L’amie Nicole a chaud au col, Ca-ni-cole. L’ami Noé adore l’été, Ca-no-é ! On va s’y faire, Lucifer ! C’est moins chaud que l’enfer. Ce n’est ni la première ni la dernière vague de chaleur. Elle est vague la vague quand elle divague dans les bulletins météo. Il n’y a pas à paniquer, Pa-ni-quer ! Tant que roulent les SUV et les TGV vers les plages et leurs UV et tant qu’il y a de la pizza et un match à la télé, ça va. La terre se craquelle. Les gorges se dessèchent et les lacs se vident. La terre se brise et se fend. Une faille s’ouvre et s’étend du haut en bas de la croûte terrestre. Un gouffre s’élargit, prêt à avaler l’univers et ses habitants. L’angoisse monte dans le thermomètre de mercure. Les foules en liesse hurlent à chaque but sur leurs gradins chauffés à blanc. Les mamans surveillent leurs enfants et s’inquiètent de leur fièvre en leur touchant le front. Les hommes n’en ont cure. Ils veulent plus d’alcool, de drogue, de bitcoins, de bonne viande au barbeuc et de gonzesses qui montrent leurs fesses sur les chaînes cryptées. Les femmes se comptent et se rassemblent par petits groupes épars. Elles veulent protéger, réparer, prévoir l’avenir. Les femmes soignent et les hommes se blessent… ou les blessent. Les hommes détruisent, elles raccommodent. Ils fabriquent des bombes pour des charniers insensés pour que la haine coule comme le sang. Les femmes pleurent des larmes d’espoir pour que la pluie se souvienne, pour que l’eau revienne, refleurissent les tombes, puis les arbres, puis les talus, les collines et les champs où vrombissaient les abeilles. Ces hommes de main, ces tueurs à gage, ces pédocriminels, ces dictateurs séduisants, ces déchireurs de jupons maculés, ces hommes sont nés de leur ventre. Ils sont sortis d’elles. Comment le raffinement et la clairvoyance peuvent-ils produire le vice et la perversion ? L’amour et la bienveillance, enfanter la haine et le viol ? Il n’est plus temps de remettre à demain les réponses à ces questions. Demain n’y survivrait pas. Toute autre activité complexe et subtile doit être abandonnée. Les expressions esthétiques délicates et délicieuses, les réflexions mystiques élevées, les interrogations scientifiques sur la destinée des galaxies et la fascination des trous noirs, on arrête. La seule question qui vaille son pesant de cacahuètes, c’est comment réformer la puissance virile, circonscrire les champions du monde de la destruction et autres victorieux du suicide des masses populaires. Et comment surveiller chaque instant de la vie de nos garçons pour que jamais ils ne tombent dedans.
À une lettre ouverte qui lui a été adressée par un collectif citoyen à propos de la montagne de fumier à l’entrée de la ville, M. le maire choisit de répondre en donnant des nouvelles sur Facebook, pas dans les boîtes aux lettres, pas même sur le site de la mairie où il est question du nettoyage mécanisé des rues et de la collecte des déchets mais où l’on ne trouve strictement aucune information concernant le fumier accumulé depuis plus d’un an sur notre territoire, sans aucune protection, à même le sol et à côté d’une rivière.
C’est donc sur Facebook que l’on apprend que M. le maire a pris un arrêté enjoignant les responsables de la filière équine de déblayer le terrain à la date du 1er juin au plus tard sous peine d’amende.
D’après ce que j’entends dire, c’est encore Facebook qui nous informe que le préfet demande un moratoire d’une semaine pour l’exécution de l’arrêté municipal, ce qui est assez paradoxal quand on sait que le règlement sanitaire départemental auquel il est contrevenu ici de façon éhontée est édicté par la préfecture elle-même. Quelle forme a pris la demande du préfet, je l’ignore. Un coup de fil ? Une décision écrite ? Quelle ont été les tractations ? Qui est intervenu, auprès de qui ? Mystère ! Quoi qu’il en soit, on peut se demander qui gouverne au juste dans ce pays : les autorités administratives et politiques, ou les lobbies ?
Bref ! C’est encore sur Facebook qu’on nous annonce que le tas de fumier a été complètement évacué et que la plate-forme du Mont de Pô a été réouverte pour la période du 5 juin au 4 septembre. Retour à la case départ, en somme ! On se souvient que le fumier a atterri à Coye-la-Forêt lorsque l’Institut de France s’est ému de le voir s’entasser au Mont de Pô, risquant de provoquer une pollution du terrain et de la nappe phréatique. La noria des camions est donc repartie dans l’autre sens.
Faire et défaire, c’est toujours travailler, comme disait ma grand-mère. C’est aussi continuer à consommer du carburant, à produire du CO2 et des microparticules, à empoisonner l’atmosphère, et tout ça en boucle, pour rien ! Sur le site officiel de Coye-la-Forêt, on trouve la reproduction d’un document émanant du ministère de la santé où il est indiqué qu’«en France, la pollution entraîne 48 000 décès prématurés chaque année.» Et si, au lieu de nous donner des conseils pour se protéger des pollutions, le gouvernement faisait en sorte qu’on cesse de les produire… et si les préfets, représentant du gouvernement en région, faisaient appliquer les textes qu’ils ont eux-mêmes élaborés pour la protection des populations et de l’environnement…
Conclusions :
• Il faut aller sur FaceBook pour savoir ce qui se passe à Coye. Or pour différentes raisons on peut ne pas vouloir, ou ne pas pouvoir, être abonné à ce réseau social (comme aux autres, d’ailleurs). Clairement il y a un manque de communication officielle de la part de la mairie sur ce sujet qui a fait polémique, a été abordé en conseil municipal et a fait l’objet d’une plaquette jointe à La lettre de Coye. Toutes ces informations passées fugitivement sur Facebook devraient figurer dans la rubrique « Actualités » du site de la mairie.
• Dans notre beau pays qui se vante d’être démocratique, l’état de droit n’est pas respecté. Ce sont les lobbies qui gouvernent. La filière équine n’en est qu’un exemple parmi d’autres, mais ici la démonstration est flagrante.
• L’élevage des chevaux de course est une activité très polluante qui n’a aucun respect de l’environnement (cf. également les pistes fibrées et les emballages en plastiques qui s’accumulent devant les écuries). Pour quelle utilité réelle ?
Dans le cadre de la 1ère semaine de l’Habitat Inclusif, des 50 ans de la Fédération APAJH et des 60 ans de l’APAJH Oise, l’APAJH Oise organise un spectacle gratuit le vendredi 5 juin 2026 à 20h30, à la salle Claude Domenech, au centre culturel de Coye-la-Forêt.
Cette manifestation se déroulera sous le parrainage de Jean-Marie Caillaud, préfet de l’Oise, et de Nadège Lefebvre, présidente du Conseil départemental de l’Oise.
Le public pourra découvrir HEPATIK GIRL, une épopée auto-immune, un seule-en-scène humoristique interprété par Marie-Claire Neveu.
Dans ce spectacle, Claire souhaite acheter un appartement alors que trois maladies chroniques ont élu domicile dans son corps. Pour convaincre les assurances, elle doit prouver qu’elle est en pleine forme, qu’elle ne tombera jamais malade et, surtout, qu’elle ne mourra pas. Une traversée drôle et sensible autour du corps, de la maladie chronique et des absurdités administratives.
Le déroulement de la soirée sera le suivant : présentation de l’Habitat Inclusif de Coye-la-Forêt par le docteur Yves Dulmet, sketch d’ouverture par Laurent Domingos, président du Festival Théâtral de Coye-la-Forêt, représentation de HEPATIK GIRL par Marie-Claire Neveu, puis cocktail.
Informations pratiques
Vendredi 5 juin 2026 à 20h30
Salle Claude Domenech
Centre culturel, rue d’Érivaux
Coye-la-Forêt
Entrée gratuite.
Le titre de la pièce n’a pas attiré le public et le sujet non plus, sans doute. C’est dommage car il y avait à apprendre et à partager avec ce Corpus Machin. Il y est à nouveau question d’identité.
Le comédien, après s’être dépouillé de son costume noir de Zorro Bibendum, se présente à nous en costume clair et souple, tout le contraire de ce qui est conseillé aux gros qui doivent, pour amincir leur silhouette, s’habiller de sombre et se corseter dans des vêtements rigides. Si la décence le permettait le comédien serait même nu, car ce qu’il vient nous dire, c’est ça : voilà dans quel corps j’habite, un corps gros, adipeux, essoufflé, suant, dégoulinant, « morbide» comme s’expriment les médecins indélicats, un corps malade qui, je le sais, ne vivra pas vieux ; voilà, je n’ai rien à vous cacher et je vais vous dire comment on vit avec un corps comme celui-là.
Et de nous parler de ce que tous les gros connaissent, de l’effet yoyo, des efforts inutiles, des obsessions (ah ! l’IMC : l’indice de masse corporelle qui descend si difficilement – victoire, j’ai perdu 200 grammes ! – et qui remonte si vite – j’ai repris trois kilos), des frénésies d’engloutissement, à avaler des barres de sucreries hypercaloriques l’une après l’autre, quasiment en apnée, jusqu’à s’en étouffer ; et d’évoquer les angoisses, les remords, la culpabilité vaine et inutilement torturante ; et de raconter les chaises de mauvaises qualité qui s’effondrent sous son poids et les accoudoirs trop serrés qui lui interdisent de s’asseoir et la place qu’il prend sur les banquettes dans l’espace public. Mais est-ce sa faute ?
Le comédien nous parle sans fard du calvaire que c’est de vivre dans ce corps-là. Ainsi le gros porte sa croix. Il peut être le plus intelligent, le plus aimable, le plus raffiné des individus, il sera d’emblée traité de « Gros porc », assigné à cette identité. L’injure grossophobe est aussi violente et aussi insupportable que l’injure raciste.
Avec beaucoup de sincérité, Pascal Reverte nous fait vivre de l’intérieur les difficultés qu’il rencontre dans la vie de tous les jours mais surtout les souffrances qu’il endure.
Le plaidoyer est émouvant, il faut espérer que les spectateurs désormais regarderont différemment ces gros qui prennent tant de place et qui pourraient quand même bien faire un effort ! Le comédien semble leur dire : Ô vous qui avez la chance d’avoir un corps normal, soyez bienveillants.
Ayez pitié, ayez pitié de moi,
À tout le moins, s'il vous plaît, mes amis !
Souhaitons qu’il soit entendu !
M. le maire vient enfin de prendre un arrêté municipal, le 18 mai 2026,pour enjoindre les responsables de faire disparaître le tas de fumier à l’entrée du village. Enfin ! sachant qu’il y a plus d’un an que ce dépôt massif se fait sur notre territoire dans des conditions absolument illégales, en contrevenant sévèrement aux règles d’hygiène et de sécurité qui s’imposent en la matière. On peut à cette occasion se poser plusieurs questions. Après réflexion chacun y répondra comme il voudra….
On peut se demander d’abord pourquoi cet arrêté vient si tard. Il aurait dû être pris dès que l’infraction a été constatée et en tout état de cause immédiatement à la suite de la lettre ouverte envoyée à François Deshayes par le collectif citoyen Raleta le 20 avril 2026 https://coye29.com/blogs/blog2.php/2026/04/23/pour-faire-cesser-le-depot-de-fumier-route
L’arrêté n’était pas difficile à rédiger : il suffisait de reprendre l’argumentaire développé dans la lettre en question. C’est d’ailleurs ce qui est fait, au bout du compte : tous les « considérant » sont quasiment mot pour mot une reprise de la lettre ouverte, mais avec un mois de retard. Faut-il mettre ce délai sur le dos des « lenteurs administratives » ou résulte-t-il d’une connivence entre les différentes parties ?
L’article 1 de l’arrêté indique qu’à partir du 23 mai tout nouveau dépôt est interdit. C’est en effet la première mesure à prendre. Et l’article 2, intitulé « Mise en conformité ou évacuation », fixe au 1er juin inclus la date limite pour procéder à la disparition complète du tas de fumier. On peut se demander si, en fixant cette date, M. le maire ne cherche pas tant à ce que la parcelle soit effectivement débarrassée des fumiers qui s’y amoncellent qu’à couper l’herbe sous les pieds du collectif citoyen qui avait fixé à la fin mai la date limite pour déposer une plainte. Quoi qu’il en soit l’opération est irréalisable : il faudrait un train continu de camion pour évacuer en 7 jours la montagne de fumier qui s’est accumulée depuis des mois. Or pour l’instant on ne voit rien bouger.
On peut se demander également quel est le sens de l’article 3 de l’arrêté, intitulé : « Restriction d’accès au public à la seule zone de dépôt ». Comment le maire de la commune est-il en droit de réglementer, et en l’occurrence de limiter, l’accès du public à un terrain privé ? C’est pour le moins étrange. On a tous déjà vu ici ou là des panneaux : « Propriété privée – Défense d’entrer ». Il n’y a pas besoin d’arrêté municipal pour ça ! Ce terrain, avant qu’il ne soit un dépotoir, était d’ailleurs fermé par des grilles et un portail et nul n’y pénétrait. De la part d’un maire, réglementer l’accès à un terrain privé, n’est-ce pas de l’excès de pouvoir ? Du coup, on peut se demander pourquoi il a semblé nécessaire d’édicter une telle mesure.
Dès lors et très logiquement on peut se demander qui pourra vérifier que l’arrêté est bien respecté : M. le maire lui-même qui depuis plus d’un an ferme les yeux ? Ira-t-il dès le 1er juin constater que le tas est toujours là et infliger l’amende dont l’arrêté menace le contrevenant. En tout cas, les membres du collectif sont clairement indésirables sur le terrain.
Enfin et surtout, il était question que des analyses soient effectuées. On nous dit que France Nature Environnement a porté plainte. Cette organisation a-t-elle exigé que des analyses par des experts indépendants soient effectivement réalisées ? Quels en sont les résultats ? Qui nous dira dans quel état de pollution se trouvent le terrain, la nappe phréatique et le cours d’eau après plus d’un an de stockage sans qu’aucune des précautions imposées par le règlement sanitaire ne soit respectée ? Voilà que M. le maire, tout d’un coup, se donne l’air d’être intransigeant alors que depuis plus d’un an les contrevenants agissent en toute impunité et qu’ils ne seront pas inquiétés, ni a fortiori poursuivis, pour les dégâts qu’ils auront pu causer.






