! Si le mariage est un engagement, il y a des petits « oui » qui peuvent finir par coûter très cher. A entendre les gens avisés, il vaut mieux profiter de ce que l’on a, plutôt que d’aller s’occuper des autres. Si ce sont des gens qu’on a aidés dont on attend le merci et la reconnaissance, il vaut mieux rester au lit se regarder la dernière série. Bénévole veut-il dire naïve écervelée ? A quoi ça sert de se fatiguer ? Il y a plus d’embêtements à gagner que de contentements dans un engagement, quel qu’il soit. Alors le monde croule sous la tâche et plus grand monde ne crache dans ses mains pour prendre le manche ou le collier. L’avenir promet des guerres, des pollutions délétères et tant de misère ! Les câlins de maman réchauffaient l’enfant sage, mais notre mère la Terre se réchauffe pour nous en cuire. Avons-nous perdu le sens de la vie ? Alors battons-nous ! Engageons-nous ! Au bout, gagnerons-nous le combat ? Comment le savoir, si nous ne nous acharnons pas ? Au premier croisement, allons-nous nous arrêter et nous asseoir dans la poussière ? Quelle route prendre ? Nous ne sommes riches que de nos prises de risque et de nos capacités à accepter l’incertitude, ce doute qui à chaque choix nous étreint. L’avenir est un défilé dangereux qui cache des hasards hostiles. Chaque instant peut devenir un fatal Roncevaux. Mais s’engager, c’est la vie. L’enfant à naître s’engage dans le bien étroit passage de sa maman déchirée pour arriver à la lumière et à l’amour. Le sens de la vie, c’est ce combat pour nos valeurs, nos croyances, pour nos frères et nos sœurs. Et ce combat-là, c’est l’engagement. Le poids de nos douleurs, de nos faiblesses et de nos fichus passés de malheur pèsent si lourd que nous nous croyons incapables d’avancer. Mais le sac bien calé sur ses épaules, la marcheuse trouve son pas, mieux que la promeneuse oisive, les mains dans les poches de son tablier. S’engager ne permet pas de voir l’avenir, mais s’engager nous l’offre !

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L’eau est bonne

Posted by Olivier Manceron on 25 Aoû 2025 in Tribunes Libres
L’eau est bonne

« L’eau est bonne ! » Petite grenouille verte, tu es bien mignonne, avec tes yeux luisants d’amour et ta bouche d’influenceuse Tik-Tok, mais peut-être ne t’es-tu pas rendu compte que tu viens de sauter dans une petite casserole d’eau ? « Au début, elle est carrément frisquette. Mais rapidement, on s’habitue. Ça va ! » On s’habitue à tout. Les saisons marquaient les années de leurs fêtes carillonnées, chacune parée d’attributs particuliers, les mille fleurs du printemps, les moissons dorées de l’été, les vendanges ambrées de l’automne et le blanc manteau de l’hiver. Maintenant il n’y a plus de saison. On s’y est habitué. Les oiseaux se sont tus. Les insectes ont disparu. Les lapins ne courent plus dans les garennes. Les corolles joyeuses fleurissent dans les prairies désertées des abeilles. On réintroduit l’ours et le loup pour rééquilibrer par le haut ce qui disparaît par le bas. On s’habitue, c’est tout. « Au fait, petite grenouille, as-tu vu les petites flammes bleues qui lèchent ta casserole ? » - « Oh, ça va ! L’eau est chaude. Il y a des bulles dans mon jacuzzi ! » La semaine dernière, j’ai vu un homme qui courait sur la place, avec une corne de rhinocéros au milieu du front. Personne ne disait rien. Je me suis dit que c’était normal. D’autant qu’hier, j’en ai vu plusieurs. Il y en avait un groupe qui marchait au pas, la corne en l’air. Le bruit que cela faisait sur le pavé ! Les gens regardaient. « Ça va toujours, petite grenouille ? » - « Ça va. C’est un vrai bain chaud. Je ne me rappelle pas quand j’ai pris le temps d’en prendre un vrai ! » Ce matin, mon voisin est sorti de chez lui avec une corne de rhinocéros au milieu du front. Il m’a regardé de travers. J’ai entendu qu’il disait au concierge que ça sentait un peu trop le juif dans l’immeuble. Il s’est entendu répondre qu’on allait aérer. Le concierge aussi, il a une corne de rhino maintenant. « Alors, grenouille ? » - « Çaa vaaa. C’est chauauaud… ». Il faut faire des économies. On ne peut pas soutenir les cassos à problème, alors que le pays est en crise. Ça va, la crise, on est habitué. Mais il faut se préparer à la guerre ! Tout le monde doit être prêt : les jeunes à donner leur vie, les femmes à donner la vie, et les vieux… à s’en mettre plein les poches, pour certains et pour les autres, les plus nombreux, à mourir sans bruit. La guerre gronde : il faut s’y habituer. « Ça va, la petite grenouille ?... Ça va ? » Elle est rouge et ne répond pas.

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Le paradis n’est pas perdu

Posted by Olivier Manceron on 20 Jul 2025 in Tribunes Libres
Le paradis n’est pas perdu

La brise joue dans les chevelures des vieux oliviers tourmentés. Un ciel intact réverbère l’été. Les herbes blondes cachent les sauterelles et les papillons hébétés. Le temps est suspendu autour des souvenirs d’un temps que l’on croyait perdu. Passe une pie, tel un trait d’arbalète. La nature soupire. Les murs épais du vieux mas fabriquent des ombres de nostalgie. La danse lente des rideaux s’entrouvre sur un monde provençal. La sieste a gardé l’accent du midi. Soûles de soleil, les cigales qui depuis ce matin n’avaient pas arrêté leurs crécelles, grésillent à voix-basse pour laisser aux dormeuses le temps du repos. Le soleil n’est pas raisonnable. Campé sur ses avantages virils d’astre incontesté, le soleil écrase sa méridienne sous les talons aigus de ses rayons. Les micocouliers s’agitent en éventail pour s’en moquer. Tout à l’heure, des martinets en escadrille fendront l’azur pour se repaître de nuages de fourmis ailées. La renarde et ses renardeaux, roulé.es en boule sous la terre fraîche, attendent la nuit pour entamer leur quête vorace de quelque pigeon endormi. On entend un coq au loin. De grands albatros passent au-dessus des cimes avec des cris marins. La mer n'est pas loin, avec ses golfes clairs, seule à savoir parler comme il faut au bleu du ciel. La paix règne ainsi sur l’instant. La solitude est pleine comme un œuf. On a mangé, on a bu, on a dormi. On a dû refaire une ou deux fois le monde avec des amis. La table avait été dressée sous la treille et la cuisine aussi nous parlait du midi. Le paradis a quelque chose à voir avec la satiété quand elle est noble et hardie. N’est-ce pas le moment propice où on trouve l’énergie d’entreprendre, sans recommencer les mêmes erreurs ? De repenser l’avenir en l’extrayant du passé, comme la pépite du filon aurifère ? L’Histoire nous montre ce qu’il ne faut pas faire. Alors changeons le monde pour nos petits-enfants. Léguons-leur ce paradis. Réservons-leur quelque chose de pérenne et de paisible. Le monde est un écrin nacré. Le ciel est bas sur la mer. Des alizés aux doigts légers jouent dans le moutonnement des pinèdes du littoral. Sommes-nous tant rassasié.es de ce monde que nous n’en aurions que du dégoût ? Faisons de notre satiété cette jubilation qui nous donnera la force de le transmettre aux prochaines générations. Si nous reconnaissons qu’il n’y a de jouissance que dans son partage, alors le paradis n’est pas encore perdu.

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Il faut arrêter !

Posted by Jacqueline Chevallier on 23 Jun 2025 in Tribunes Libres
Il faut arrêter !

Quand je suis venue habiter à Coye-la-Forêt il y a trente-cinq ans, il y avait deux poissonniers sur le marché, quatre marchands de viande (une charcuterie – Sénèque, un volailler, une boucherie chevaline et un généraliste – Jean-Paul, dans son camion), et on faisait la queue ! ; il y avait aussi un couple de maraîchers et un "cours des halles" qui s'étalait sur toute la longueur du marché (ils étaient au moins trois ou quatre à servir). Et c'était pareil dans le village, deux boucheries, quatre épiceries, deux boulangers, un pâtissier... Que monsieur Deshayes me démente si ce n'est pas vrai !

Soyons sérieux ! Ce n'est pas l'AMAP, créée en 2018, qui a signé le déclin du marché. Ce sont les nouveaux modes de vie. Beaucoup considèrent que le village est un dortoir ; ils font leurs courses une fois par semaine au mieux à Lamorlaye, au pire à Saint-Maximin et ne participent d'aucune façon à la vie locale. Depuis vingt ans, les boutiques ont disparu les unes après les autres et le marché s'est désertifié. Soyons honnêtes et regardons les choses en face ! Il y a eu un regain de vitalité depuis quelques années, avec l'arrivée de jeunes de style plutôt "bobo" (c'est comme ça qu'on les nomme avec mépris), c'est-à-dire sensibles aux questions environnementales, préférant se déplacer et faire leurs courses à pied ou à vélo, privilégiant les circuits courts et qui ont à cœur en tout cas de faire vivre le village. Et ce sont eux précisément qui ont créé l'AMAP ! Et les amapiens d'une façon générale ont plutôt tendance à vouloir faire vivre le marché sur lequel ils s'approvisionnent régulièrement. Alors franchement c'est assez mal venu de leur chercher des noises.

L'AMAP est un faux problème. Pas besoin d'être docteur en sociologie pour comprendre ça, il faut se rendre à l'évidence : les modes de vie ont changé.

S'en prendre à l'AMAP, c'est se tromper de cible ; c'est comme s'en prendre aux immigrés qui seraient la cause de tous nos maux, comme si c'étaient eux les responsables des délocalisations, de la destruction des services publics, du déclassement de la petite bourgeoisie, de la relégation des populations sans transport loin des villes, comme si c'étaient les immigrés qui organisaient le pillage des ressources et le saccage de la planète. S'en prendre à l'AMAP, c'est comme s'en prendre aux écolos quand on est un agriculteur surendetté, perclus de fatigue, écrasé par les charges et les problèmes administratifs, au lieu de s'en prendre à ceux qui s'accaparent les terres et les subventions européennes, les agrobusinessmen. Il faut arrêter, quoi !

L'AMAP est un lieu de rencontre, d'entraide, de partage et de sociabilité, toutes choses qu'un bon maire doit avoir à cœur de développer pour faire vivre sa commune. L'AMAP est un point de rendez-vous chaque semaine qui, en plus, réunit toutes les générations. Il y en a beaucoup d'autres, des associations comme celle-là, qui réunissent régulièrement autour d'une même activité depuis les nouveaux-nés jusqu'aux vieilles grands-mères comme moi ? Les enfants très souvent participent à la distribution, ils adorent ça, peser les légumes et "jouer à la marchande".

Tout le monde sait bien que les vrais concurrents des commerçants locaux, ce n'est pas l'AMAP, ce sont les grandes surfaces en dehors du village. Non, sérieux ! Faut arrêter !

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La dissociation

Posted by Olivier Manceron on 23 Jun 2025 in Tribunes Libres
La dissociation

Qui écrit ce que j’écris ? Qui suis-je : moi ou Moi ? Trump ou Obama ? Enkidou ou Gilgamesh ? Hyde ou Jekyll ? Sommes-nous obligés en permanence de choisir le côté blanc ou le côté noir de la force ? Dieu ou Satan ? Il y a des jours où la dissociation a quelque chose de déchirant. Dissocier, c’est scinder ce qui est attaché. C’est séparer, couper, mais aussi trancher, tronçonner, voire désagréger. Le terme a surgi avec un sens nouveau sur les réseaux médiatiques pour désigner les conséquences psychologiques d’un état de choc. Dissocier ne veut plus dire séparer le bon grain de l’ivraie, mais déconnecter son cerveau pour survivre à des émotions si violentes qu’on en mourrait. C’est un mécanisme de protection psychique à des évènements extrêmes, des agressions sexuelles, des deuils abrupts. Une anesthésie mentale coupe la perception de son corps. Dans un sentiment d'étrangeté, on flotte à l’extérieur de soi. La perception de la douleur est remise à plus tard. On ressemble à un automate indifférent : une étoile de mer figée dans la tempête. Les personnes dissociées se sentent des coquilles vides, comme mortes à l'intérieur d'elles-mêmes. Les zombies des horreurs de la vie vivent sans vivre. Mais pour entendre les informations, voir les actualités, scroller sur les réseaux sociaux et puis continuer à faire les courses, le ménage et la cuisine, on dissocie, non ? Pour préparer les vacances, faire son travail avec conscience et dormir la nuit sans penser aux horreurs des massacres, aux viols de guerre et aux corps mutilés des jeunes hommes abandonnés dans les fossés, on dissocie. Donner une limonade bien fraîche à son gosse en lui demandant d’arrêter de se plaindre qu’il fait trop chaud, il faut dissocier. Les évènements climatiques extrêmes se multiplient sur la planète et on sait qu’après avoir bu sa limonade, son avenir restera plus qu’incertain. La schizophrénie est une maladie mentale et n’a rien de drôle à vivre. Étienne de la Boétie s’étonnait devant la servitude volontaire des peuples aux pieds des tyrans de l’Histoire humaine ? N’étaient-ils pas déjà dissociés ? Quand trop, c’est trop, alors on dissocie. « Comment ça va, ce matin ? il fait beau, non ? » et on s’entend répondre « Ça va très bien ! Manque que la plage et les mouettes ! ». Demain, c’est la fête de la musique. Alors « Débranche ! » chantera-t-on !

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L'AMAP, une association qui dérange ?

Posted by Jacqueline Chevallier on 30 Mai 2025 in Tribunes Libres, Commerce Artisanat Marché
L'AMAP, une association qui dérange ?

 

Quelle est cette joyeuse agitation tous les jeudis soir autour du centre culturel ? Les enfants jouent, des adultes passent, s'arrêtent pour discuter un moment, tandis que d'autres, derrière des tables, pèsent des légumes dans des bassines. Parfois quelqu'un s'approche et demande : « Ah ! vous vendez des légumes ? Je peux en acheter ? » Eh bien, non ! Les produits sont réservés aux adhérents de l'AMAP qui se sont engagés pour un an à l'achat d'un "panier" hebdomadaire dont ils ne savent pas de quoi il sera composé exactement mais qu'ils ont pourtant prépayé directement au producteur, de façon forfaitaire, afin de lui garantir un certain niveau de revenus. Si, une semaine, un "amapien" n'est pas là pour réceptionner son panier ou s'il n'aime pas les légumes qui s'y trouvent, c'est tant pis pour lui ! En effet la distribution de paniers par l'intermédiaire de l'AMAP ne correspond pas à une activité marchande mais à un acte de solidarité. 

Mais qu'est-ce au juste qu'une AMAP, Association pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne ? Comme son nom l'indique, il s'agit bien d'une association, régie par la loi de 1901, à but non lucratif, animée uniquement par des bénévoles, son but étant d'établir un lien direct entre des consommateurs soucieux de l'environnement et des exploitants agricoles de proximité travaillant avec le label français et européen "agriculture biologique". Le mot d'ordre est : bio et local ! Ni l'AMAP en tant qu'association, ni les amapiens en tant qu'adhérents ne font de bénéfice. Il ne s'agit pas de "vendre" des produits, mais simplement de les réceptionner et de les distribuer, ce travail se faisant à tour de rôle par l'ensemble des adhérents, de façon totalement bénévole.

L'AMAP, une association qui dérange ?

L'année dernière, la mairie voulait faire payer l'AMAP pour son occupation, en hiver, du hall du centre culturel. Il s'agissait là d'une discrimination abusive et injustifiable, dans la mesure où toutes les salles du centre culturel sont accessibles gratuitement à toutes les autres associations coyennes, même si elles y exercent des activités payantes (cours de musique, théâtre, spectacles, activités artisanales ou artistiques, marché de Noël et autres) que ce soit de façon régulière ou de façon occasionnelle. L'AMAP occupe le hall du centre culturel – et encore uniquement à la mauvaise saison, le reste du temps elle s'installe sur le parvis – même pas deux heures par semaine le jeudi soir, le temps de mettre des tables en place, de distribuer et de nettoyer, la distribution elle-même se déroulant de 18 h 30 à 19 h 30. 

L'AMAP, une association qui dérange ?Cette année, pendant le festival théâtral, la mairie a demandé à l'AMAP de s'installer sur le marché plutôt que sur le parvis du centre culturel, ce qui se comprend en raison de l'affluence exceptionnelle que provoque le festival lui-même et les animations autour (musique, petite restauration). Mais on apprend qu'en fait, la municipalité impose ce déménagement, non pas seulement de façon temporaire pendant le festival, mais désormais tout au long de l'année. À partir de là, l'amalgame avec les commerçants du marché est facile : eux paient une taxe, dite "droit de place" pour l'occupation de leur emplacement réservé, et donc on va exiger un droit de place à l'AMAP. Et voilà, le tour est joué ! Il lui en coûterait environ 700 € par an. Rien que ça ! C'est clairement fait pour sabrer l'association. 

Comment la mairie justifie-t-elle, après plusieurs années de fonctionnement sans problème, cette décision tout d'un coup de refuser l'occupation du hall du centre culturel ? Il paraîtrait que les autres associations présentes le jeudi soir se seraient plaintes de différentes nuisances (saleté, bruit, froid). Quelles autres associations ? On l'ignore. Le jeudi soir, il n'y a quand même pas foule au centre culturel ! Ce sont de toute évidence des arguments fallacieux.

L'activité de l'AMAP ne génère pas plus de saleté que n'importe quelle autre, étant convenu que ceux qui se chargent de la distribution rangent et nettoient à la fin.

Pour ce qui concerne le bruit : il n'y a pas besoin de haranguer le chaland ! Les amapiens peuvent s'attarder un moment pour discuter mais ils n'ont aucune raison d'élever la voix, sauf éventuellement pour recadrer leurs enfants qui, cependant, ne font ni plus ni moins de bruit que ceux des autres usagers. Si on passe par là, l'AMAP fait plutôt moins de bruit que l'école de musique, avec trompettes et djembés – et on ne s'en plaint pas ! Il faut apprendre à vivre ensemble. Serait-il normal qu'en raison des récriminations de quelques-uns souffrant passagèrement d'un peu d'inconfort, on prive plus de trente familles d'une activité écologique, solidaire et conviviale, liée à l'intérêt général et qui participe à la vie du village ? 

Quant au froid, il est bien certain que les allées-venues provoquent des ouvertures répétées de la porte d'entrée, mais enfin pas plus que celles de tous les autres usagers du centre. Au demeurant personne n'est censé stationner longtemps dans le hall qui n'est qu'un lieu de passage ; ce n'est pas là que se déroulent les activités des autres associations, donc s'il y fait un peu froid (n'exagérons rien !) ce sont surtout les bénévoles de l'AMAP qui pourraient s'en plaindre. En revanche s'ils doivent désormais opérer sur le marché, là, oui, ils auront froid le soir en plein hiver !

En tout cas, jamais personne, ni des particuliers ni des associations en tant que telles, ne sont venus présenter leurs doléances directement auprès des amapiens. La distribution des produits de l'AMAP ne dure qu'une heure une fois par semaine, ce n'est quand même pas insupportable ! Et si vraiment les amapiens sont gênants dans le hall, ils veulent bien s'installer ailleurs, dans un autre local plus approprié que pourrait leur proposer la mairie.

L'AMAP, une association qui dérange ?En réalité la saleté, le bruit, le froid sont des arguments de mauvaise foi, inventés de toute pièce, et il n'y a pas plus d'associations qui se plaignent qu'il n'y a de commerçants du marché persuadés que l'AMAP leur fait réellement concurrence. Ils étaient deux, jeudi dernier (le 22 mai) à venir voir de leurs propres yeux de quoi il retournait, qui étaient ces redoutables amapiens qui leur faisaient une concurrence déloyale et mettaient leur commerce en péril. De toute évidence on leur avait monté la tête. Ils ont rigolé en voyant la modestie de l'étal et le nombre limité de "clients" ! Visiblement ils avaient bien d'autres griefs, autrement sérieux, à formuler contre la municipalité. 

 

Ils ont pu constater qu'en fait, nombreux des adhérents de l'AMAP qui ont défilé pendant une heure figuraient parmi leurs plus fidèles acheteurs. En effet il y a deux sortes d'adhérents : ceux qui ne consomment que du bio : ceux-là, en dehors de l'AMAP, vont se fournir dans les rayons bio du supermarché ou dans les magasins spécialisés. 

L'AMAP, une association qui dérange ?

Et puis il y a ceux qui privilégient la proximité et le contact : ceux-là soutiennent l'agronomie bio locale mais ont également la démarche de privilégier le marché du village plutôt que les supermarchés ou les chaînes commerciales. Ceux-là ne font pas vraiment concurrence au marché, vu la modestie de leur panier. On nous dira : Malgré tout, c'est autant qui ne se vend pas. Certes, comme ce qui est cultivé dans les jardins familiaux, comme tout ce qui se fait à la maison, ce qui s'échange et se donne, tous les produits de l'activité non marchande, qui créent de l'initiative et du lien social. À l'inverse, il est probable que si les amapiens, pour protester contre la mesure prise à l'encontre de leur association et en démontrer l'inanité, décidaient de boycotter le marché, ce serait assez sensible au niveau des commerçants, car pour une famille, ce n'est pas l'équivalent d'un panier qu'ils achètent mais bien de six ou sept. 

En tout état de cause, les produits achetés par le biais de l'AMAP ont le label bio, ce qu'aucun commerçant ne propose sur le marché. Il n'y a pas concurrence puisque ce ne sont pas les mêmes produits. Il est certain que si des producteurs bio et locaux venaient vendre sur le marché, il n'y aurait plus besoin de l'AMAP.

En nous forçant à nous installer sur le marché, le maire veut assimiler les amapiens à des commerçants, y compris dans l'esprit des passants. Et dès lors il veut faire apparaître comme normale et équitable la perception d'un "droit de place".

Pour pouvoir taxer l'AMAP la mairie doit modifier le règlement communal du marché, lequel résulte d'une délibération du conseil municipal. C'est faisable, bien sûr. Ce règlement qui comprend un certain nombre d'informations obligatoires, notamment le tarif du droit de place, doit être affiché sur le marché (d'ailleurs, soit dit en passant, sur ce point, la municipalité n'est pas en règle). Mais pour obtenir une place sur un marché et, de ce fait, être taxé, il faut être inscrit au registre du commerce et des sociétés (RCS) ou au registre national des entreprises (RNE), ce qui n'est pas le cas de l'AMAP. Réclamer cette taxe à une association à but non lucratif, c'est-à-dire qui ne fait pas de chiffre d'affaires et n'empoche pas de bénéfices, est tout simplement illégal et la décision municipale pourrait faire l'objet d'un recours en annulation devant le tribunal administratif. Car si vraiment, comme le dit M. le maire, sa décision de faire payer un droit de place n'est pas négociable, il ne restera plus que le contentieux. Ce serait dommage d'en arriver là.

La distribution des paniers est un grand moment de sociabilité, c'est un rendez-vous hebdomadaire très vivant qui permet la rencontre et l'échange. Ça fait partie de l'animation du village – au même titre que le marché d'ailleurs. Bio, local et solidaire, telle est la devise des AMAP ! Dans un souci de préservation de l'environnement et en solidarité avec les agriculteurs à proximité qui produisent du biologique, des AMAP se sont créées depuis de nombreuses années partout en France. Monsieur Deshayes avait apporté son soutien lors de la création de celle de Coye-la-Forêt. Voilà que soudain, transformé en Don Quichote et décidé à s'attaquer au problème sur toute l'ère cantilienne, il veut aujourd'hui partir à l'assaut des moulins AMAP, non seulement ici mais également dans toutes les autres communes avoisinantes. 

On ne peut que déplorer ce revirement, quand il faudrait, plus que jamais, aussi bien pour la santé des consommateurs que pour faire face au changement climatique, encourager l'autonomie alimentaire et la consommation de produits sains (production locale et sans entrants chimiques). Il faut espérer que M. le maire reviendra sur sa décision.

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Deuxième semaine

Posted by Jacqueline Chevallier on 26 Mai 2025 in Tribunes Libres
Deuxième semaine

Le 44e festival se poursuit avec des salles toujours bien pleines, voire débordantes. Année après année, on ne peut qu'admirer et se réjouir que ce miracle se poursuivre.

La deuxième semaine commence par un spectacle très clivant ("Les Héroides", certains trouvent que c'est moche, vulgaire et gratuitement provocateur ; d'autres au contraire que c'est salutaire, très drôle et décoiffant), tandis que le lendemain "Les petits chevaux du Lebensborn" sera très consensuel : un sujet grave et un traitement correct.

Ainsi les jours se suivent sans se ressembler.

Deuxième semaine

Mercredi , pour une fois la salle était loin d'être comble. Est-ce qu'au lieu d'attirer les spectateurs, le fait de répéter que Jon Fosse était prix Nobel de littérature les a plutôt intimidés ? Est-ce le thème qui a fait peur ? C'est dommage car le spectacle "Je suis le vent" était "un pur diamant", avec des lumières, une scénographie et une chorégraphie de toute beauté. Le texte, minimaliste comme toujours chez Jon Fosse, aurait pu se dire en norvégien non sur-titré ! On se serait, tout pareil, laissé embarquer dans ce voyage, par la poésie de la mise en scène, la diction des acteurs, leur danse envoutante, la musique, la magie des images sur le plateau transformé en miroir noir.

Deuxième semaine

Comme il est de tradition, le festival s'est terminé par une pièce de La lucarne, "La folle de Chaillot" de Jean Giraudoux, la seule pièce en costumes (très beaux d'ailleurs) avec onze comédiens sur scène, ce que, bien sûr, les compagnies professionnelles ne peuvent pas se permettre de nos jours.

Deuxième semaine

Chaque année, on constate qu'il y a des modes : parfois, c'est l'emploi de la vidéo, d'autres fois l'envoi de brouillard sur la scène... Cette année, la mode était au déshabillage, comme si se mettre torse nu était le summum de la liberté ou de la provocation. Ni l'un ni l'autre, dès lors que ça devient banal. Quant aux thèmes, trois pièces portaient explicitement sur le féminisme ("Larmes de crocodile", "Les héroïdes", et "Revolt she said"), une autre abordait de façon directe, dans sa troisième partie, le problème du patriarcat ("Une histoire subjective du Proche-Orient") de sorte qu'au bout du compte ça finit par faire poncif. Bon d'accord, on a compris, il ne faudrait pas venir tous les jours !

Certes il y a les matinées pour les scolaires mais il n'y a pas eu de vrai spectacle à voir "en famille", c'est-à-dire auquel tout le monde trouverait du plaisir. Les spectacles classés "Tout public" ne répondent pas vraiment à ce critère, et peuvent parfois, même s'il ne comportent rien de choquant ou de violent, être franchement ennuyeux pour les enfants.

À deux ou trois reprises (et il en est ainsi régulièrement tous les ans) est revenue cette question (notamment quand le discours est politiquement engagé, c'est-à-dire, soyons clair, quand il est engagé à gauche) : est-ce que c'est du théâtre ? À une époque certains disaient : le jazz, ce n'est pas de la musique (c'est du bruit), ou Picasso, ce n'est pas de la peinture (c'est du barbouillage). C'est pareil pour le théâtre : on n'a pas forcément des personnages, une trame narrative, des costumes ... Mais dès lors qu'il y a un comédien sur scène qui se donne en spectacle, qu'il y a une présence humaine, c'est du vivant, c'est du théâtre !

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FEMME NON RÉÉDUCABLE

Posted by Jacqueline Chevallier on 24 Mai 2025 in Festival théâtral
FEMME NON RÉÉDUCABLE

de Stefano Massini

On sait que les régimes communistes totalitaires envoyaient les opposants dans des camps de "rééducation". Non rééducable, telle est Anna Politovskaïa, cette journaliste russe qui pendant des années a dénoncé dans un journal indépendant les atrocités commises par l'armée russe en Tchétchénie. Donc si on ne peut pas la rééduquer, il ne reste plus qu'à l'éliminer. Stéfano Massini , très grand dramaturge italien qui s'attaque à des sujets historiques et politiques, publie, dès l'année qui suit son assassinat – dont on ne s'est pas vraiment étonné, elle avait déjà été empoisonnée quelques années auparavant – une biographie dramatique en hommage à celle que les autorités russes ont voulu faire disparaître.

FEMME NON RÉÉDUCABLE

La pièce est forte, la comédienne qui incarne la journaliste est bouleversante, le partenaire masculin joue tour à tour le rôle des soldats russes et celui des combattants tchétchènes, et ce sont bien les mêmes, ils sont interchangeables dans leur insupportable inhumanité.

La journaliste, avec une extrême rigueur, relate ce qu'elle voit, ce qu'elle entend, sans jamais prendre parti. On la somme de choisir son camp, l'intelligence c'est de choisir, lui répète-t-on. Et elle ne cesse d'interroger : l'intelligence, c'est de choisir ? Entre les terroristes au pouvoir en Tchétchénie et les autocrates impérialistes au pouvoir en Russie, il faudrait choisir ? Elle refuse de choisir et donc elle est l'ennemie de tous les pouvoirs en place. On peut transposer à un autre moment en un autre lieu : faut-il choisir entre un mouvement terroriste et un état génocidaire ? L'intelligence et le courage, n'est-ce pas de dénoncer les deux ?

FEMME NON RÉÉDUCABLE

De très nombreux pacifistes, célèbres ou inconnus, ont payé de leur vie, ce refus de choisir, cette détermination à dénoncer les crimes où qu'ils se commettent, cette volonté de se mettre au milieu et si possible de réconcilier les frères ennemis ; le pacifisme est dangereux : depuis Henri IV - 1610 et Jean Jaurès - 1914, en passant par Gandhi - 1948, Martin Luther King - 1968, Yitzhak Rabin - 1995, jusqu'à Anna Politovskaia 2006... tant d'autres... la liste est longue.

Quand à la fin de la pièce jaillissent les applaudissements, on acclame autant le courage de cette femme exceptionnelle – Anna Politovskaïa, il ne faut pas oublier son nom – que la façon dont les gens du théâtre l'ont fait revivre devant nous et ont honoré sa mémoire.

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Les mots

Posted by Olivier Manceron on 21 Mai 2025 in Tribunes Libres
Les mots

Les mots sont des petites boîtes de tailles et de couleurs différentes. Accrochées les uns aux autres, en petits trains bariolés, les mots circulent et serpentent dans nos têtes, et puis d’une tête à l’autre. Les mots sont beaux ou laids, courts ou interminables, mais ils circulent sans s’arrêter, nuit et jour, du soir au matin et du matin au soir, des rêves éveillés aux pires des cauchemars. La plupart sont sans idée, des mots pour ne rien dire, mais certains sont des mots qui disent tout. Beaucoup sont sur des rails, luisants, toujours les mêmes, avec des parcours obligés. Il y en a qui pourrissent, sentent mauvais, gonflent tellement qu’on les appelle les gros mots. D’autres, les plus creux, s’envolent et disparaissent à l’horizon des mémoires des gens. Pas facile de savoir toujours s’ils sont légers ou lourds. Certains pèsent des tonnes, impossibles à décoller, bourrés d’émotions, de sentiments et de vérité. D’autres saignent de multiples petites fissures de souffrance, des mots si lourds de leurs maux et si douloureux, qu’on a du mal à les comprendre, tant on aurait préféré ne pas les avoir entendus. Alors ils se détachent lentement, pour finir en petits trains perdus, rouillés, oubliés derrière la végétation sauvage de petites gares désaffectées. Attention, ces mots-là sont de la dynamite. Un jour de grand vent, de tempête ou de tremblement de terre, voilà les petits wagons qui remontent les voies, retrouvent les rails, débloquent les aiguillages et viennent semer la terreur les jours de pointe à la gare du Nord. Bien sûr, n’oublions pas aussi les grands mots, si beaux, si larges, qui par-dessus les toits s’envolent en planant au-dessus des têtes. Ce sont de si grands mots que plus personne ne sait ce qu’ils veulent dire. Ils volent en escadrilles : « Inclusion », « progrès », « handicap », « république », « démocratie », « projet », « commission ». Ils cachent le soleil derrière de magnifiques nuages incompréhensibles. Ce sont les maîtres du ciel. Seuls quelques fauconniers, experts en volerie, savent les diriger afin de domestiquer les foules de spectateurs ébahis. Enfin il y a les mots immenses, les rois des airs, aigles, vautours ou gypaètes barbus aux envergures incommensurables, ceux qui planent si haut qu’un regard s’est perdu. Pour eux, nombreux et nombreuses sont celles et ceux qui ont donné leur vie. « Amour », « Liberté », « Égalité », « Humanité » ! Ce sont de grands planeurs qui ne vivent que dans les nuées, leurs ailes de géants les empêchent de marcher. Ils sont à tout le monde mais vraiment à personne. Pas le temps d’en disséquer le sens, ils meurent. Leurs restes empaillés décorent les vitrines de certains musées ou les sombres couloirs des châteaux des puissants. Jamais personne n’est arrivé à les attraper vivants.

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L'art de ne pas dire

Posted by Jacqueline Chevallier on 19 Mai 2025 in Festival théâtral
L'art de ne pas dire

de Clément Viktorovitch et Ferdinand Barbet

Un seul mot : EXCELLENT ! et même jubilatoire.

Le comédien, avec exemples à l'appui et exercices en interaction avec la salle, démonte les mécanismes qui permettent de construire un candidat à la présidence de la république : la tenue vestimentaire d'abord, mais aussi le comportement et surtout la rhétorique. Comment ne pas heurter les électeurs en "euphémisant" la langue ; comment renverser la situation quand on est (légitimement) accusé et, de coupable, se faire passer pour victime ; comment remplir d'espoir avec des phrases creuses ("vides" ou "pleines" ?, nous demande l'orateur)...

Voilà un spectacle qui nous amène à réfléchir, à ne pas prendre pour argent comptant les beaux discours politiques, à exercer notre esprit critique et à rester vigilant. Ne nous laissons pas berner !

Ce n'est pas une conférence, c'est une pièce de théâtre, avec un comédien très vivant et joyeux, une sonorisation impeccable, un décor simplissime et cependant majestueux, de belles lumières... bref, tout ce qu'il faut pour faire un beau spectacle accompli.

L'art de ne pas dire

On peut très facilement retrouver Clément Victorovitch sur Internet où il décortique l'actualité politique avec toujours la même acuité.

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