Il faisait beau et tu n’as pas voté. Au moins tu n’as pas eu à choisir entre les têtes de liste. Les têtes de l’art d’être beau sur les affiches, il y a longtemps que tu t’en fiches. Depuis que tu t’es rendu compte que tu votais pour un représentant du réseau plus ou moins mafieux qui décide de ta vie. Qui est de mèche avec la « DZ » mafia ? Qui est la marionnette des banques internationales ? Qui est le pion de Poutine ou le fou de Trump ? Qui roule pour qui ? Tu as l’impression que de toute façon, les dés sont pipés et les cartes déjà distribuées. La vérité sur le dessous des cartes n’apparaîtra que dans cinquante ans. Tu ne seras probablement plus là et la planète sera devenue folle. Des canicules dévastatrices dévorent déjà les saisons. Il n’y a plus de climat. La pollution aura raison des populations, même si tu continues à ne pas te tromper avec la poubelle jaune et à aller à pied à la pharmacie ou chez le boulanger, sans savoir si c’est les big-pharmas qui t’obligent à te faire vacciner ou si le pain n’est pas fabriqué avec des farines frelatées. Alors tu n’as pas voté. Et comme il faisait beau, tu as été te promener. Tu as rencontré la voisine avec son déambulateur, toujours aussi gentille mais qui a bien vieilli. Et puis tu as croisé les enfants du quatrième qu’avaient pas l’air de rigoler. Il faut dire que chez eux, la nuit, ça crie. Devant le bar du coin resté ouvert pour les élections, ceux qui parlaient fort n’avaient pas le sourire. La mousse de bière à la moustache, ils ne semblaient pas savoir à quoi ça sert d’être né. On dit qu’être heureux, c’est quand on sait pourquoi on vit. Alors si déjà tu ne comprends pas à quoi ça sert qu’il fasse beau aujourd’hui, pourquoi voter ? L’avenir est plutôt plus moche que le passé, mais tu ne peux pas voter pour le passé. Alors le déambulateur, les gosses battus, la bière qui mousse dans les cerveaux, comment croire qu’aujourd’hui il fait beau ? Néanmoins, es-tu si riche que tu puisses te payer le luxe du désespoir ? Regarde le fond des yeux du premier enfant que tu croises et essaies de supporter l’océan d’espérance qui les baigne. Allez, on crache dans ses mains. On n’écoute pas son mal de reins et on reprend le vieux manche de l’espoir. Chaque goutte dans la mer est responsable de la mer. La liberté, c’est de partager le même combat pour un avenir de paix et de justice. Et alors là seulement, il fera beau. Le bonheur, c’est quand on va le chercher.
En préliminaire à la réunion publique organisée vendredi soir par la liste conduite par François Deshayes, celui-ci affirmait que la liste en question n'était pas politique. C'est à se demander si les mots ont un sens. Tout le monde sait cela, mais il nous faut le répéter : politique vient du mot grec polis = la cité ( la ville, le village, la collectivité). Qui prétend gouverner la cité fait –forcément – de la politique, car il fait des choix, arbitre entre des intérêts contradictoires, définit les orientations générales, prend telle décision plutôt que telle autre (par exemple construction de maisons individuelles plutôt qu'habitat collectif, qu'il soit social ou pas ; priorité donnée à la voiture plutôt qu'aux transports en commun ; libéralisme plutôt que services en régie, etc.). Ce n'est pas parce qu'on ne parle pas de politique qu'on ne fait pas de politique.
Même si M. Deshayes a repris dans son propre programme, en les dénaturant ou en les édulcorant, bon nombre de thèmes développés par ses adversaires, le ministère de l'intérieur ne s'y trompe pas qui classe les deux listes rivales en DVD et DVG, divers droite et divers gauche. Voilà qui est clair. La gauche a l'honnêteté de l'afficher tandis qu'en face on continue à s'en défendre.
Voici donc les résultats des élections municipales de Coye-la-Forêt le 15 mars 2026
Inscrits : 3084
Votants : 1894 (61,38 % des inscrits)
Abstentions : 1191 (38.62%/inscrits, soit un taux inférieur à celui de la moyenne nationale estimé à plus de 42 %)
Blancs et nuls : 39
Exprimés : 1854 (97,94% des votants, les blancs et les nuls n'étant pas considéré comme des suffrages exprimés ; c'est une aberration qui perdure)
Liste Continuons pour Coye-la-Forêt, conduite par François Deshayes (DVD):
1287 voix (69,42%)
soit 23 sièges sur 27 au Conseil municipal
4 sièges au Conseil communautaire
Liste L’Écologie et La Gauche réunies pour Coye-la-Forêt, conduite par Claude Lebret (DVG):
567 voix (30,58%) soit 4 sièges sur 27 au Conseil municipal
Aucun siège au Conseil communautaire
Une comparaison des chiffres de dimanche avec ceux de 2020 est intéressante, même si le taux d'abstention avait alors été très élevé en raison de l'épidémie de covid. On ne comptait que 1439 votants. Il y avait alors trois listes, celle conduite par François Deshayes, prétendument apolitique, classée Divers droites par le ministère de l'intérieur, celle de Patrick Lameyre, classée "en marche", donc macroniste (on sait désormais sans ambiguïté que c'est à droite) et celle d'Alain Mariage, clairement affichée à gauche.
En 2020 les résultats étaient les suivants :
Deshayes : 1018 voix - 70,74 %
Patrick Lameyre : 208 voix - 14,45 %
La liste de gauche conduite par Alain Mariage recueillait : 213 voix, soit 14,80 %, et n'avait que 2 élus au conseil municipal.
En 2026 : tandis que la droite régresse, la gauche alliée à l'écologie récolte 30,58 % des voix. Plus du double qu'en 2020, dans un contexte national et international de poussée de la droite. Et 4 sièges au lieu de 2.
À l'autoportrait qu'elle s'est résignée à écrire, il faut ajouter que depuis un mois Marie-Louise a rencontré bon nombre de candidats – qu'elle connaissait de longue date ou qu'elle voyait pour la première fois – et qu'elle a rédigé, cette fois encore – après les comptes rendus de conseil municipal, les billets d'actualité ou les critiques théâtrales – de nombreux articles pour coye29 que, depuis sa création à laquelle elle a contribué, elle a toujours eu à cœur de faire vivre.
Une pointe de nostalgie pour commencer… Je participe cette année à ma cinquième campagne dans la liste de gauche en vue des élections municipales à Coye-la-Forêt, et j’ai constaté avec stupéfaction, joie ou consternation – selon le jour – que je suis la doyenne de notre liste. J’ai donc de nombreux souvenirs…
Coye29 (prononcer Coye de neuf)
En 2001, quand Philippe Vernier devint maire, j’ai été élue sur la liste de gauche menée par Dominique Ternaux, nous étions cinq élus de l'opposition ! Victoire pour une commune située à droite.
En 2008, je n’ai pas été élue, ce qui m’a permis d’assister en observatrice aux conseils municipaux. C’est à cette époque qu’un membre de notre liste a proposé de mettre ses compétences informatiques au service des élus de gauche en créant le blog coye29.com. Ce serait pour eux un lieu de totale liberté d’expression, ainsi que pour les Coyens qui pourraient être informés et écrire aussi. Nous ne nous sommes pas privés.
L’opposition
En 2001, le compte rendu de conseil municipal rédigé par la mairie était affiché sur une feuille punaisée dans une vitrine. Quand vint internet, les habitants purent le lire sur le site de la mairie. Mais il paraissait avec bien du retard. Donc coye29, qui assistait aux conseils, eut l’idée de faire « son » propre compte rendu avant celui officiel de la municipalité, de rapporter les faits et les décisions, certes, mais assortis de commentaires, et parfois de photos. Nous l'avons fait pendant des années. Ce fut une époque passionnante, époque de reportages, de pétitions… contre l’abattage des peupliers du chemin des Vaches et contre le projet du "cœur de ville" qui annonçait la suppression de l’école du Centre.
Parenthèse
(Ce projet du "cœur de ville" – assorti d’une étude coûteuse – avait prévu l’installation d’une nouvelle bibliothèque.
Lors de ma première visite, j’ai vu tout de suite qu’elle était trop petite. La section adulte placée à l’arrière est sombre, les allées étroites et peu nombreuses, on peut à peine se croiser entre les rayonnages. Aucun espace de travail, de lecture, de rencontres. On ne peut même pas s'asseoir pour feuilleter un livre. Contrairement à l'ancienne bibliothèque, il n'y a plus d'espace suffisant réservé aux enfants. Pas de place pour les animations. Aussi mon étonnement fut-il grand de lire dans la brochure électorale de François Deshayes que l’agrandissement de la bibliothèque était au programme. Et on nous parle de bonne gestion ? Il aurait été plus judicieux que le maire sortant et ses adjoints, dès le départ, soient plus prévoyants en ayant une vision ambitieuse de ce lieu qui doit être vivant et en mesure d'accueillir du monde. Dès l'ouverture on a vu qu'elle ne répondait pas aux besoins et qu'il y avait eu une erreur de conception.)
Le conseil municipal du maire sortant
C’est en assistant aux conseils que l’on voit le rôle de l’opposition. Dommage, les habitants viennent très, trop rarement. Ils ont peur de s’ennuyer et ils ont en partie raison. Car la plupart des conseillers de la majorité municipale ne s’expriment pas. Certains ne disent pas trois phrases en six ans. Le silence règne. La parole est au maire et aux adjoints qui présentent ou lisent leur copie. Pour cette raison, on a besoin en conseil d’une opposition qui s’exprime. Et l’opposition de gauche s’est toujours mobilisée, n’est jamais restée muette. Le maire a besoin d’une opposition qui crée la dynamique, demande des précisions, conteste, refuse, propose.
Le théâtre
À part les conseils municipaux et l’écriture pour coye29, (j’aime l’écriture, j’ai été professeur de lettres), j’ai découvert à Coye le théâtre. Quand j’ai cherché à m’y installer en 1978, je suis allée à la mairie demander la liste des associations, et j’ai été surprise de constater qu’il y en avait un bon nombre. Je me suis dit : c’est bon signe pour les enfants. Puis sur la porte de l’épicerie, j’ai vu l’annonce d’une représentation de pièce de théâtre dans le préau de l’école. Alors là je me suis dit : Le village est vivant.
Je ne m’étais pas trompée. Je suis devenue la fidèle spectatrice du Théâtre de La Lucarne. Avec Claude Domenech, le metteur en scène, j’ai ensuite pris des cours de théâtre et intégré la troupe. De belles années…
Enfin en 1982, quand le centre culturel a été construit, j’ai accompagné Claude Domenech, Jean-François Gabillet et bien d’autres dans la création du Festival théâtral de Coye-la-forêt. Et là c’est une autre histoire à raconter, une histoire qui dure encore. Je vous en fais grâce. Et d’ailleurs, Jean-Claude Grimal écrit un livre sur le sujet… Je suis maintenant une simple spectatrice passionnée et, chaque mois de mai, j’assiste à tous les spectacles.
Je suis sûre qu’il y a à Coye-la-Forêt un air spécial qui mobilise les habitants, qui donne de l’élan, l’envie de vivre, de créer, d’innover, de rassembler. La forêt ? Le poteau des Écouteurs ? Le château de La Reine blanche ? La source ? Le poudingue ?
Ce qui est certain, c’est que je ne voudrais pas finir ma vie ailleurs.
Habitant de Coye-la-forêt depuis toujours, Anthony Roche, âgé de 24 ans, est un jeune ingénieur issu de l'université de Technologie de Compiègne (UTC), diplômé en mécanique et spécialisé en Design produit.
Pour sa première expérience professionnelle, il est consultant en environnement chez "Coopérative Mu", une entreprise où la gouvernance est tournante et démocratique. Il y réalise des analyses de cycle de vie (ACV): il s'agit d'une méthode d'évaluation normalisée qui permet de mesurer l'impact environnemental d'un produit sur l'ensemble de son cycle de vie, depuis l'extraction des matières premières nécessaires à sa fabrication jusqu'à son traitement en fin de vie (mise en décharge, recyclage…), en passant par ses phases d'usage, d'entretien et de transport. C'est ainsi qu'Anthony mène des projets autour des matériaux innovants, écologiquement et socialement.
Par ailleurs, Anthony est passionné par la pédagogie : il anime ou dirige des colonies de vacances engagées chez TELLIGO, autour des objectifs suivants : rendre l'enfant acteur de son séjour, promouvoir l'éco-citoyenneté et développer de saines capacités de communication... Sûrement déguisé en pingouin ou en pirate..!
Anthony est un grand sportif : il pratique le badminton et le padel, mais il est aussi coureur de trail et grimpeur. Comme par ailleurs il est également guitariste, il profite des différentes activités proposées dans tout Coye-la-Forêt et son espace forestier.
Il a choisi de s'investir, afin de découvrir une nouvelle facette de son village et il désire participer activement dans les sujets qu'il connaît et affectionne, notamment l'écologie, à la fois par son métier et par curiosité personnelle, ainsi que l'enfance par passion et en raison de son jeune âge.
Pour lui, la ville participe activement au bon développement de tous, chacun ayant son rôle à jouer d'un point de vue écologique.
Il aime Coye et souhaite rendre à cette collectivité encore plus que ce dont il a pu profiter durant son enfance.
Une vie de cheminot
Bernard a fait le compte : durant toute sa vie, depuis qu'il était enfant, il a demeuré dans vingt endroits différents, non par inconstance, mais d'abord parce que son père était cheminot et parce qu'il a suivi la même voie (de chemin de fer).
Retraité depuis 2016, Bernard a fait toute sa carrière à la SNCF, ce qui lui a permis une vie professionnelle très variée et très enrichissante, car au sein de la même entreprise on pouvait exercer différents métiers (mécanique, entretien du matériel, conduite, et même gestion du patrimoine immobilier...) grâce aux formations et aux promotion internes. Bernard a été représentant du personnel à l'UNSA pendant 10 ans. Il a fini sa carrière comme agent de maîtrise. Dans le cadre de l'entreprise, il pouvait bénéficier aussi d'une excellente médecine du travail. Et puis il y avait les "services sociaux" qui proposaient des "maisons familiales" pour les congés des salariés et des colonies de vacances pour leurs enfants. Tout cela tend à disparaître. Bernard redoute aujourd'hui que le réseau soit privatisé : d'après lui, ce serait catastrophique, les logiques financières prévalant sur le souci de la sécurité, on peut craindre une dégradation dangereuse des infrastructures.
La nature, le sport et la vie démocratique
Très tôt Bernard a appris à aimer la nature et à la respecter ; enfant on faisait du camping sauvage en famille, et le père veillait à ce qu'on ne laisse traîner aucun déchet quand on s'en allait. Cela faisait partie de l'éducation. Plus tard, Bernard a fait son service militaire dans les Chasseurs alpins ; il a pratiqué tous les sports de montagne : la randonnée, le ski, l'escalade. Très sportif, il pratique également le foot et le vélo.
Se situant politiquement dans la gauche modérée, il estimait important, pour qu'il y ait pluralité et débat démocratique, que pour les prochaines élections une deuxième liste se présente face à celle du maire sortant. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que Bernard se porte candidat à des élections municipales : il l'avait déjà fait, lorsqu'il habitait à Saint-Marcellin dans l'Isère. Il y avait alors quatre listes en présence et son souci principal était alors l'écologie. En effet, il connaît la montagne, il voit la fonte et le recul des glaciers, les redoux trop précoces, les effondrements.
L'éco-anxiété
Face au changement climatique et aux catastrophes qu'il provoque, il y a deux attitudes possibles : faire l'autruche, regarder ailleurs, nier le problème et se dire, égoïstement, que c'est pour ailleurs (les pays du sud) ou pour plus tard (les générations futures) ; ou bien, lucidement, écouter ce que tous les scientifiques nous confirment, et dès lors s'angoisser en pensant à ce qui va nous arriver. Bernard appartient à la deuxième catégorie. De ce fait, il comprend que ses deux filles, aujourd'hui adultes, ne fassent pas d'enfants, si c'est pour leur laisser un monde inhabitable. Il se souvient avoir eu un sujet de rédaction, lorsqu'il était en classe de troisième au collège sur le thème : Vouloir des enfants, est-ce égoïste ou pas ? Aujourd'hui la question peut effectivement se poser.
Lorsqu'on est angoissé face à un danger qui nous menace, le mieux c'est de ne pas rester seul et d'agir. Quand il arrive quelque part, Bernard prend immédiatement contact : c'est ainsi que n'étant à Coye-la-Forêt que depuis quatre ans, il a immédiatement rencontré les adhérents de Coye en Transition (CeT). Il fait partie par ailleurs du "Cyclorrigeois" (association cycliste à Orry-la-Ville) et de l'association coyenne "Pas à Pas" (marche nordique).
Les mobilités douces
Quand on est cheminot de père en fils, c'est un peu dans les gènes, on aime le collectif, les transports en commun et les mobilités douces. C'est pourquoi, avec Coye en Transition, Bernard a participé activement à la réflexion sur le plan de mobilité dans notre commune, avec l'idée de limiter la place de la voiture individuelle : de nombreuses réunions, regroupant de nombreux participants, très animées, ont eu lieu sur le sujet ; et qu'en est-il résulté finalement ? Il reproche à notre maire actuel d'avoir dépensé inconsidérément l'argent du contribuable pour payer une société d'études qui au bout du compte n'a abouti à quasiment rien. Force est de constater en outre que dans notre village, les trottoirs, souvent trop étroits, sont en mauvais état ; il faut donner plus de place aux personnes à mobilité réduite, aux enfants et aux poussettes afin que toutes ces personnes vulnérables puissent se déplacer confortablement et en toute sécurité.
Avec CeT, il a participé à l'accompagnement des collégiens à vélo jusqu'à leur établissement scolaire Françoise Dolto, à Lamorlaye, car en dehors de son aspect de sensibilisation à l'écologie, cette opération avait le mérite de réunir des adultes et des préadolescents ; Bernard attache de l'importance aux rencontres intergénérationnelles. Les enfants lui manquent !





