Coye-la-forêt est heureux, Coye-la-forêt est fier, l’Oise hisse le drapeau, la Picardie pavoise, la France cocoricote, et si la garden-party élyséenne avait lieu, un carton serait déjà prêt au nom de Barbara Szpirglas. Vous savez pourquoi, bien sûr. Le 11 juin, souvenez-vous, à chaque fois que vous avez eu besoin de solliciter votre moteur de recherche préféré, vous avez vu sur sa page d’accueil une peinture où des silhouettes de footballeurs dansaient sur fond rouge et vert. Le talent de Barbara vous rappelait que la Coupe du monde de football commençait. Et dimanche 11 juillet, après un mois de turbulences et de suspens, alors que les Pays-bas et l’Espagne voient s’approcher le rêve d’une victoire, les millions d’internautes du monde entier salueront sur leurs écrans les couleurs d’une Française.
Laurie joue de la flûte, Sarah de la guitare, Charlotte chante, Edouard et Lauriane s’interrogent sur le sort du poisson dans un bocal… Et Milène bondit dans les cercles de son ruban. Où voir ces ados heureux de montrer que la joie d’apprendre et le travail ne se limitent pas aux exercices de maths ou à la leçon de grammaire ? Au collège Françoise Dolto, bien sûr, où l’année scolaire se termine par une fête qui rassemble, à l’initiative des professeurs de sport, les élèves et leurs talents dans un gymnase devenu salle de spectacle.
Internautes, à vos écrans ! C’est maintenant et jusqu’au 28 juin que vous allez pouvoir voter et donner à Barbara Szpirglas la chance de remporter le concours international de « doodles ». La création de la jeune Coyenne, que vous avez vue le 11 juin sur Google France - lire notre article du 10 juin - est maintenant en compétition avec les dessins des gagnants de 16 autres pays. Si Barbara est victorieuse, son dessin figurera sur la page d’accueil internationale de Google le 11 juillet, finale de la Coupe du monde de football.
L’équipe des Bleus ne sera sans doute pas à Johannesburg. Barbara peut l’être !
On les a désirés pourtant, les objets.
Elle est grande, mince et jolie, des cheveux blonds qui voltigent. En classe de troisième au Collège Françoise Dolto de Lamorlaye, elle va avoir 15 ans et habite Coye-la-forêt. Rien de spécial, me direz-vous.Pourtant si ! Vendredi 11 juin, quand votre ordinateur s’allumera et que vous lancerez votre moteur de recherche préféré, vous verrez apparaître, autour des six lettres familières, un dessin, que Google appelle un doodle. C’est une création de Barbara!
Une jeune Coyenne ainsi mise à l’honneur sur tous les écrans d’ordinateurs en France, cela ne se voit pas tous les jours. Nous avons donc voulu la rencontrer avec sa maman, Anne.Attention où vous mettez les pieds, on colle du gaffeur sur le plateau ! 11h du matin, il y a deux heures que l’équipe technique est au travail et prépare le spectacle du soir « Bintou ». Sous la houlette du régisseur général, Frank Martin. Depuis de nombreuses années, Franck est aux commandes et « ne lâche pas l’affaire », comme il le dit. Un vrai pro, mince, dynamique, détendu, souriant, chevelure en bataille, heureux de travailler pour ce Festival dont il est fier : « D’année en année, il devient de plus en plus professionnel. On reçoit de grosses pointures maintenant, c’est le plus grand festival de théâtre de Picardie, il est connu sur le plan national ! »
Dans un décor d’une qualité rarement vue à Coye la forêt, le spectateur est bientôt happé par ces langues de brume froide, qui traversent les hautes fenêtres et les croisées d’ogives, cependant que vaguent dans l’ombre d’incertains capuchons. La morbide poésie du texte s’insinue comme une moisissure, entêtante comme une mélopée de cimetière.
Laëtitia Guédon nous emmène en voyage, où la musique et la voix envoûtantes du messager Dâwa Litaaba-Kagnita nous accompagnent.

Texte et mise en scène, Richard Demarcy
Le programme du Festival nous avait promis des « moments délirants ». Promesse tenue. Le rêve d’Alice et sa plongée dans le terrier du Lapin – ici, une baignoire – permettent toutes les audaces et toutes les incohérences. Ne pas chercher à attraper le fil de la raison. Puisque le conte se situe au royaume de l’absurde et du bizarre.
Cernée par des portes blanches qu’Alice devra passer pour son voyage extraordinaire, une grande table en centre de scène se prête à toutes les métamorphoses. Une trappe permet aux animaux – Loir, Rabbit, Lézard, Ver à soie – d’apparaître et de disparaître à volonté. Des voiles bleus ou rouges s’y déploient, c’est la mer sur laquelle vogue la baignoire-bateau, c’est le drapé nécessaire à la solennité
du tribunal qui juge Alice. Mais la table roule, elle se renverse, on s’y juche, on en saute, on court autour, elle devient poteau d’exécution pour la petite fille qu’emprisonnent des fils rouges tendus de jardin à cour…Toute grâce, fragilité, et force à la fois, Yerma ne s’autorise aucun répit. Habitée par un désir d’enfant qu’elle ne peut contenir. Poignante, elle nous fait partager sa révolte contre un destin que rien ne lui fera accepter.
En quelques étapes clefs, présentées sous formes de tableaux et espacées de plusieurs mois comme nous le suggère le texte, le drame se noue. Voici quelques flashes pour tenter d’en donner un aperçu. Ces images, bien sûr, ne donnent qu’une idée très réduite de la force, de la foisonnance et de la poésie du texte de Federico Garcia Lorca, ainsi que du travail sensible du Théâtre de la Lucarne.
Les rouges se déclinent pour exprimer la menace, la captivité et les caractères féminins. Les costumes gris foncé brodés des hommes en font des moines soldats, reflets de la soumission qu’ils doivent à la Reine.
Les spectateurs ont admiré la performance des acteurs, profondément investis dans leur rôle, et la très belle langue de la traduction, que les comédiens ont dû maîtriser par un travail soutenu.
Le décor ne peut-être plus simple : un piano et cinq petites chaises d’enfant. Enfant ! Le mot est lâché, le spectacle fera appel à l’âme d’enfant qui sommeille en chacun de nous.
Cinq chaises pour quatre comédiens, on attend le cinquième qui ne viendra pas. Elle est réservée pour « le petit gros ». Vous l’avez compris le petit gros c’est Francis Blanche. Un artiste hors du commun que tout le monde connaît. Il suffit de lire attentivement les lignes qui lui sont consacrées dans la feuille que Laura distribue à chaque représentation pour s’en convaincre.
de Bertolt Brecht
Brecht y brosse un tableau de la société allemande dans les années sombres. La Compagnie du Midi, créée en 1998, nous présente 13 scènes où s’inquiètent et s’agitent le petit peuple crédule ou critique (gens de maison, ouvriers, chômeurs…), le bourgeois timoré, terrorisé par un régime qui fait de la suspicion et de la délation son credo. On se méfie de tout et de tous, de son voisin, de sa famille, de ses propres enfants endoctrinés par les Jeunesses hitlériennes, qui dénoncent en ricanant leurs parents. La séquence intitulée Le Mouchard (Le Mouffard !) décline en tableaux linéaires les tourments endurés par les parents d’un petit monstre superbement interprété par Samuel Racine.
Freddy Viau, le metteur en scène, a choisi un nid comme élément essentiel du décor. Un joli nid entouré d’étoffes mousseuses et dans lequel attendent trois beaux œufs, de bien gros œufs dont la coquille est un peu fendillée, teintée de rose. En attendant qu’ils s’ouvrent complètement, c’est la chanson qui entraîne l’auditoire vers le conte. James Grosguelin etFreddy Viau, drapés de longues robes dont les pans suggèrent les quatre saisons, rappellent que nous sommes avec l’histoire d’Andersen dans le cycle de la vie :
C’est devant une salle comble que s’est produite, mardi 18 mai, la Compagnie Les Larrons avec la brillante et courte pièce d’Alfred de Musset « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée ». Isabelle Andréani, qui assurait la mise en scène avec brio, a annoncé la comédie par un lever de rideau, La Clé du grenier d’Alfred, prologue qu’elle a elle-même écrit et dont le propos est de rappeler que l’œuvre du poète romantique a été foisonnante, et d’annoncer le thème central de la pièce, la déclaration d’amour. La pièce de Musset est donc insérée avec bonheur dans une autre histoire qui lui fait écho.
Nous avons présenté l’an dernier tous les bénévoles de l’association qui sont à l’œuvre pour que le Festival perdure. Mais dès 1982, bien d’autres personnes ont participé aux débuts de cette aventure, notamment Philippe Victorion et son épouse Christiane que nous avons rencontrés à quelques jours de l’ouverture du 29° Festival.
Coye29 est au rendez-vous pour couvrir l’événement et restituer pour ses lecteurs, avec articles et photos, les découvertes que le Festival offrira aux amateurs de spectacles vivants. Si vous souhaitez, vous aussi, rédiger un article et faire part de votre enthousiasme – ou de votre déception, cela arrive ! – envoyez votre texte via le blog. Sinon, soyez nombreux à ajouter des commentaires pour exprimer vos réactions, émotions et réflexions. Confronter les points de vue sera alors un moyen de prolonger le plaisir de la représentation.
























