QUATREVINGT-TREIZE
D’après le roman de Victor Hugo
Par la Compagnie In Cauda
Adaptation et mise en scène : Godefroy Segal
Chez nous, il n’y avait pas la télévision. Le soir, avant d’aller dormir, on nous lisait des histoires, le plus souvent c’était mon père : il avait un grand livre à couverture cartonnée posé sur les genoux. Assis de part et d’autre, on écoutait le récit en regardant les illustrations : L’île au trésor, Sans famille, Jules Verne, Alexandre Dumas, Victor Hugo…
En cette belle soirée de l’année 2011, c’est nous, spectateurs, qui sommes les enfants à qui on raconte une histoire. Deux écrans symétriquement disposés sur la scène permettent à chacun de bien voir les images.
Il semble que ce soit une gageure de vouloir transposer sur une scène de théâtre un roman aussi touffu ; et puis, Victor Hugo, c’est un texte, c’est une langue – poétique, lyrique, épique !
Le pari est gagné : reprenant dans toute leur vivacité les dialogues écrits par Victor Hugo, les comédiens incarnent indifféremment les personnages les uns après les autres, ils ne s’aident pour cela d’aucun accessoire mais inscrivent dans leur corps et dans leur voix les caractéristiques des différents protagonistes : un déhanchement claudiquant distingue le marquis de Lantenac, la gueule de travers représente l’homme des bois, le Caimand, une certaine raideur caractérise Cimourdain. Faisant le liens entre les scènes jouées, il y a les morceaux racontés : deux comédiennes assurent avec passion le rôle du « récitant », celui qui fait avancer le récit. Et là encore c’est la prose de Victor Hugo que l’on entend.
Jamais on ne décroche. Le son, les images et les voix nous entraînent « tambour battant », c’est le cas de le dire, dans ce roman d’aventures qui est aussi une leçon de morale : en ces temps-là, quel que soit le camp auquel il appartient – royaliste ou révolutionnaire – et quel que soit son tempérament personnel – clément ou intransigeant – l’homme avait le sens de l’honneur et acceptait, ou même réclamait, la sanction qu’il méritait.
Lien vers la galerie photos : QUATREVINGT-TREIZE D'après le roman de Victor Hugo

PARTAGER |
Plus difficile à suivre, le récit des batailles et affrontements.